TEIXTI'EE,
TEIN'ITUE.
Mli
dans le cas contraire le fond ne conservera qu’une cou-leur grise. Les gris de fer et de noix de galle n’ontbesoin de subir aucun débouilli; on les fait tous demême, et si l’on s’est conformé d'une manière complèteaux indications que nous avons données, ils sont bril-lants et de bonne qualité.
Depuis que les jurandes et les maîtrises n’existentplus, l’industrie est libre de faire des étoffes quelcon-ques, n moins de conventions spéciales entre l’ucheteuret le vendeur. Toute garantie cependant ne peut dis-paraître pour l’acheteur, mais il faut qu'il demande aumaicband l’indication de la matière employée pourteindre la marchandise vendue. Si le commerce con -sentait, pour les objets de valeur, à devenir exigeant,il y aurait lieu de compléter l’éducation des masses etde déposer nu Conservatoire des arts et métiers ou auxClobelins, par exemple, une série de teintes exposéesau soleil, en permettant la confrontation des échantil-lons avec une série semblable soigneusement conservéedans des tiroirs à l’abri de la radiation solaire. Cesidées émises par M. Chevreul contrarieraient les abusqui sont condamnés dans d’autres industries et que laloi frappe comme fraude sur la nature des marchan-dises vendues.
§ XI. PE LA TEINTUREconsidérée dans ses métholcs générales .
Ces préliminaires \ osés, nous pouvons aborder avecfruit l’étude des procédés de teinture.
On teint ou pour obtenir des fonds uniformes, oupour faire naître par places sur des tissus donnés descolorations interrompues ou variées.
Le but de la prenrère méthode est la teinture pro-prement dite. Le but de la seconde est obtenu par l’im-pression ; on imprime quelquefois la préparation ( mor-dant), quelquefois la couleur elle-même (enhuninage),souvent des parties qu’il faut réserver (réserves), sou-vent des substances destinées à faire disparaître desparties colorées (enlevages)^ souvent enfin des matièresqui ont pour efict de convertir une couleur d unenuance en une nuance voisine ou fort différente (cou-leurs conversions). Mais cette seconde méthode n’exclutpas la teinture proprement dite; elle n’est qu’un casparticulier de l’art de la teinture qui, presque toujours,à moins qu’on ne fa«$e que des colorations plastiques,exige comme complément la teinture elle-même. Oc-cupons-nous des opérations de la teinture elle-même,c’est-à-dire de la coloration qu’on obtient par l’immer-sion de l’étoffe entière dans un bain de teinture ou suc-cessivement dans des bains de teinture, et de prépara-tions convenablement choisies.
Les matières premières, telles que le coton, la laine,la soie, le lin, le chanvre qui sont destinés au tissageou à l’emploi direct, doivont être teintes par cette mé-thode; les tissus, les draps, les étoffes de soie et cellesde coton se teignent aussi fort souvent par cette mé-thode, mais la couleur n’a plus alors ni la même soli-dité, ni la même intensité ; les filaments qui com-posent le fil ont reçu par le tissage et la filature unetorsion qui 11e permet pas à la couleur de pénétreraussi profondément que lorsque la matière c>t brute.Ce dern icr modo de travail est beaucoup plus écono-mique, puisqu’il absorbe moins de matière colorante;mais à la consommation ou ne tarde pas à distin-guer une étoffe teinte en laine d'un drap teint enpièce.
On teint encore ces matières premières en fils: c’estce qu’on appelle teindre en écheveau. r; cette méthodes’applique surtout à la laine et à la soie ; elle tientnécessairement le milieu comme solidité, éclat etdépense entre les deux précédentes. La couleur s’appli-que beaucoup plus facilement que sur l’étoffe même ; '
on emploie cncoro un peu moins de couleur que pourla teinture en filaments bruts en flocons ou en toison.
Les exemples que nous choisirons s’appliquent auxopérations de la teinture sur laine, sur coton, sur soie,tant ii l'état de flocons qu’à l’état de fils et sous formede tissus.
Laine . — En parlant de la laine en flocons, nous lasupposerons lavée ; de plus elle aura subi toutesles opérations qui suivent généralement la tonteet qui précèdent la teinture proprement dite. Maism us dirons en Jeux mots cependant que le blan-chiment ne s’exécute que rarement pour des lainesqu’on doit teindre en masse et surtout en couleursfoncées.
La laine se teint en flocons toutes Ds fois qu’on veutavoir des draps solides, d’une couleur bien uniforme;il finit, toutefois, exclure la teinture en noir qui a prisactuellement une grande extension et qui se pratiquesur des draps en pièce.
La teinture eu laine filée satisfait aux besoins de latapisserie, de la passementerie et du tissage de toutesles étoffes de fantaisie si nombreuses aujourd’hui,dites étoffes de nouveautés K qui se fabriquent sur uuetrès-grande échelle.
Enfin la teinture en drap se donne aux draps noirs;dans les autres genres, la teinture est beaucoup moinssolide que lorsqu’on tisse dos fils préalablement teints.
Soie. — La mnjeure partie des soies sont colorées àl’état d’écheveaux. On les livre ensuite aux divers ate-liers de tapisserie, de passementerie, de rubanneric etde tissage.
Coton. — Quant aux cotons, on peut les teindre soitn l’état brut, soit à l’état de fil, ce qui est l’exception,soit enfin àl’état de tissus. On colore les ouates à l'étatde coton non filé, mais en quelques nuances seule-ment ; les fils sont teints plus rarement, cependant lescotons en lil sont souvent teints en bleu pour les tissustricotés.
Le lin et le chanvre reçoivent moins souvent que lesautres matières les opérations de la teinture. O11 profitesurtout de l’éclatante blancheur qu'ils possèdent lors-qu’on a fait disparaître la matière colorante qui lescolore à l’état naturel pour les consommer à l'étatblanc. CepenJant les besoins du tissage pour certainspiqués et quelques étoffes de lin demandent des filsteints préalablement.
§ XII. DISPOSITIONS GENERALESd'une teinturerie.
Dans une teinturerie bien installée, pour ne pas gênerle service il faut au moins trois salles affectées auxopérations de la teinture. Si l’on teint des laines, ilest bon de réserver une salle spéciale pour le blanchi-ment ou dessuintage ; onadans tous les cas un atelierpour le bleu d’indigo qui nécessite une températuredéterminée, et deux chambres spéciales dans lesquellesou exécute les autres nuances de grand et de petit teint.
Le laboratoire doit être spacieux, bien éclairé, sulii-samment élevé, et convenablement disposé pour lapréparation des drogues qui ne sont pas faites en fabri-que et pour les essais de contrôle auxquels doit pou-voir se livrer tout fabricant intelligent et soucieux desauvegarder ses intérêts.
Les marchandises teintes, celles à teindre, cellesà dessuinter, dans le cas où l’usine se charge de cesoin, doivent être séparées et placées dan* des maga-sins distincts, les premiers à proximité des ateliersd’apprêt et des chambres où se font la vérification etl’empaquetage pour éviter les pertes de temps et lacirculation inutile des produits prêts pour la consom-mation, qu’ils soient à l’état de fils ou de tissus.
Lorsque remplacement d’un atelier est arrêté,