GOO
TEINT CRIC.
TEINTURE.
paille au jaune de miel, leur poussière est jaune pale,leur saveur est douce et sucrée. L’hématine est peusoluble dans l’eau froide; l’eau bouillante en dissout as-sez pour qu’elle puisse se séparer sous forme de cristauxpar le refroidissement. L’hématine se colore fortementsous l’influence de l’air et de l’ammoniaque, à ce pointqu’elle est le réactif le plus sensible pour déceler laprésence de ce gaz dans de l’air qui n'en contiendrait |que des traces. L'hydrogène sulfuré détruit la combi- jnaison colorée. L’hématine ne contient pas d’azote;elle retient tantôt 8, tantôt 3 équivalents d’eau. A 120°elle a perdu toute l’eau qu'elle peut abandonner sansse décomposer. L’hématine anhydre ou l’hématinehydratée se comporte de la meme manière sous l’in-fluence des divers réactifs.
Soluble dans l’éther et dans l'alcool, l’hématine n’estpas détruite par les acides chlorhydrique et sulfuri-que étendus ; il y a dissolution des cristaux avec co-loration rouge de la liqueur; l’acide nitrique concentrél’attaque même à froid; il se forme en abondance del’acide oxalique. Le chlore la détruit, mais l’actionn’est pas nette ; il se forme une masse résinoïde bru-nâtre sans apparence de principe cristallin.
L’eau de baryte donne avec l’hématine un précipitéd’un blanc bleuâtre qui se fonce au contact de l’airet passe au bleu foncé, puis au rouge brun ; la potassecolore l’hématine en violet ; à l’air la coloration passebientôt au rouge pourpre, puis au jaune brun, puis aubrun sale. Le produit brun dissous dans la potasse neforme pas de précipité par les acides.
L’acétate de plomb neutre ou basique donne avecl’hématine. un précipité, d’abord parfaitement blanc,mais qui se colore rapidement en bleu par son contactavec l’oxygène de l’air. La couleur finit par devenirtout à fait bleue. Le nitrate d’argent est réduit parl’hématine; il se dépose de l’argent métallique et laliqueur prend une teinte jaune. L'alun ne donne pasde précipité.
L’action de l’ammoniaque sur l’hématine est inté-ressante. D’après M. Erdmann, il se formeune nouvellematière qui joue le rôle des acides et qui se combineavec l’excès d’ammoniaque.
Hématéine .—Lorsqu’après avoir fait dissoudrel’héma-téine dans l’ammoniaque liquide, on l’abandonne aucontact de l’air, la couleur de la dissolution d’abordrouge se fonce de plus en plus et finît par devenir rougenoire, presque opaque. Tant que la dissolution n’a pasdépassé la teinte pourpre, on n’obtient pas de préci-pité par la saturation de l’ammoniaque au moyen del’acide acétique; mais ce précipité apparaît lorsque lacouleur est devenue noire, c’est l'hématéine qui seprécipite sous forme d’un dépôt ocreux rappelant 1acouleur de l’oxyde de fer hydraté. Dès que ce caractèrese manifeste, il faut ne renouveler qu’avec précautionl’ammouiaque qui disparaît; par l’évaporation spon-tanée, le vase se couvre de cristaux grenus, violets,très-colorés, solubles dans l’eau qu’ils colorent enpourpre, c’est de l’hématéinate d’ammoniaque; lesacides précipitent de l’hématéine, elle n’est pas azotée.Elle est d’une couleur ocrense, mais par la dessiccationelle devient diehroïte et réfléchissant les couleurs descantharides. En couche mince, elle laisse passer unelumière rouge ; l’hématéine est peu soluble dans l’eaufroide, plus soluble dans l’eau chaude qui la dépose parrefroidissement sous forme de cristaux pailletés.
L’hydrogène sulfuré ne ramène pas l'hématéine àl’état d’hématine; il n’agit que comme acide, la disso-lution dépose par la concentration de l’hématéine inal-térée.
On peut se rendre compte de ces divorses réactionsen représentant la composition de l’iiématiue par laformule
C 1G U 8 O 7 = C lG H 7 O 6 , IIO.
Sons l'influence de l’oxygène, il y aurait un équivalentd’hydrogène enlevé à l’état d’eau. On aurait, commepour l’oxydation de l’indigo :
C 18 H 8 O' + 0 = C' 6 II e O fi , 2 (IIO).
Au reste, la question est encore assez obscure pourqu’on n’ose proposer une formule qu’avec la plusgrande réserve.
26. Fleurs i>e mauve xoiue (maJtétne.).
On a fait emploi pendant l’année dernière, en Tur-quie , de 14,000 quintaux de fleurs de mauve noiredesséchées; on ignorait l’usage auquel ce produit étaitdestiné; personne n’osait affirmer que les teinturierss’en servissent, car on n'avait pas encore pu fixer surlaine, sur coton, sur soie, la matière colorante quecontient la mauve.
M. E. Kopp a repris l’étude de cette substance,qu’une culture sur une grande échelle a fait classerparmi les matières premières de prix abordable. Leurvaleur, qui était, en effet, de 424 francs, ne dépassepas actuellement 50 francs les 100 kilogrammes.
Pour extraire le principe colorant contenu dans lesmauves, on traite les fleurs par l'eau bouillante aprèsavoir séparé la base des pétales, qui ne contient aucunematière utile et introduirait dans le bain une tropgrande quantité de principes mucilagineux. L’infusionfaite dans l’eau distillée et filtrée sur une chausse seprésente sous forme d’un liquide d’une couleur rougeviolacée un peu gluant si la dissolution est concen-trée. Les acides le font virer au rouge cramoisi, l’addi-tion d’un alcali ramène la couleur au violet, puis aubleu légèrement verdâtre; l’addition des alcalis à l’in-fusion la fait de suite passer au vert.
L’infusion aqueuse précipite en vert par l’eau dechaux ; les sels d’alumine basique donnent à la longueun précipité d’un bleu pur ; l’acétate de plomb décolorecomplètement la liqueur : il se fait un précipité bleutrès-volumineux; le sulfate de cuivre donne un dépôtd’un très-beau bleu. Avec les sels de mercure, on ades précipités bleus; les sels d’étain se comportent demôme ; le sulfate de fer donne un dépôt bleu violacéd’une assez belle nuance ; le perchlorure de fer préci-pite en brun, il y a destruction de la matière ; de sem-blables phénomènes se produisent avec les chloruresdécolorants, l'acide chromique et le bichromate de po-tasse.
La matière colorante de la mauve noire appartientdonc à la classe des matières végétales, caiactériséespar la propriété d’être rougies par les acides et verdiespar les alcalis ; ces matières se rencontrent assez fré-quemment dans la nature, comme, par exemple, dansles dahlias violets, les feuilles de choux rouge, la vio-lette, etc.
On peut donner à ce principe le nom de malléine. Ladissolution aqueuse l’abandonne sous forme d’extrait.
Malvéine. —La matière colorante de la mauve est très-soluble dans l’alcool; elle se dissout également, maismoins facilement, dansl'éther ; ces teintures présententune nuaace pourpre très-riche.
Elle se dissout sans altération dans l’acide sulfuri-que concentré, même chauffé jusqu’à 60 ou 80 degréscentigrades; la dissolution possède une couleur pour-pre très-belle et très-pure. On peut tirer parti de cettecirconstance pour préparer directement avec les fleursde mauve une solution sulfurique. A cet effet, on hu-mecte les pétales secs avec un peu d’acide sulfuriqueconcentré; en broyant le tout dans un mortier en por-celaine légèrement chauffé, on obtient une pâte homo-gène, rouge brun, assez épaisse; on l’abandonne plu-sieurs heures avant de la traiter par l'eau bouillante,on filtre; la dissolution limpide est d’un beau rouge