TEINTURE.
TEINTURE.
tant qu’elles seront nécessaires à l’exposé des mé-thodes.
Nous devons ajouter, d’ailleurs, comme réserve s’ap-pliquant aux diverses recettes, que leur efficacité dépenden général de la mise en pratique des tours de main etde la qualité des matières colorantes employées.
Les tours do main connus des ouvriers ne se décri-vent pas, et telle indication suffisamment précise pourcelui qui sait, pour l’homme du métier, est obscure etsouvent incomplète pour celui qui n’est pas initié. Danstous les cas, les prescriptions que nous donnerons nedoivent être considérées que comme des exemples dontil convient de ne pas trop s’écarter pour obtenir unecouleur donnée.
1. TEINTURE EN ROUGE.
La couleur rouge, comme nous l’avons vu, s’obtientavec différentes matières prises dans le règne végétalou dans le règne animal ; quelques-unes sont emprun-tées aux matières préparées artificiellement. Les rougestirés de ces diverses substances varient dans leur teintesuivant leur origine et celle de la matière qui les four-nit. On n’a pu jusqu’à ce jour les remplacer l’un parl’autre, en préparant au moyen de toutes les matièrestinctoriales rouges une couleur uniforme.
Garance.
Lorsqu’on se sert de garance, toutes les opérationsdoivent être soignées, et de plus la qualité de la ga-rance, sa provenance,parfaitement connue; tantôt, eneffet, elle donne des nuances d’un rouge très-vif, tantôt,au contraire, elle ne produit que des nuances à refletsviolacés ou jaunâtres, qui ne sont acceptables ni lesuns ni les autres. Des observations précises ont per-mis d’expliquer ces effets et la richesse comparative desdiverses garances; nous allons les résumer d’aprèsM. Persoz.
La garance doit être envisagée sous le point de vuede sou origine, sous celui de son âge et sous celui desaltérations qu’elle a pu subir. Il est admis-aujourd’huiqu’en employant pour une teinture en garance l’eaudistillée d’une part, et de l’autre une garance pro-venant de terrains siliceux, on n’obtiendra pas de cou-leurs solides; tandis que la même garance, traitée pardes quantités convenables de carbonate de chaux, oumêlée d’une garance provenant de terrains calcaires,donnera les teintes les plus vives et les plus capablesde résister aux agents atmosphériques lorsqu’on yaura recours pour aviver et blanchir les couleurs ga-rancées. La craie semble un élémeut indispensable à lateinture en garance.
Entre les garances Paluds qui sont calcaires et cellesd’Alsace qui ne le sont pas, il se trouve un grandnombre d’intermédiaires dont on n’aurait pas à s’occu-per, s’il était possible, sans dépense inutile, de dépas-ser certaines limites dans la proportion de craie qu’ilfaut ajouter aux bains; mais il est constant que la craiefait fonction de base et qu’elle appauvrit le bain en pré-cipitant à l’état de laque une quantité considérable del’élément utile. Il faut donc tenir compte et de la craieque contient la garance et de celle qu’apportent leseaux dont on fait usage.
En ce qui concerne l’âge, il résulte d’observationsanciennes que les garances d’un certain âge sont plusfavorables à la teinture que les garances récemmentrécoltées. Il faut faire intervenir le développement desracines.
Lorsque les eaux dont on fait usage sont pures natu-rellement ou proviennent de la condensation des machi-nes à vapeur, comme on s’en sert généralement pour ali-menter les bains de teinture, cet élément n’a que peud’importance ; mais il n’en est plus de même lorsque celiquide se trouve mêlé de substances salines provenant
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du sol qu’il traverse pour arriver au jour. Quandles eaux sont chargées de calcaire à l’état de bicar-bonate, on les en dépouille ou par l’ébullition ou parl’addition d’une quantité de chaux égale à celle quecontient le bicarbonate, ou par une addition de potasseet de soude, ou par du son de froment, ou par une petitequantité d’acide sulfurique ou d’acide oxalique. S'il ya tout à la fois du bicarbonate de chaux et du chlo-rure de calcium, l’addition de la potasse précipitetoute la chaux ; il se forme d’abord du carbonate dechaux et du carbonate dépotasse qui, réagissant sur lechlorure de calcium, forme du chlorure de potassiumet du carbonate de chaux; il s’ajoute au carbonate dechaux provenant du bicarbonate primitif. Il faut évitercependant l’excès de carbonate do potasse. Si tout le seln’est pas précipité par l’addition de la potasse, onpeut, et c’est préférable, ajouter une certaine quan-tité de savon. Ce moyen est plus dispendieux.
Le mieux est dans beaucoup de cas de mettre la ga-rance en présence de matières qui possèdent, commeles principes colorants de la garance, la propriété deprécipiter la chaux, mais qui n’ont pas une aussigrande valeur; c’est ainsi qu’on explique l’additiondu sumac et du quercitron.
Lorsque la chaux est à l’état de sulfate, on s’en dé-barrasse au moyen du carbonate de potasse ou desoude, qui par double échange forme du sulfate alca-lin et du carbonate de chaux.
La magnésie se comporte à l’égard des réactifs quenous venons d’indiquer, comme à l’égard de la teinture,exactement de la même manière; il est donc faciled’en dépouiller l’eau; d’ailleurs , on sait que les eauxmagnésiennes se présentent beaucoup plus rarementque les eaux calcaires.
Au point de vue de la teinture en rouge au moyendelà garance, le feront un des éléments les plus nuisi-bles, car non-seulement il appauvrit les bains, mais ilaltère et fait grisonner les teintures; on s’en débar-rasse par le phosj hâte de fer ou par la crème de tartre ;il est indispensable de surveiller avec attention leseaux même les meilleures, qui par suite de crues ac-cidentelles peuvent charrier ou dissoudre quelque peud’oxyde de fer.
On a cherché par des expériences directes à se ren-dre compte de l’action qu’exerce la craie dans les opé-rations du garançage, lorsqu’elle a pour effet d’ajouterà la garance d’Alsace un pouvoir qu’elle n’a pas parelle-même ; on s’est demandé si ce corps sature unacide dont l’existence est signalée dans le garançage,ou s’il devient partie intégrante de la combinaison co-lorée qui se combine avec le tissu lui-même. M. Per-soz n’admet pas que la première raison soit sérieu-e,car s’il n’y avait qu’un acide à saturer, tout autre corpsque la chaux conduirait nu même résultat; or l'expé-rience prouve qu’il n’en est pas ainsi. Au surplus, il aprouvé que dans l’acte du garançage il y a, lorsqu’onajoute de la craie, fixation d’une certaine quantité dechaux qu’on retrouve dans les cendres, avant commeaprès l’avivasc.
Non-seulement la chaux est remarquable par lanature de son action sur les bains de teinture, maismême les acides et les alcalis ont une influence très-no-table; elle est en sens contraire de celle que la chauxparaît exercer. D’après des essais publiés dans le Bul-letin de la Société de Mulhouse ^ les alcalis diminuentle rendement des garances et les acides nitrique, acé-tique, etc., en font autant. Quant aux oxydes, il est re-marquable, comme M. Schlumberger l’a déjà fait voir,que l’oxyde, l’hydrate et le carbonate de cuivre, annu-lent complètement le pouvoir colorant d’une garance.
Il est digne de remarque que les acides cependantredonnent une certaine force à des bains de garanceépuisés, lorsque ces acides, comme les acides sulfu-