Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
601
JPEG-Download
 

TEINTURE.

pourpre très-foncé. 11 reste sur le filtre une matière li-gneuse ou pectineuse à demi carbonisée, qui ne retientqu'une petite quantité du principe colorant.

L’extrait alcoolique, plus pur que l’extrait aqueux,permet do séparer plus facilement la inalvéine du mé-lange. Cette teinture, évaporée doucement au bain-ma-rie, laisse un résidu d'apparence résineuse; ce résidu,en contact avec l'eau, s'y dissout presque complète-ment, à l’exception d’une très-petite quantité de ma-tière grasse ou résineuse; il a été impossible, jusqu'àprésent, d'obtenir la matière colorante à l'état de pu-reté ou avec des caractères de pureté suffisants pouren faire l’analyse: la teinture éthérce donne par l’éva-poration spontanée des grumeaux à apparence cristal-line, mais à la loupe on n'y retrouve pas de structurerégulière.

Soumise à la distillation sèche, la matière colorantese carbonise sans donner de sublimé cristallin; il soforme une huile épaisse empyreumatique, à réactionacide; l’absence d’ammoniaque autorise à penserqu’elle ne contient pas d’azote.

Lorsqu’on reprend par l’eau le résidu de l’évapora-tion de la liqueur alcoolique, on obtient avec les ré-actifs des résultats différents de ceux fournis avec laliqueur aqueuse préparée directement avec les Heursde mauve.

Ainsi elle ne donne de précipité ni par les sels d’a-lumine ni par le bichlorure d’étain ; les premiers la co-lorent seulement en beau bleu violacé, et le second enrouge pourpre ; avec le sulfate de protoxyde de fer et leprotochlorure d’étain, les précipités sont beaucoupmoins abondants et la liqueur reste fortement colorée.La solution 11e précipite ni par le tanin ni par la géla-tine.

La nature des préparations qu’on a fait subir auxfibres modifie la nuance que l’on peut obtenir en tein-ture avec les solutions aqueuses de fleurs de mauve.

On obtient : sur coton, avec le sel de fer fort, unecouleur noire; avec le sel de fer faible, une colorationbleu noirâtre; avec les sels d'alumine, une couleurbleue violacée ; avec les sels d’étain, un violet bleuâtre ;

Sur laine, avec l’oxychlorure d’étain, un violet as-sez foncé ; avec les sels de fer, un noir bleuâtre ou dubleu grisâtre ; avec les sels d’alumine, un bleu grisâtreou violacé; avec les sels d’antimoine, un violet bru-nâtre ;

Sur soie, avec les sels d’étain, une nuance violetteassez belle.

27. Vert des feuilles ( chlorophylle ).

On n’a pas fait encore usage comme matière colo-rante du principe vert des feuilles qu’on trouve danspresque toutes les plantes et qu’on a désigné sous lenom de chlorophylle.

Cette substance -douée de propriétés toutes spécialesavait été considérée pendant longtemps comme unprincipe immédiat sui yeneris; on lui avait reconnudes caractères spéciaux et la propriété remarquable dese décolorer sous l’influence de l’hydrogène à l’étatnaissant. M. Sachs avait observé que l’oxygène, sansle concours de la lumière , pouvait faire renaître lacoloration verte. Ses propriétés chimiques ont été re-connues par Pelletier, lJcrzélius, Mulder et M. Morot.M. Verdeil, dans un travail récent, assimilait la ma-tière verte des feuilles au principe colorant du sang;il admettait qu’elle contient du fer.

M. Frétny, dans des recherches remarquables, a faitvoir que la chlorophylle n’est pas un principe immé-diat simple, mais qu’elle résulte du mélange ou de lacombinaison de deux corps, l’un bleu, l’autre jaune.

La chlorophylle n’est que l’extrait brut de feuillepar l’alcool. Nous donnerons ici l’exposé du travail deM. Frémy, parce que les données qu’il renferme ren-

C.

TEINTURE. „ G01

trent dans l’étude des phénomènes que nous exami-nons en ce moment.

Pour rechercher si la matière colorante des feuillesest composée de deux principes différemment colorés,M. Frémy l’a mise en contact avec une substance dontl’affinité pour les matières colorantes peut être modi-fiée comme on le veut, c’est l'alumine hydratée. O11augmente ou diminue l’affinité de cet oxyde par desadditions d’eau ou d’alcool absolu.

Or, comme la matière jaune des feuilles paraît avoirmoins d’affinité pour l’alumine que n’en a l’autre subs-tance colorée, lorsque la substance est très-alcooliqueon obtient une laque d’un vert foncé, tandis que l'acoolretient en dissolution une substance d’un beau jaune ;quand, au contraire, la dissolution est étendue d’unegrande quantité d’eau, toute la matière colorante secombine à l’alumine qui fournit alors une laque ana-logue à la couleur verte des feuilles.

En agissant sur cette laque avec des agents d’unefaible énergie chimique, on la décompose ; et parmi cesagents, les uns agissent sur le principe jaune, les au-tressurle principe bleu. Le sulfure de carbone porte son| action sur le principe jaune. Son contact fonce donc lalaque en la rendant plus verte ; l'éthcr, l’alcool, l’es-sence de térébenthine isolent la matière verte avec sacoloration primitive. Quelques agents réducteurs mo-difient la chlorophylle et la transforment en une subs-tance d’un jaune magnifique, très-soluble dans l’alcoolet l’éther. Les acides faibles et surtout l’acide chlorhy-drique reconstituent dans la dissolution alcoolique unematière colorante verte.

Lorsqu’on traite par un mélange de deux parties d’étheret une partie d’acide chlorhydrique étendu d’une pe-tite quantité d’eau le corps qui provient de l'altérationde la chlorophylle, on obtient, en agitant le flacon quicontient le mélange, une dissolution étfiéréo qui s’em-pare du principe jaune et un liquide acide qui repro-duit une substance d’un bleu magnifique. Pour recons-tituer le vert, il suffit d’ajouter de l’alcool en quantitésuffisante pour redissoudre les deux matières isolées.

M. Frémy appelle phylloxanlhinc la matière jaunedes feuilles et phyllocyaninc la matière bleue; la pliyl-loxanthine est beaucoup plus stable que la matièrebleue.

Des études analogues appliquées aux autres couleursde la nature végétale conduiront peut-être à la dé-couverte de principes nouveaux dont l'industrie sauratirer parti. C’est dans ce but que nous avons présentél'extrait que nous venons de lire et qui présente sousj un jour nouveau les questions que la chimie modernedoit prochainement élucider.

28. Veut du chardon {cinarêine).

M. Verdeil a fait connaître de la manière suivanteune matière colorante nouvelle susceptible de fournircomme le lo-kao du vert sans mélange. Si l’on faitbouillir dans l’eau la partie charnue des capitules desfleurs non encore développées du chardon ou de l'arti-! chaut (cnmra .sco/j/mus), 011 obtient un liquide incolorej qu’on sépare par expression ; l’addition du carbonate desoude développe dans ce suc, sens l'influence de Pair,une couleur vert-jaune que l’addition de l’acide acé-tique fait virer au vert-bleu. L’acétate de plomb formedans cette liqueur verte un précipité vert; ce précipitéest décomposé par l’acide sulfurique étendu dans beau-coup d'alcool à i0°. La dLsolution alcoo’ique se coloreen jaune brun; le plomb se trouve éliminé à l’état d.»sulfate, et la matière colorée est alors précipitée parune addition d'éther qui retient les corps gras et as -tringents.

Le précipité recueilli sur un filtre et lavé encore àl’éther, puis à l’eau, constitue la matière colorante,libre et à l’état de pureté. C'est un principe hydrogéné

7G