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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE .

TEINTURE.

déposant de l’oxvdo de chrome qui 63 substitue, paréchange de base, à la laque primitive pour donner hl'oxyde des colorations différentes et des conversionscurieuses. On transforme de la sorte le campêche ennoir, le quercitrun en olive, la graine de Perse en jau-nâtre, si l’on a précipité sur l’étoffe ces décoctions aumoyen d’un sel d’alumine.

Couleurs vapeurs. — Nous ne pouvons terminercet aperçu sur les rapports de la teinture avec l’im-pression sans dire au moins quelques mots, non sur lacomposition des couleurs vapeurs, mais sur les prin-cipes qui ont servi do hase à cette industrie, et quiprennent chaque jour une extension nouvelle. On a puvoir l’iniluence que nous avons reconnue avecJM. Chevreul à la chaleur comme moyen d’ajouter àl'affinité de la couleur et de la fibre. Il y a plusd’énergie dans la combinaison, plus de résistance auxagents extérieurs, la couleur cuite est plus solide.

Les premiers essais faits pour rendre adhérentes lesmatières colorantes sur les tissus datent des temps mo-dernes; en Angleterre on n’y fit d’abord pas trop d’at-tention ; cependant on obtint des colorations fixées à lavapeur, sur laine et sur soie, vers 1819, dans les envi-rons de Paris , à Beauvais, à Logelbaeh. Aujourd’huile fixage à la vapeur est à peu près général sur soie,laine, fil et coton.

Quelle est la théorie de cette opération? On dépose^sur l’étoffe tantôt un corps soluble qui, <nmme l’acideprussianoferrique, sc décompose sous l'influence do htchaleur en formant du bleu de Prusse , lequel sc com-bine à la fibre, tantôt une laque, composé salin qu’onfait dissoudre dans un acide capable de contrc-balanccrl’énergie de la matière colorante, et qui s’empare mo-mentanément de la base pour la lui restituer sous l'in-fluence de la vapeur, soit que cet acide doive dispa-p traître par le fait do la chaleur, soit qu’il perde danscertaines circonstances son affinité primitive; tantôtenfin on dépose une matière colorante en mélange avecun sel dont elle peut déplacer l’acide qui, disparais-sant comme dans les cas que nous venons d’exposer,la laisse libre do contracter combinaison simultané-ment avec la hase et l’étoffe.

On le voit, ce sont là des conditions qui nous ont parude toute nécessité pour la teinture ordinaire : principessolubles présentés à l’étoffe, précipitation de la matièreen contact avec l’étoffe, affinité développée par une élé-vation,de température; de plus coction du principebinaire ou ternaire après sa formation; coction à la-quelle M. Chevreul attribue la résistance aux agentsatmosphériques. Il est évident qu’ici, comme dans lateinture ordinaire, nous constaterons l’influence des di-verses fibres qui n’attireront pas avec la meme énergietoutes les matières colorantes. Il en est quelques-unesqui nécessitent une sorte de préparation ; mais générale-ment, dans ce cas, cette préparation n’est pas réclaméepar les fibres, elle semble l’être beaucoup plus par lamatière colorante qui, solide à l'état du mélange, de-mande à se trouver dissoute quand elle doit être fixéepar la vapeur, et, dans la majeure partie des circons-tances, l’agent qui doit fournir l’élément acide capablede dissoudre la matière colorante apporte en mêmetemps l’auxiliaire nécessaire à l’adhérence de la subs-tance colorante avec la fibre textile. Telle doit être aumoins l’action des chlorures d’étain ou d’alumine qu’onajoute aux couleurs vapeurs dans la plupart des cas.

L’acide oxalique, l’acide tartrique agissent dans lemême sens : ils dissolvent la laque, la maintiennent6oluble tout le temps dé l’impression et n’abandonnentles oxydes qui so combinent avec la matière coloranteet la fibre que sous l’influence de la vapeur d’eau suf-fisamment chaude. L’acide acétique offre sur les ma-tières qui précèdent l’avantage de se disniper complète-

ment par la chaleur. Quelques composés agissentensuite comme oxydants en remplaçant l’air qui n’in-tervient qu’avec lenteur dans la teinture ordinaire.Nous citerons enfin l’influence de la chaleur capableseule de déterminer certaines réactions; à cette classeappartiennent quelques colorations purement inorgani-ques ; nous mentionnerons, comme exemple parmi lesplus récentes, la fixation dans les impressions sur cotondes sulfures métalliques résultant de la décomposi-tion des hyposultites correspondants.

En ajoutant de l’hyposuliitc de soude à certains selsmétalliques, tels que ceux d’antimoine, d'arsenic, dobismuth, il y a bientôt réaction entre les éléments miaen présence, de manière à donner naissance à des sul-fures insolubles dont plusieurs possèdent des nuancesassez pures et assez vives. Malheureusement, cottetransformation est déjà sensible à froid, et au bout dofort peu de temps le mélange ne saurait être utilisépour la toile peinte, puisque, pour que le sulfure mé-tallique soit bien fixé, il est indispensable qu’il se forinosur l’étoffe même. M. Sace a tiré parti de cetto réactionpour utiliser d’autres sulfures. En effet, d’autres sels,tels que ceux de cadmium, de nickel, de cuivre, doplomb et de mercure (à l’état de sublimé corrosif), nose décomposent pas immédiatement en présence dol’iiyposulfitc de soude ; la réaction qui donne naissanceaux sulfures de ces métaux n’a lieu qu’à une tempéra-ture élevée ou à froid, mais alors seulement après un in-tervalle de temps très-prolongé. Il résulte de ce fait laformation de quelques couleurs vapeurs, toutes inalté-rables à la lumière et dont plusieurs sont très-solides.Comme ces réactions sont nouvelles, nous présentonsici les dosages employés dans l'usine de Wcsserling.L’épaississant est l’eau de gomme préparée par partieségales d’eau et de gomme; la solution d’hyposulfite dosoude renferme 20ü gr. do sel solide par litre d’eau.

Jaune de cadmium. — On dissout il) gram. de chlo-rure de cadmium cristallisé dans 250 gr. de solut'onde gomme contenant un kîlog. par litre; on ajouteun quart de litre d’hyposulfite de soude liquide conte-nant 200 gr. d’hyposulflte par litre; on imprime, onvaporise et on lave. On obtient de la sorte un jaune très-beau qui supporte bien le bain de garance.

Vert de cuivre, — 25 gr. de sulfate de cuivre sontdissous à chaud dans 250 gr. de solution de gomme,puis on ajoute 250 gr. d’hyposulflte de soiulc liquide.

Ce vert est très-beau et peut, sans éprouver de chan-gement, subir le bain de garance. Il est aussi très-hoinogènc : sur un fond blanc, il vaut mieux l’épais-sir avec le léiocome qu’avec la gomme; mais il al’inconvénient qu’imprimé par un temps chaud, ilsèche très-promptement.

Gris de nickel. — 25 gram. de chlorure de nickel,250 gram. de solution gommeuse et 250 gram. de so-lution d'hyposulfite de soude.

Gris de plomb. — 25 gram. de nitrate ou 50 gram.d’acétate basique de plomb, 250 gram. de solutiongommeuse, 25Û gr. de solution d’hyposulflte de soude.

Gris de mercure. — -10 gram. de sublimé corrosif,250 litres d’hyposulfite sodiqne.

Impressions plastiques. — Il ne faut pas con-fondre avec les méthodes qui précèdent celle qui. con-duit à l’application sur un tissu donné des matières co-lorées fixées au moyen de l’albumine ou du blanc d'œuf.

Il n’y a pas de réaction chimique, de teinture pro-prement dite dans ce genre qui prend actuellement unetrès-grande extension; le principe colorant est fixéparce qu'îl est enveloppé de toutes parts par une cutichargée d’albumine, qu’on porte ensuite à la tempéra-ture convenable pour la coaguler. On a tiré parti docette façon d’une foule de matières inertes colorées;