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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

Cette méthode permet la fixation simultanée des autresprincipes colorants 'me le 6cl d’étain peut rendre adhé-rents à la soie.

Lorsqu’on fait usage de la pourpre française avantsa précipitation sous forme de laque,il suffit, pour mon-ter un bain de teinture, de dissoudre dans un peu d’am-moniaque et d’étendre d’une quantité convenable d’eaupure.

Lorsqu’on fait usage de la laque calcaire, on com-mence par mettre la matière colorante en liberté parl’addition d’un acide capable de former avec la baseun composé peu ou point soluble ; on a recours à l’acidesulfuriquft ou à l’acide oxalique.

On ajoute ensuite de l’ammoniaoue pour dissoudrela matière colorante; le bain de teinture se trouve toutmonté.

On peut aussi teindra directement avec la laque cal-caire, pourvu qu’on ajoute au bain du carbonated’ammoniaque. Par l’effet d’une double décompositiondéterminée par l’élévation de température, l’acide car-bonique s’unit à la chaux, tandis que la matièrecolorante entre en dissolution en se combinant avecl’ammoniaque.

Lorsqu’on veut obtenir avec la pourpre françaisedes nuances bien pures, il est bon de blanchir d’avanceà l’acide sulfureux la laine ou la soie.

En somme, on voit que rien n’est plus facile que deteindre avec la matière de M. Guinon, et comme clicrésiste à l’action des acides, il en résulte qu’on peutpasser les fibres teintes en pourpre dans toutes lescouleurs qui ne se fixent que par les acides, et arriverà produire ainsi les effets les plus variés. M. Persoz afait connaître qu’en l’associant au carthamc on obtientdes nuances fleur de pocher, groseille, rose des Alpes ,qui ne laissent rien à désirer ; les échantillons quéM. Guinon a bien voulu mettre à ma disposition dé-montrent qu’en ^associant à l’indigotate de soude, ellepeut produire toutes les nuances violettes jusqu’au bleuviolacé. Les avantages de l’orseillc solide ne se bornentpas à la teinture ; on peut s’en servir pour l’impres-sion, en préparant une laque avec l’alumine. On ladissout dans l’acide acétique, on ajoute un peu de ma-gnésie, on épaissit à l’albumine, puis on vaporise aprèsl’impression.

Mais il existe une méthode plus rapide, qui consiste,suivant la nature des tissus, à imprimor simplementun mélange d’albumine et de matière colorante, et àdessécher; on peut encore imprimer de l’albumineseule, la faire sécher, et passer ensuite le tissu dansun bain de pourpre française, monté comme on l’avu. Les parties chargées d’albumine se teignent seules :l’albumine fait fonction de mordant organique.

Indisine, aniléine.

Nous avons déjà dit tout l’intérêt qui s’attache à laproduction du nouveau violet d’aniline ; nous avonsfait connaître les conditions les plus avantageuses danslesquelles s’effectue son application au coton. Ce per-fectionnement dans l’art de la teinture a mis en reliefl’importance des mordants organiques. Depuis les tra-vaux d’Hausmann sur la valeur des mordaitf*, de nom-breuses applications en ont été faites, et l’albumine aservi pour fixer l’orseille d’abord, le violet d’anilineensuite. M. Barreswill cite ce fait intéressant que, dès1847, M. Dollfus-Ausset de la maison Dollfus-Mieg afaitimprimer de l’albumine préalablement dissoute dansl’eau et additionnée d’une petite quantité d’huile, pourdonner à l’étoffe une certaine souplesse que ne possèdeplus le tissu lorsque l’albumine est coagulée. En suppo-sant une impression en uni on teint dans un baind’orseille ; en sortant du bain on vire en passant lacouleur dans un bain d’eau de chaux faible.

L’emploi du violet d’aniline en teinture repose sur

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la même préparation, et c’est, d’après M. Barreswill, àl’année 1847 qu’il faut faire remonter la premièreapplication des principes posés par Ilausmann dansson travaU surle6 mordants organiques.

L’albumine s’emploie pour la fabrication du violetd’aniline de trois manières différentes. C’est surtoutcomme impression qu’on en fait usage à Mulhouse .Trois maisons semblent se disputer l’honneur de ceperfectionnement remarquable. M. Dollfns •• Mieg ,MM. Kœchlin frères et Steinbach-Kœchlin ; enfinM. Pcrkin prend sa part dans la priorité.

Le procédé le plus direct consiste à épaissir la disso-lution d’indisine avec de l’albumine. Ce serait la mé -thode la plus simple, donnant les résultats les plusconvenables par rapport à la solidité de la teinture,si le précipité que forment les deux principcs’pouvaitêtre divisé, et si le tamisage ne conduisait pas à despertes considérables.

Le second procédé consiste à préparer le tissu parune eau d'albumine; on imprime ensuite la dissolutiondel’aniléine sur les tissus préparés. Cette méthode four-nit les nuances les plus transparentes et les plus unies.On ne peut lui opposer que les inconvénients de la roi-deur que prend l’étoffe, et les difficultés de l’enlumi-nage par rentrures.

Une troisième méthode, très-ingénieuse, consiste àteindre dans la dissolution d’aniléine l’étoffe impriméepréalablement en albumine ; on blanchit ensuite lesfonds au moyen du chlorure de chaux.

3. Teinture ex bleu.

Bois de Campée lie.

On emploie le campêche pour teindre en bleu la laineet la soie, pour obtenir des nuances violettes ou noires,enfin pour remonter un pied léger de bleu solide ou decuve.

On donne aux bleus de campêche le nom de bleusfaux ; ces couleurs, du reste, à part les inconvénientsde leur peu de solidité, offrent de grands avantages àcause de la facilité de leur exécution.

On commence par donner un bouillon, composé, parexemple, pour 100 kilog. de laine, de 4 kilog. d’alunet 200 gr. de tartre; le bouillon dure une heure et de-mie ; on verse dans le bain une décoction de campê-che, et on précipite en bleu par le sulfate de cuivre, quidonne une nuance d’un bleu pur. On plonge la laine àl’ébullition, puis on la mène vivement pendant unquart d’heure. On lève, on évente, puis on lave. Lebleu de roi ou bleu d’enfer s’obtient au moyen de plu-sieurs passages. Voici les doses pour 100 kilog. delaine ; on garnit le bain de 10 kilog. d’alun, 2 kilog. dotartre, 1 kilog. de vitriol bleu et des copeaux de cam-pêche; on plonge la laine, on la mène, puis on laissebouillir trois heures. On ajoute de nouveaux copeaux,on fait bouillir encore jusqu’à ce que la teinture ait ac-quis l’intensifé désirée. On ajoute ordinairement de lasorte de 15 à 18 kilog. de copeaux. On fait bouillir unedemi-heure, et on ajoute la laine, qu’on maintient à l’é-bullition pendant une heure. On peut donner un pre-mier pied de bleu solide. On peut donner deux ou troispassages successifs. Quelquefois, on termine par unavivage, surtout quand on ajoute du sel d’étain dansla composition. On avive par un bain qui contient200 gr. de sulfate de cuivre par pièce de drap. Onmène pendant un quart d’heure d’ébullition, on abat,on évente et on lave.

Le campêche, appliqué pour teindre la soie, est d’unusage assez répandu; la teinture se fait à la tempéra*ture de 30 ou 40 degrés.

La réaction du bichromate de potasse sur la décoc-tion de bois de Campêche a conduit à des nuances nou-velles. M. Ivnpp, qui les a décrites, en fait le résumésuivant :