Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
650
JPEG-Download
 

650

TEINTURE.

TEINTURE.

dans les chambres chaudes, ou par «les cylindres danslesquels circule de l’eau chaude ou de la vapeur.

Apprêts mécaniques.—Le calandrage représente exac-tement l’opération du repassage d’une étoile plus oumoins empesée sur une grande échelle.

Le brillante de certains tissus est obtenu par unlissage qui résulte de la compression que l'étoile reçoiten passant entre deux cylindres, l’un en cuivre, l’autreen carton. Pour les autres on fait usage des machinesà lisser. Lorsque les tissus sont de laine, on les com-prime au moyen de presses en les séparant par desplaques chauffées par une circulation de vapeur.

§ XVI. ANALYSE DES COULEURSappliquées par teinture et impression.

Nous terminerons cet article par l’exposé des mé-thodes auxquelles il faut avoir recours pour recon-naître soit à titre de contrôle, soit à titre de rensei-gnement de toute autre nature, l’origine d’une tein-ture, lorsqu’elle estdéposée sur une étoffe donnée. Cetteétude est intéressante, elle est essentiellement chimiqueet de plus elle est utile à tout industriel tjui désire non-seulement surveiller sa propre fabrication, mais aussichercher à réaliser promptement les améliorations ouprogrès que ses concurrents peuvent produire.

Ici, comme dans toute recherche analytique, on doitfaire usage d’un petit nombre de réactifs qui par despropriétés caractéristiques soient des témoins fidèles.11 faut ensuite et préalablement établir des séries, afinde procéder par élimination, méthode infaillible etprompte.

En résumant les notions de teinture que nous avonsprésentées plus haut, nous pouvons établir de suite quela matière colorante fixée sur le tissu peut être :

Entièrement organique —- couleur se fixant par elle-même ;

Entièrement métallique — couleur purement miné-rale ;

Couleur formée par mélange de principes organiqueset de principes inorganiques — couleur ne se fixant quepar le concours d’un intermédiaire.

Or l’action de la chaleur nous permet de classer desuite une teinture donnée ; en effet :

1° Lorsqu’on incinère une étoffe recouverte d’unecouleur complètement organique, les cendres que laissel’échantillon ne 6ont formées que des cendres que letissu lui-même laisserait dans les memes circonstances.Et, comme contrôle, vu que le chlore et l’acide hypo-chloreux détruisent toute couleur animale ou végétale,l’étoffe doit se décolorer sous l’influence de ces agents'soit en devenant blanche, soit en présentant la couleurque la fibre prendrait sous l’influence de ces réactifs.

2° Lorsqu’on incinère une étoffe chargée d’une cou-leur purement minérale, on retrouve dans les cendresdu tissu la matière colorante on intacte, ou modifiéesuivant sa nature; il faut alors soumettre ces cendresà l’analyse ordinaire considérée dans sa plus grandegénéralité. Lorsqu’on a reconnu les éléments utiles dansla coloration primitive, l’action du chlore doit venir laconfirmer ; car la coloration résiste généralement à cetagent, et, dans le cas contraire, les modifications doi-vent être conformes è celles que présenteraient les élé-ments dont on soupçonne la présence comme cause dela coloration.

3° Lorsqu’on incinère un tissu coloré par une ma-tière organique en combinaison avec un oxyde métal-lique, on trouve que la matière colorée s’altère; onrecherche dans les cendres la matière métallique quia servi d’intermédiaire ; on la trouve par les procédésque le chimiste connaît : l’alumine, l’oxyde de fer,l’oxyde de chrome, l’oxyde d’étain se retrouvent faci-lement. Quant au tissu coloré, le chlore enlève ou mo-difie la nuance, et le tissu peut être, après lavage, i

essayé vis-à-vis de la garance, de la cochenille, duquercitron ou du campGche; lacoloiation nouvelle quel’étoffe prend à la teinture permet de contrôler les ré-sultats obtenus.

Nous allons actuellement faire connaître les résul-tats offerts par chaque matière colorante. Nous pren-drons les nuances simples, parce qu’il est toujours pos-sible de ramener à ces composés les nuances binaireset ternaires que la consommation peut avoir à juger.

Rouges.

1 er groupe. La fuchsine et le cartliame seuls scfixent sans auxiliaire.

2 e groupe. Le rouge de chrome et les iodurcs demercure, les sulfures d’antimoine et d’arsenic sont lescouleurs minérales qui peuvent être employées. Leschimistes savent les différencier.

3° groupe. La garance, le bois rouge, la coche-nille, la murexide doivent être classés parmi les rougesfixés par des intermédiaires.

Le rouge tiré de la fuchsine se décolore par les al-calis, il reparaît par l’addition d’acétate d’ammoniaque :il ne laisse pas de résidu par l’incinération.

Le rouge de carthame disparaît par le chlore ; il nolaisse pas de résidu par l’incinération; il est décolorépar les alcalis carbonates ou caustiques. Le jus de ci-tron dépose des flocons roses si le liquide est chargé domatière colorante.

Les rouges de garance et ceux formés par les dérivésde la garance passent au jaune ou au jaune orangéquand on les mouille par l’acide chlorhydrique. Si on lestraite après cette modification par un lait de chaux,on voit apparaître une nuance violette brillante quirepasse au rose par un lavage avec l’eau de savon.Quant aux cendres laissées par les rouges de garance,elles sont alumineuses ou tout à la fois chargées d’alu-mine et d’étain.

Les rouges au bois virent à la teinte groseille parl’acide chlorhydrique et le chlorure d’étain ; quand onpasse en chaux, il ne se forme qu’un violet peu stablequi disparaît en savon, sans reproduire la nuance rougeprimi tive.

Les rouges de cochenille diffèrent de ceux qui précè-dent, parce que l’acide sulfurique qui fait passer lespremiers au jaune orangé donne une coloration rougevif aux teintures dues à la cochenille.

Les rouges à la murexide se reconnaissent facilementà la présence d’un sel de mercure par lequel ils sontfixés ; la calcination qui dissipe à la fois tonte la ma-tière colorante et le sel de mercure rapproche la tein-ture en murexide de la couleur obtenue dd carthame ;les caractères distinctifs de cette dernière et la pré-sence du mercure dans la première ne permetent pas lamoindre confusion.

Bleus.

Il n’y a que l’indigo, les bleus de campêche et lebleu de Prusse qui doivent nous occuper ici : les bleusminéraux qu’on pourrait rencontrer comme le bleu ou-tremer (silicate alumineux mêlé de sulfure de sodium),les bleus de cobalt (silicate de cobalt, almninate decobalt, phosphate de cobalt et d’alumine, bleu Thé-nard ), triple silicate de cobalt, d’alumine de zinc etd’alcali (bleu persan), ne peuvent être appliqués quecomme impression plastique ou teinture mécanique, etd’ailleurs ils se retrouveraient dans les cendres à peuprès sans altération, sauf toutefois l’outremer qui pour-rait être complètement décoloré.

1 er Groupe. L’indigo posé comme indigo de cuveforme fe premier groupe, et se fixe sans intermédiaires.

2 e Groupe. Le bleu de Prusse peut faire partie dela seconde classe, caries éléments qu’il perd ne doivent