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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

d'expositions à l’air et au soleil, sont plongées dans del’eau froide, puis agitées très-vigoureusement.

L’excès de couleur se détache et nage dans les eauxde lavage qu’on réunit dans une chaudière. On étendun lit de fils de coton à la surface de l’eau, puis onchauffe. Parant l’ébullition, la matière colorante, quiest en suspension, se dépose sur les fils de coton. Oncontinue en mettant dans la chaudière de nouvelleseaux, de lavage, jusqu’à ce que les fils soient suffisam-ment chargés de couleur.

Les fils sont alors lavés dans de l’eau claire et froideen les frottant dans les mains; le lo-kao ?e détache etse précipite. Le précipité, recueilli d’une manière quel-conque, après avoir été bien lavé, se présente sousforme de pâte très-line; on l’étcnd sur une feuille depapier fin, qui repose stirdela cendre; on la fait sécherd'abord à l'ombre, ensuite au soleil.

La couche de lo-kao ou de vert de Chine proprementdit se détache du papier, se bossue en séchant, et sebrise en petites lames irrégulières, minces, légères,dures, d’une couleur bleue, avec reflets violacés et par-fois verdâtres. Sa cassure récente est tantôt d’un vertsale, grisâtre, tantôt d’un bleu foncé ou viQlacé. Cesdivers tons ou reflets se manifestent parfois sur unememe lame, qui, malgré cela, lorsqu’on la frotte surdu papier, se colore toujours en un beau vert d'eau,d’une nuance turquoise fort agréable ; il faut générale-ment un lit de fils de coton du poids de 3,G20 gram-mes pour épuiser les eaux de lavage de 300 pièces detoile ; on en extrait, daprèsleR. M. Edkins, 283 gram-mes de lo-kao, dans l’état (pie nous allons indiquerplus bas; chaque kilogramme de vert de Chine repré-sente donc 1,000 pièces de toile teinte; chaque pièceest longue d’environ 0,3 mètres sur 30 centimètres delargeur.

M. Oninon, de Lyon , parvint à s’en procurer unecertaine quantité; c’est ainsi qu’il a pu teindre lesbeaux verts sur soie qui figurèrent pour la première foisà l'Exposition universelle de Paris.

Lo-kao. — Le lo-Uao ou vert do Chine du commerce,dont le prix a varié, pour ces dernières années, de 250à 500 fr. le kilogramme, n’est point une matière homo-gène, car, en l’incinérant, on en retire des quantités decendres variant de 21,5 à 33 pour 100.

L’analyse de cendres de lo-kao, reçues en Hollande,a donné à M. Bleekrodc jusqu à 52 pour 100 d’argile,31 pour 100 de chaux, et 12,0 de phosphate de chaux,et 1 d’oxyde de fer.

Le lo-kao est insoluble dans les huiles essentielles,les alcools, les éthers, le sulfure de carbone. En con-tact avec l’eau pure, il s’y gonfle généralement, se dé-laye dans 25 à 30 fois son poids de ce liquide, maissans jamais s'y dissoudre complètement. Dans les casles plus favorables, il reste toujours 30 pour 100 de lamatière primitive sur le filtre.

Les recherches de M. Persoz ont démontré dans cevert la présence d’un principe bleu, la cyanine , et unprincipe jaune que nous reconnaîtrons ailleurs. Le mé-lange de ces deux nuances constitue le lo-kao.

Les solutions aqueuses concentrées se conservent très-bien; mais, étendues d’eau, elles ne tavdent pas à setroubler; par ce moyen, on les purifie d’une grandepartie des substances étrangères auxquelles est mé-langée la matière colorante utile. Les carbonates, phos-phates et borates alcalins se comportent exactementcomme Peau pure. Une solution aqueuse de lo-kao peutsubir quelquefois en vases clos une espèce de fermen-tation; elle sa trouble et forme un dépôt d’abord vio-lacé, puis rouge sanguin, très-soluble dans l’acétate dechaux.

Les acides faibles, non oxydants et non réducteurs,et surtout l'acide acétique, facilitent la dissolution dulo-kao. Mais s’ils sont énergiques, si leur contact est

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prolongé, et surtout si l’on porte la liqueur à l’ébulli-tion, ils peuvent altérer profondément la matière colo-rante. Avec l’acide chlorhydrique, le lo-kao se coa-gule, et la partie caillée délayée dans l’eau forme unprécipité gris de fér foncé.

Ce précipité, saturé par l’ammoniaque, ne régénèreplus du vert, mais du bleu.

Traité parle sulfhvdrate d’ammoniaque, il développeune belle couleur pourpre, et, par le protochlorure d’é-tain, un rouge saumon; il se dissout complètement dansune eau de savon bouillante, en affectant une couleurverte, que le sulfhvdrate (l’ammoniaque change enune belle teinte pourprée ; le chlorure d’étain employéen proportion convenable précipite une laque d’un roseintense.

Les acides réducteurs, les uns à froid, les autres àchaud, réduisent la solution du lo-kao et y déterminentla formation d’un précipité pourpre violacé.

L’hydrogène sulfuré ne réduit le lo-kao que passagè-rement, en donnant à sa solution une couleur particu-lière et rouge de sang foncé facilement altérable. Uneétude particulière de cette combinaison aurait de l’inté-rét; elle se décompose à l’air; l’hydrogène se brûle, lesoufre se dépose et la liqueur finit par reprendre sacouleur verte primitive.

Les acides oxydants connue l’acide nitrique, l’acidechlorique. l’acide cliromique, détruisent le lo-kao ; parune oxj'dation ménagée, on peut obtenir une couleurrose tendre.

Les alcalis caustiques favorisent au premier abord ladissolution du lo-kao; mais, parun contact prolongéou par l’ébullition, ils détruisent la couleur, qui passesubitement au brun, eu formant une nouvelle matièrecolorante qu’on ne peut plus ramener au vert, mais quise fixe parfaitement sur calicot, surtout avec le con-cours de l'alumine et de l’oxyde d’étain.

Les sulfures alcalins fixes agissent de la même ma-nière; mais le sulfhydrate d’ammoniaque réduit etdissout le vert de Chine sans le détruire. En impré-gnant du coton de cette solution et l’exposant à l’air,le lo-kao se réoxyde et se fixe sur la toile. Le lo-kaogonflé par l’eau sc dissout à chaud, en très-forte pro-portion, dans une solution de phosphate et de boratealcalins; les bains colorés, ainsi formés, teignent di-rectement en vert les ti.-sus de coton.

L’ammoniaque liquide, le carbonate d’ammoniaque,les acétates alcalins sont également d’excellents dissol-vants, mais le meilleur est le savon.

Si l’on délaye du lo-kao gonflé dans un bain chaud,tenant en solution 5 à 0 millièmes de savon blanc etqu'on y plonge du calicot blanc, on le retire teint enun vert d’eau des plus purs. Ces caractères établissentde grandes différences entre cette matière et l’indigo,dont on était tenté de le rapprocher à d’autres égards.

Les chlorures de zinc et de magnésie font virer lateinte verdâtre du lo-kao au bleu pur. Le chlorured’étain, tout en dissolvant le vert de Chine , fait passerla couleur au rouge sanguin. Cette dissolution, qu’onpeut employer avec succès à la teinture de la soie, n’abesoin que d’etre saturée par une base puissante oupar un acétate alcalin, pour que, après une expositionà l’air, le vert se trouve régénéré.

Le perchlornre d’étain agit à la manière des acides.Le lo-kao forme des laques à base d’alumine, d’étainet de chaux, dont on peut tirer parti pour l'impressiondes tissus.

La principale application du lo-kao est la teinturedes soies pures. Elle est due à la beauté et à l’intensitéextraordinaires que cette couleur acquiert à lalumièreartificielle. Ce magnifique éclat à la lumière, que lesuns attribuent à l'homogénéité de la couleur, les autresà la pureté de nuance du bleu et du jaune qui formentce vert, donne au lo-kao une incontestable supériorité