TEINTURE.
TEINTURE.
nous citerons le vert émeraude, le gris de fumée, lesphosphates de cobalt, le bleu dit outremer artificiel, etune série d’oxydes de toute nuance et de toute valeur;on imprime à la planche et au rouleau en une infinitéde couleurs soit à un, soit à plusieurs tons, ou surfond blanc ou sur fonds obtenus par voie de teinture,cependant généralement sur blanc.
On se ferait toutefois une idée fort inexacte de cegeuro de travail si Ton admettait que toute matièrecolorée, quelle qu'elle soit, peut être employée ; il fautd’abord une ténuité excessive qui permette à la pous-sière de pénétrer dans les tailles de la gravure; il fautensuite que la matière abandonne facilement le rouleaupour s’attacher aux fibres du tissu; or, bien peu dematières vitrifiées satisfont à cette double condition.
Pour donner une idée de l’importance de ce genre,il nous suffira de rappeler ici que la consommation del’albumine faite par les fabriques d’Alsace seules estd’environ 125,000 kilog. par an, ce qui représente37,500,000 œufs, c’est-à dire le produit de 250,000poules.
Ces relevés font comprendre l’intérêt qui s’atta-che à la conservation de l’albumine des œufs et auxrecherches qu’on a faites jusqu’à ce jour pour rem-placer cette matière par des substances équivalentes,toutes les fois qne cette substitution s’est trouvéepossible.
On dessèche le blanc d’œuf pour assurer sa conser-vation. A cet effet, on casse l’œuf et on sépare le blancdu jaune. En hiver et au printemps, quand les œufssont frais et la température peu élevée, on laisse reposerle blanc de deux à six jours, on le bat avec une spatuleet on le passe à travers un linge pour retenir les ger-mes et les impuretés. La dessiccation se fait cm éten-dant lo liquide dans des vases en zinc très plats po-sés sur des claies qu’on maintient à la températureconstante de 30 degrés. ï’our faciliter la séparation del’albumine sèche des plaques sur lesquelles elle s’estséchée, on essuie ces dernières avec un linge légère-ment graissé; on charge chaque plaquo d’un demi-litre ou 1 litre-de blanc ; la dessiccation se fait eu deuxou trois jours; vingt-quatre douzaines d’œufs donnentsix litres de blanc, 4 litres de jaune. On retire par ladessiccation 1 kilog. d’albumiuc sèche.
L’opération réussit le mieux en mars, avril et mai.Pendant Tété, lesœ-ds sont plus chers et le rendementmoins considérable.
On a proposé différentes matières pour remplacerl'albumine de l’œuf : nous citerons le sérum du sanget le frai, c’est-à-dire les œufs que les femelles despoissons déposent à certaines époques de Tannée enquantité très-considérable.
L’albumine du sérum s’obtient très-facilement, d'a-près M. Leucht, en décantant le liquide qui surnageles caillots du sang, après qu’on Ta laissé déposer dix àquinze heures. On sépare par un nouveau repos de six àdix heures,, dans des vases plats, un deuxième dépût. On«soutire et on dessèche à 40 degrés.
I.a partie du sérum qui resterait colorée est miseau repos et traitée par la colle de poisson, qui sépareles impuretés par une véritable coagulation. On remuele mélange et on laisse clarifier dans des vases deforme haute
L’albumine tirée du frai peut s’extraire du fraifceché, tel qu’on le trouvo actuellement dans le com-merce, du frai extrait du poisson nu moment de lapêche, et du frai des poissons salés.
Quand on traite le frai séché il faut le moudre gros-sièrement, l’arroser d'eau et décanter la dissolutionobtenue pour séparer un dépût ; on dessèche au-dessousde 40 degrés.
Le frai de poisson frais donne de l’albumine à meil-leur marché que les frais desséchés ou salés. Après
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l’avoir purifié et débarrassé du sang qu'il contient, aumoyen d’un lavage à l’eau, on l’écrase pour laisserdéposer le liquide obtenu; on décaute et on sèche àl’étuve jusqu’à 40 degrés.
Si Ton opère sur du frai salé, on lave avec de l’eaupour enlever l’excédant de sel ; on écrase ensuite pourfaire sécher, ainsi qu’il vient d’être dit.
D'après M. Dollfus, l’albumine du frai s’obtient avecfacilité et en grande quantité, mais le liquide obtenupar la compression des œufs est souillé d’une matièregrasse, qui représente quelquefois jusqu’à la moitié dupoids total du liquide. — Les résultats sont plus favo-rables quand on opère sur du frai récolté peu de tempsaprès la pêche; ils sont désavantageux, au contraire,quand ou fait usage de frai de poissons salés. Le pro-duit contient alors, outre la matière grasse, de l’albu-mine insoluble, et de plus il est coloré.
La matière grasse est un obstacle à l’emploi de l’al-bumine du frai, car elle enlève une grande partie del’adhérence que les couleurs doivent acquérir. Cet in-convénient est tel que M. Dollfus n’oserait proposeractuellement aux imprimeurs la substitution de cettematière à l’albumine des œufs. Toutefois, il conservel’espoir qu’en opérant sur du frai de poisson dissousau moment même de la pêche, on pourra, si Ton par-vient à séparer la matière grasse, rendre un grand ser-vice à l’industrie des toiles teintes et imprimées.
Ces détails nouveaux publiés par la Société de Mul -house sont trop récents pour avoir été présentés en leurplace. Nous tërminons, en les mentionnant ici, ce quenous avons à dire des rapports de la teinture avecl’impression.
§ XV. DES OPERATIONSqui suivent et terminent la teinture.
Lorsque les tissus ont reçu la teinture,sniten uni,soitavec dessins imprimés par les diverses méthodes aux-quelles Tindienneur a recours, on ne les met dans lecommerce qu’après les avoir séchés et apprêtés, quel-quefois même calandrés. Nous n’aurons pas plus àdécrire ici les opérations de l’apprêt ou du calandrageque celles relatives à la vaporisation. Les dernières sontdécrites à l’article impression sur étoffés. Quant auxpremières,nousleur avons consacré des articles spéciauxclans ce même Dictionnaire. A propos du dlanciii-ment, le lecteur a pu retrouver les méthodes employéespour l’apprêt, la dessiccation et le calandrage. Les ap-pai'eils dont on se sert pour sécher les tissus sont d’ail-leurs décrits d’une manière toute particulière à l’articleessorer, et le mot calandre complète les descriptionsdéjà données dans les articles déjà cités.
Nous devons nous borner à rappeler ici, sous formesuccincte, l’utilité de ces diverses opérations.
Les apprêts qu’on fait subir aux tissus blancs, im-primés ou teints, ont pour but d’ajouter du corps à lafibre, de rehausser l’éclat des couleurs, d’enlever lesplis et de lustrer les surfaces. On distingue, suivant lecas, des apprêts chimiques et des apprêts mécaniques.
Apprêts chimiques. — On emploie pour l’apprêt destoiles et des cotons l’amidon et la fécule, l’alun et lesavon, la cire pour le satinage; pour les soies, on faitusage de gomme et dedextrine; pour les laines, l’alundonne un avivage brillant.
Ces matières sont appliquées par le foulardagc oupar le bain de cuve. On sèche d’abord par expression,puis par dessiccation.
Pour exprimer l’excès de liquide enlevé par lesétoffes, on tord à la cheville, on comprime entre descylindres les tissus mis en boyau ou tendus en large,ou bien encore on so sert des hydro-extracteurs àgrando vitesse et force centrifuge.
La dessiccation se fait dans des séchoirs à l’air litre,
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