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TOURS COMPOSÉS.
TOURS COMPOSÉS.
TOURS COMPOSÉS et machines a graver et apcui/pter. Le savent Poncelet, dans son admirableétude sur l*liistoirc des inventions industrielles depuisla fin du siècle dernier, a repris la question des tourscomposés qu’avaient obscurcie, comme à plaisir, nom-bre d’auteurs d’énormes volumes remplis d’une foule dochoses, sauf del’exposé des principes mêmes sur lesquelsreposent ces appareils. Il l’a élucidée, en la traitant enmaître, et a encore rendu là un service à ceux qui sontheureux de profiter des excellentes leçons qu'il a sudonner sur tontes les parties de la mécanique indus-trielle, qui feront vivre son nom attaché nu granddéveloppement que cette science a reçu de nos jours.Nous lui emprunterons la majeure partie de cette étudeen cherchant à en rendre la conception facile par desfigures et des descriptions des principaux appareils.
§ 1 e ". Tours et machines a équipages
MOBILES.
Le tour usuel à pointes et poupées-supports fixes,le tour à mandrin et à collets on lunettes d’appui, quise réfèrent plus particulièrement à la rotation des corpsautour d’un axe fixe ou changeant; les divers chariotsmécaniques, les chariots à va*ct-vicnt cheminant surgalets, rails ou coulisses, qui, d’autre part, se réfèrentplus spécialement au glissement, à la translation rec-tiligne ou curviligne ; tes tours et les chariots, dis-je,considérés isolément, soit comme porte-objets destinés .à être façonnés diversement, soit comme porte-outilscoupant, rabotant, rodant, sciant, etc. ; les tours et leschariots enfin, tantôt simples, tantôt combinés entreeux on avec eux-mêmes, constituent les instruments detravail par excellence, des outils pour ainsi dire uni-versels. Ce sont surtout des instruments de précisionpour dresser les surfaces planes ou cannelées, façonnerles corps ronds et même les surfaces obliques ou ram-pantes autour d’un axe rectiligne. Ces dernières sur-faces, en effet, bien que privées du caractère rigoureuxde symétrie qu’on observe dans les corps de révolution,n’en sont pas moins susceptibles d’être exécutées avecrégularité et promptitude au moyen des organes élé-mentaires dont il vient d’être parlé, aidés de disposi-tions plus ou moins savantes et délicates, qui se lais-sent apercevoir clans les machines à raboter à mor-tniser, perforer, polir ou dresser; dans les machinesà scier, débiter les pierres ou les bois en dalles, enplanches plus ou moins minces; mais plus particuliè-rement encore dans les tours à guillocher, graver etsculpter, nommés tours à combinaisons, à portraits oufigurés.
Ces derniers tours, munis de mandrins porte-objets,comme le tour en l'air proprement dit, s’en distin-guent, on le sait, non-seulement parce que le mandrinn’v est point simplement fixé au bout ou bec de l’arbretournant, et comporte quelquefois une combinaison depièces nommées ovales, excentriques, pour sculpter,Tailler les objets suivant des formes elliptiques et épi-cycloïdales, mais eu ce que l’arbre lui-même est sus-ceptible de se mouvoir longitudinalement ou par glis-sement dans ses collets à poupées-supports fixes, outransversalement et parallèlement, avec ces collets etleurs poupées, par glissement, translation directe ourotation sur un châssis-support à charnières infé-rieures, elles-mêmes fixes. A cet effet, les tours dontil s’agit comportent extérieurement ou intermédiaire-inent, tantôt à l'extrémité opposée de l’arbre, tantôttransversalement à sa direction, des repoussoirs for-més jadis de contre-poids, aujourd’hui principalementde ressorts qui obligent cet arbre à s’appuyer sanscesse par une touche émoussée, soit contre des plansobliques ou des surfaces taillées e:i hélice, pour exécu-ter des surfaces rampantes, biaises, torses, etc., soitcontre des gabarits à couronnos de champ, à rosettes
ondulées latéralement ou extérieurement, et qui,montés transversalement sur l’arbre même du tour,obligent le mandrin à subir divers mouvements indé-pendants de celui de sa rotation propre, en face del’outil tranchant dont les biseaux variés, à supportintérieur ou latéral immobile, parcourent l’objet, letaillent suivant des contours ou des formes nommésproprement guillochis.
Mais ces différents tours, qui rentrent tous essen-tiellement dans la catégorie de ceux à combinaisons,ne sont pas uniquement employés pour l’exécution ri-goureuse de formes mathématiquement définies; ils lesont encore pour le tracé, la copie et la réduction defigures artistiques, sur le plan ou le relief, au moyende procédés qui constituent de véritables transforma-tions géométriques de ces figures, et nécessitent, parlà même, des transformations correspondantes domouvement, rentrant plus spécialement dans le do-maine de cette partie de la science que notre illustreAmpère a nommée Cinématique: transformations etcombinaisons qui, à dater du quinzième siècle, «ntaussi exercé le génie inventif du grand peintre Léo-nard de Vinci et des célèbres académiciens ou géo-mètres de Laliîre, de Lacondamine et Clairaut . C’estque, en efiet, ces tours et leurs analogues offrent unsujet intéressant d’études pour la richesse et l’élégancedes solutions géométriques auxquelles ils donnent lieu,et qui se rattachent, comme on sait, à l’antique pro-blème des épicyclcs, des courbes mécaniques et desmouvements relatifs sur le plan ou dans l’espace.
Le tour/envisagé dans son primitif état de simplicité,celui où une pièce déjà dégrossie ou arrondie, tournéepar une impulsion plus ou moins directe, sur des appuisfixes horizontaux ou verticaux, en présence ctsous l’ac-tion lente d’un outil que l’ouvrier transporte, promène1 succcssiv.ment le long d’un support fixe, parallèle àl’axe de rotation; dans cet état de simplicité, dis-je,le tour a dû être connu dès la plus haute antiquité, etc’est ce qu’attesteraient, au besoin, divers passages deVitruve , en tant qu’il s’agisse d’instruments à tra-vailler les objets de petites dimensions. Mais s’en ser-vait-on également pour arrondir le fût de certainescolonnes monolithes, les arbres de moulins ou enfinles vases précieux que nous ont légués les Grecs, lesRomains, les Chinois même des époques contempo-raines? Cela est tout aussi probable, pourvu encorequ’il s’agisse d’outils, de procédés mécaniques ana-logues à ceux généralement employés aujourd’huidans l’art du charpentier, du marbrier ou du potier ;soit que d’ailleurs la pièce elle-même tourne sous l’im-pulsion directe de manivelles à bielle, ou de tiraudesà main, de roues, de volants à pédales, etc. ; soit qu’aucontraire cette pièce restant fixe, l’outil soit dirigéau moyen d’un châssis à gabarit, à profil tournant surl’axe de symétrie de cette pièce.
Quant aux tours figurés et à combinaisons, néces-saires pour exécuter les surfaces rampantes, excentri-ques, ovales,à guillochis, etc., leur usage ne doit guèreremonter au delà du quinzième siècle, où le célèbre Léo-nard de Vinci , suivi à un siècle de distance par le Lyon-nais Jacques Besson et par Salomon de Caus , l’ingé-nieur français des princes palatins, y ajouta diversperfectionnements ou artifices auxquels le célèbre ma-thématicien et médecin Jérôme Cardan lui-mêmen’aurait point été étranger, d’après les auteurs italiens,et qui prouvent tout au moins qu’on avait senti dèsle seizième siècle le besoin de découvrir quelque pro-cédé mécanique pour exécuter sur le tour les objetsd’une forme différente de celles des corps de révolu-tion, notamment les surfaces rampantes et à sectionselliptiques quelconques.
Au surplus, la plupart de3 tours à combinaisons,avec axes et mandrins diversement mobiles et tu.s