TOURS COMPOSÉS.
TOURS COMPOSÉS.
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qu’on en employait dans les d> ux derniers siècles, cestours rentrent dans la classe de ceux qui étaient bienplutôt destinés à exercer la patience de nos ancêtresqu'à développer leur industrie manufacturière ou ar-tistique, et, si l’on en juge par les modèles exposés auConservatoire des arts et métiers , ainsi que par lesplanches des ouvrages de Plumier, de Bergeron et dutome X (I772) de la grande {Encyclopédie, il est toutmi moins douteux qu’ils aient appliqué le tour ram-pait à d’autres matières que l'ivoire, le buis, etc.,clans des proportions naturellement très-petites ; cequi doit s’entendre également des tours à rosettes et àcouronnes servant à guillochcr, et où l'on employaitcxclusivcmcn^les supports à outil lixes. On peut voirdans ces ouvrages ce qu'étaient devenus, à la fin dudernier siècle ou au commencement de celui-ci, cesdifférents tours, et combien on était loin encore d’y fairemarcher automatiquement l'outil, comme Besson l’a-vait anciennement tenté, au moyen d’une longue barrehorizontale supérieure et parallèle à l’axe de rotation,portant une coulisse ondulée où l’ouiil pouvait occuperdes positions diverses, tandis que la barre elle-même,susceptible de descendre et de monter alternativementdans d’autres coulisses verticales, y était animée d’unva-et-vient horizontal, déterminé par des guides ouplatines de soutien tournantes, découpées en rosettes,en ovales, de dimensions et situations identiques, etdont les plans inclinés, parallèles, étaient fixés surl’arbre même du tour, extérieurement et symétrique-ment, par rapport à ces poupées.
L’obscurité des termes et de la ligure explique le dé-dain qu’en a fait Plumier dans la préface de son Traitésur le tour , dont la seconde édition contient d’ailleurs,sous forme d'appendice , les mémoires déjà cités deLacomlamine, ainsi que la description du rabot servaut à guillochcr les manches de couteaux, attribuéaux Anglais , et dont le porte-outil, conduit par unelongue vis suivant l’angle de la pièce ou du manchemonté sur un arbre à rayon et cadran diviseur, est di-rigé dans ses excursions verticales par un gabarit quioffre quelque analogie avec le dispositif, un peu vague,adopté par Besson. On a bien plus lieu encore d’etr>surpris que Plumier et son imitateur Bergeron aientaccordé si peu d’attention aux tours à outils mobilesvéritablement automatiques et dont il existait pourtantà leur époque un remarquable exemple dans la ma-chine à copier et réduire les médailles, d’origine très-ancienne, incontestablement allemande, mais qu’ilsmentionnent à peine, et dont les planches 43 et sui-vantes de VEncyclopédie de 1772 offrent un spécimend'autant plus digne d’intérêt qu’elles appartiennent àune forte machine construite entièrement en fer, aveclu perfection que comportaient les tours à plusieursfins ou à combinaisons multiples dont ou voit diversmodèles au Conservatoire des arts et métiers de Paris :parmi ces modèles, on admire surtout le tour à guillo-chcr de Merklein, construit en 1780 pour Louis XVI ,et celui à portraits donné par le czar Pierre le Grand ,sans autre indication d’origine, mais qui, remontant àune date de beaucoup antérieure, peut servir à consta-ter le point où on était déjà arrivée la construction dece genre d’outils en Allemagne .
Pour faciliter Pintelligeucc de ce qui précède, jodonnerai ici les figures et les descriptions du tour ovaleet du tour à guillochcr.
Le tour ovale ou elliptique consiste dans une dispo-sition particulière du mandrin porte-objet dont nouschercherons à donner une idée nette. Ce mandrin con-siste en trois parties : le plateau, le chariot glissant,enfin l’excentrique. Le plateau est assemblé avec lemandrin par une vis (lig. 3741 ) de manière à prendrele même mouvement que celui-ci. La face du plateauporte deux guides t, i, maintenant le chariot glissant gh,
portant en son centre la vis saillante h sur laquelle semonte le mandrin de bois qui porte la pièce à façon-ner. Le mouvement do glissement qui apparaît avec lemouvement de rotation est produit par le moyen d'uncercle excentrique (fig. 3742) en laiton attaché à lapoupée du tour et à travers lequel passe librement lavis d’assemblage qui passe par l’ouverture l; le châssism, qui porte le cercle dont il vient d’être parlé, est fixépar deux vis placées en face l'une de l’autre, dont lapointe entre dans deux petits trous ; le dessous du châs-sis repose sur la surface plate c. Ces deux vis sont ho-rizontales et leur direction commune rencontre l’axe.
3741. 3742.
1 ,
v
iiusit
3743. 3744.
En faisant avancer une des vis et reculer l’autre, onpeut obtenir des excentricités variables. Le plateauporte deux rainures parallèles à la longueur du chariot,destinées à laisser passer librement deux vis qui as-semblent les deux pièces d’acier parallèles entre elles,dontl'écartcment est égal au diamètre du cercle qu’ellespressent, forçant ainsi le chariot à suivre scs mouve-ments, à se déplacer en raison de son excentricité.
La grandeur d’excentricité, la différence entre legrand et le petit axe, résultent donc clairement de laposition du châssis ni», qui agit comme une véritableexcentrique circulaire, et c’est la combinaison de cemouvement avec le mouvement circulaire qui engendrela forme ovale fort utile pour les arts ; ce qui rend cotour très-précieux pour nombre d’industries qui enfont grand usage.
Tour à guillochcr. — Le tour à guilloeher fournit lemoyen d’obtenir des décorations, des tracés de courbesentrelacées, à volutes symétriques, très-propres à l’or-
nement dans une foule de cas analogues à celui que re-présente la figure 3745, exécutée avec ce tour, notam-ment pour la gravure peu profonde d’une foule de