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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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622 TEINTURE. TEINTURE.

un tissu garance, lorsque, plus concentré, il produit desenlevages.

L’acide hypochloreux libre peut être employé dansccs conditions, si l’on tient compte de la décompositionde l’hypochlorite de chaux en présence des sels dezinc.

En décomposant un équivalent d’hypoclilorite cal-cique par un quart, un demi, ou un équivalent entierde sulfate zincique, on obtient un liquide d’une force 1blanchissante de plus en plus énergique, et qui finitpar présenter tou9 les caractères d'une solution d’acidehypochloreux pur.

Les tissus passés dans ce bain dilué s’y blanchis-sent parfaitement sans que la nuance des rouges et desroses se ternisse; ils paraissent, au contraire, s’y avi-ver. Cette méthode est de beaucoup préférable à celleproposée par M. Steinbach, il y a quelques aunéesseulement. Lorsqu’on applique une solution d'hypo-chlorite de chaux sur les pièces à blanchir, et qu’onles sèche ensuite sur des tambours chauffés à la vapeurpour convertir le sel en chlorate et chlornre, on arrêteune action ultérieure; mais cette nouvelle applicationà l’art de blanchir les tissus garancés offre l’incon-vénient de brunir sensiblement les rouges et les roses.

Jioser , c’est porter au rose, et en généralisant éclair-cir, vivifier, développer, exalter une couleur bon teintou petit teint. On emploie quelquefois aussi par ana- jlogie ce terme pour désigner l’action du savon seul,employé directement après l’avivage.

Roser une étoffe ou toute autre matière à teindre,c’est changer le ton jaune d'une couleur rouge en unenuance qui tire davantage sur le cramoisi ou sur la \couleur des roses. |

Sickiouter se dit de l’opération par laquelle on passeune étoffe dans un bain de sickious , résidus des bainsd’«pprêts huileux des grands teints; ce nom vient desschettys indiens. Cette opération se fait quelquefoisaprès jo garançage dans le but de préparer à l’avivage ;ce bain a nécessairement une réaction alcaline.

Teindre , proprement dit, s’entend de l’opération spé-ciale et bien distincte, au moins en grand teint, parlaquelle on applique la substance colorante sur l’étoffepréparée par les opérations précédentes.

Ces diverses opérations, on le sait, ne sont cependantpas toujours distinctes; dans certains cas il n’y a pasd’npprêts organiques; dans d’autres, il n’y a pas de mor-dançage; la teinture se confond avec le mordançagequand le mordant fonctionne lui-même comme matièrecolorante ; dans certains cas, de petit teint par exem-ple , on met immédiatement le mordant avac le baincolorant, quoiqu’en général on puisse prouver qu’il yaurait un avantage réel, pour épuiser parfaitement lesbains de teinture, à faire de même que pour les grandsteints, ces opérations séparément, ou d’après un certainmode de pratique qui ne les confonde pas absolument.La teinture, au reste, peut être simple, lorsque la cou-leur est simple, double ou triple, lorsque la couleur estcomposée, et suivant les cas, chaque teinture devra oupourra nécessiter les opérations antérieures et posté-rieures à la teinture proprement dite. Nous ajouterons,pour compléter l’ensemble des observations qu’il con-vient de présenter ici, qu’il est souvent indispensabled’apporter h la succession des passes quelques modifi-cations en raison seulement de la nuance ou de la teintequ’on veut produire ; il est facile de prévoir que pourune nuance très-claire toutes ces opérations doiventêtre un peu différentes de celles convenables pour unenuance très-foncée. C’est ainsi qu’un mordant faiblebien lavé n’a besoin que d’un dégorgeage faible, etqu’où peut même s’en passer. C’est ainsi que de faiblesapprêts ne suffisent pas pour une teinture corséo et quede forts apprêts sont inutiles pour des couleurs légères ;de mêm^, les proportions des principes actifs du bain

doivent être nécessairement augmentées et diminuéespar les mêmes motifs; les liquides employés pouraviver, roser ou virer les teintes faibles, un lilas clairpar exemple, n’ont pas besoin d’autant de force, dumême degré, et du même bouillon , que pour les nuancesfortes, un violet pur et un plus foncé ; ce sont des obser-vations de pratique auxquelles on pourrait en joindrequelques autres, qu’il serait impossible même de résu-mer ici, mais qui conduisent au succès complet desopérations.

Tirer, c’est modifier par un dissolvant faible ou nonla nuance que la teinture présente quand elle ne corres-pond pas à l’échantillon donné. Le virage opère unesorte de conversion. Le bain qui le produit a pour but,presque exclusivement dans les petits teints, de modi-fier la. couleur directement par un sel avec excès debase ou d’acide pour l’amener soit à la nuance, soit auton donné; ainsi, par exemple, en passant une cou-leur jaune de gaude dans un bain acide, on la dé-truit en apparence, elle devient blanche; mais pu ob-servant que la couleur n’est nullement enlevée dutissu, qu’elle n’est que virée, et qu’en passant dansun bain alcalin, le jaune reparaîtrait très-intense, onvoit là l’exemple d’une nuance mixte où trop de jaunedominant sur l’échantillon peut être viré proportion-nellement par un acide pour la ramener au ton de -mandé.

L’alunage qu’on donne à quelques couleurs de grandteint, après un avivage et même après un rosage,sur les couleurs puce, pnlliacat, mordoré, giroflée,mauve, etc., fait encore l’effet d’un bain de virage,utile ici pour échantillonner; il s’applique aussi commerosage et comme mordant; l’alunage, clans les dispo-sitions convenables, a aussi la propriété d’augmenterle poids du coton, et on le donne encore quelquefoisen vue de cette seule spéculation par question d’éco-noinie.

§ XIII. De la teinture

considérée sous le rapport des procédés pratiques qu'ellemet en usage.

Les détails dans lesquels nous venons d’entrer vontnous permettre d’exposer rapidement les opérations dela teinture en les appliquant aux diverses nuances qu’onpro luit journellement dans les ateliers. Les manipula-tions de la teinture, quoique peu variées et paraissanttrès-simples, exigent néanmoins des soins particuliers,une surveillance incessante et un coup d’œil très-exercé, qui permette de juger les qualités du bain, latempérature, la force, le degré d’appauvrissement desdissolutions, d’éliminer toutes les circonstances quicauseraient des inégalités dans les nuances, de déter-miner avec précision si les nuances qui sortent du bainsont conformes à celles qui servent d’échantillon, enfinde graduer entre une série de nuances les différencesque le commerce et la mode imposent au fabricant.

Pour échantillonner, il faut une très-grande habi-tude, et si cette opération, déjà difficile pour les lai-nages, offre de bien grands obstacles pour les couleursclaires, il faut un œil bien exercé pour juger sur soieet sur coton les couleurs foncées rabattues, surtoutcelles qui ne prennent leurs tons qu’après un avivagenécessité nnr les matières tinctoriales employées.

Appliquons actuellement les connaissances que nousavons acquises aux procédés de teinture applicables àla laine, a la soie et au coton.

Il nous semble inutile de donner dans cet article denouveaux dosages; les recettes qu’on trouvera dans ledeuxième volume de ce Dictionnaire, fournies par unhabile praticien, nous ont paru suffisantes. Nous n’au-rons donc à nous préoccuper des dosages usités pourla teinture de la soie, de la laine et du coton, qu’au-