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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

rique, oxalique forment des sels calcaires insolubles.Il est vraisemblable d’admettre que le bain se charged’un précipité de chaux avec la matière colorante, etque cette dernière ne se trouve mise à nu que par ledéplacement qui résulte de l’addition de l'acide.

Le garançage proprement dit se compose d’opérationsdistinctes, le bouillon et la rougie. On pratique lebousage sur calicot et l’avivage sur toute teinture degarance. L’opération est quelquefois simple; la pre-mière teinture prend le nom de retirage, et la secondecelui de garançage proprement dit. Cependant cette dis-tinction ne se fait pas toujours, parce que le fabricant atout intérêt à rechercher uneéconomie de main-d’œuvre.

Il ne faut pas élever à l’ébullition la température dela rougie, c’est-à-dire le bain de garance , car on aremarqué qu’avec la chaleur, le principe jaune se fixaitsur la laine. En supposant qu’on ait à teindre de lalaine en flocons, on compose le bouillon de la manièresuivante, en prenant 100 kilogr. de laine pour hase ducalcul, 2b kilogr. d’alun, 6 kilogr. de tartre. Quandla matière est dissoute, on plonge la laine pendanttrois heures dans la chaudière, qu’on amène progressi-vement h l'ébullition , puis on la place , après l’avoirlavée, dans des barques ou pahiers, pour qu elle restesept à huit jours dans un endroit humide et fermé. 11faut éviter un excès de tartre qui feraitjaunir.

Pour faire la rougie, on mettra 50 kilogr. de ga-rance d’Avignon extra-fine. On pallie , puis on plongela laine qu’on mène et qu’on mouille également. Onlave avec soin pour éliminer les parties ligneuses quise fixeraient entre les filaments. On ajoute au garan-çage quelques kilogrammes de composition d’écarlatepour faire virer au rouge et donner à la teinture, enmôme temps que de l’éclat, de la solidité.

Lorsqu’on travaille sur des pièces, le bouillon, pourune pièce de 20 mètres qui pèse de 18 à 20 kilogr.,contient 3.5 kilogr. d’alun et 1 kilogr. de tartre.

On fait bouillir pendant trois heures, on évente et onporte à la cave. La rougie se fait avec G kilogr. de ga-rance et 1 kilogr. de composition d’écarlate; on mènevivement les pièces pour qu’elles ne soient pas tachées.On met beaucoup moins de garance que dans le cas dela teinture en toison, parce que la couleur, ne péné-trant que peu dans l’intérieur des fils, n’entraîne pas uneaussi grande consommation. Nous avons cité cet exem-ple, qui est général, pour faire comprendre ce qui estdéjà dit dans l’article de ce Dictionnaire.

Teinture de la soie. — D’après M. Guhlich, on obtientavec la garance une très-belle teinture en rouge enprenant pour l kilog. de soie 122 gr. d’alun et 30 gr. dedissolution d’étain. On laisse reposer la liqueur et ondécante. On immerge la soie qu’on iie laisse séjournerque 12 heures. On a fait d’autre part une dissolutionde garance avec 2 à 3 gr. bouillie dans une infusionde noix de galle. On maintient pendant une heure lebain à 60°, puis on porte à lYbullition en donnant 5 àG bouillons pendant 2 minutes environ; on enlève lasoie qu’il suffit de laver à grande eau pour la fairesécher au soleil. Cette couleur est vive, éclatante,solide comme le rouge d’Andrinople. L’alun peut êtreremplacé par une dissolution de fer qui donne uneteinte violette très-riche. Ou peut lui donner plusd’éclat en l’avivant au moyen d’une teinture au brésil qu’on ajoute à la soie préparée par le sel d’étain, commenous allons le dire.

Bois de Brésil .

Le rouge produit par le bois de Brésil s’applique auxétoffes communes ou tout au moins à celles pour les-quelles on ne peut exiger une grande stabilité. Lesacides le font jaunir et les alcalis le font bleuir. Onne peut employer le bois en nature; l’usage est d’en

faire une décoction qui permette d’obtenir des nuancesvives et nourries. Il est d’usage aussi de conserver cesdécoctions dans des cuves; car il est constant que letemps améliore le principe colorant contenu dans lebois de Brésil en augmentant son pouvoir tinctorial.

D’après M. Chevreul on obtient un très-benu rougesur laine (rouge amarante), avec le bois de Brésil enopérant delà manière suivante: pour 10 kil. de laine,on monte la chaudière avec2,4U0gr. d’alun et 1,200 gr.de crème de tartre; on y manœuvre pendant 2 heures,on lève et on évente. On monte un bain neuf avec dubrésil , puis on y lisse la laine pendant un quart d’heureà la température de G0°. Lorsque la nuance est aupoint voulu, conforme à l’échantillon, on lève, et oninet de côté les 2/3 du bain qu’on soutire par un robi-net, ou bien qu’on puise avec une poche; on refroiditavec de l’eau pure qu’on ajoute au bain pour remplacerlo liquide qu’on a rejeté : on fait violeter la nuanceavec do l’urine chargée d’ammoniaque. On lisse de nou-veau, on lève et on lave.

Teinture de la soie. —Berthollet a fait connaître undosage pour teindre la soie dans la nuance rougecramoisi dont on s’éloigne peu même encore aujour-d’hui ; d’après les dosages qu’il a donnés, on prend dela soie cuite à raison de 20 parties de savon pour 100 desoie. L’alunage n’a pas besoin d’être aussi fort quepour le cramoisi solide qu’on obtient de la cochenille.On lave à la rivière et on lisse dans un bain de brésil d’une puissance déterminée par la nuance qu’on veutobtenir. Lorsqu’on a fait usage d’eau pure, de conden-sation de machine à vapeur, débarrassée de sels cal-caires, la couleur est trop rouge, on la fait bleuir enpassant la soie dans un bain légèrement alcalin oumême en lissant dans le bain additionné d’un peude potasse. On peut encore laver dans une eau natu-rellement dure, jusqu’à ce que la nuance voulue ait cléproduite.

Pour préparer des cramoisis foncés ou bruns, onajoute à la décoction de brésil une infusion de cam-pêche, après que la soie a reçu un premier passage enbrésil , puis on y mêle même un peu de carbonate alcalin,selon la nuance qu’on veut obtenir.

Murexide.

L’emploi de la murexide pour colorer les tissus nedate, ainsi que nous l’avons dit, que de quelques années,et l'application de cette nouvelle matière colorante,qui peut être regardée comme une conquête toute mo-derne, n’a pas été sans être accompagnée de nombreusesdifficultés, tant dans scs rapports avec la teinture pro-prement dite que dans ceux qu’elle présente actuelle-ment avec l’art d’impriiner les étoffes. Nous n’auronspas occasion de revenir sur l’article impression pourétoffes, très-complet dansle premier volume du Diction-naire; nous étudierons donc, en parlant des couleursnouvelles que la science a fournies à l’industrie, lesconditions qui permettent d’appliquer à l’impressionces matières encore peu répandues.

La murexide, ou carmin de pourpre , ne se fixe sur lesmatière textiles, soie, laine, coton, fil que par l'inter-médiaire des oxydes métalliques, capables de formeravec ce composé des laques colorées, de séritablcs pur-purates insolubles.

Les meilleurs résultats obtenus jusqu’à ce jour dansla pratique ont été fournis par l’emploi des sels de mer-cure pour les nuances rouges et pourpres, et par lessds de zinc pour les nuances oranges et jaunes. 11paraît indifférent de procéder comme pour les noirs enpréparant d’abord avec les sels et teignant ensuite, oubien en teignant d’abord et fixant après ; il est mêmepossible encore d’effectuer le mélange des deux matières,de filtrer et de faire passer le tissu qui s’empare, de la