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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TOURS COMPOSÉS.

TOURS COMPOSÉS.

ge trouve reproduite, d'une manière, à la vérité, im-parfaite, la description d'un tour à médailles (confrc-fait-icerks ), extraite d'un autre livre publié en 1710,par Jean-Martin Teubers, de Ratisbonne , dont lafamille s’était, depuis plus d’un siècle déjà, acquisune certaine célébrité dans l'art du tourneur auguillochis, art qui s’était singulièrement propagéà Nuremberg , la patrie des jouets mécaniques, etc.On y aperçoit, en effet (pl. 80), l’arbre à roue motrice,cordon sans fin, etc.,‘parallèle à celui du mandrin, munià ses extrémités de la médaille à copier et du disqueà graver; les deux tambours, à diamètres inégauxd’après l’échelle de réduction, où s’enroulent les petiteschaînes horizontales qui servent à faire mouvoir, avecla lenteur indispensable et du centre à la circonférencedes médailles, la touche-repoussoir de l’arbre du man-drin , lui-même retenu par une lame de ressort hori-zontale, et l’outil à grain d’orge servant à entailler cir-culaircmcnt ou en spirale l’objet fixé au bout opposé;enfui les petits chariots ou traîneaux porte-touche etporte-outil, glissant de part et d’autre de l’arbre dutour dans des coulisses horizontales parallèles, et quesollicitent des contre-poids de recul remplacés par desbascules à ressort dans le tour moderne et plus parfaitde l’ Encyclopédie . Ce dernier tour comporte, en outre,comme je l’ai dit, des équipages de rosettes ou de cou-ronnes multiples, le tout surmonté, vers le haut, d’uneroue motrice verticale, à cordon sans fin croisé et visde tension, avec volant régulateur et imyiivelle con-duite par une tiraude qui sert à donner le mouvementautomatique à l’ensemble muni d’ailleurs d’un équi-page do roues dentées et de vis sans fin, enferméesdans une boîte, sur l’un des cotés de la machine, pourralentir au besoin, et dans une proportion convenable,la vitesse relative des divers organes du tour à por-traits : des combinaisons analogues, mais sous desconditions mécaniques moins parfaites, existent dansles tours de Martin Teubers et de Pierre le Grand , qui,sans nul doute, ont donné lieu aux tours à guillocher,à graver, à sculpter modernes, où, à l'inverse de cequi •se faisait auparavant, l’outil est conduit d’unemanière purement automatique, tandis que l’arbre dumandrin, tournant sur lui-même, est maintenu immo-bile dans ses collets.

Au surplus, je ne dois pas laisser échapper l’occa-sion de faire remarquer , avec M. Willis , que lesplanches 37, 38, 84, 85, et 86 de l'Encyclopédie (t. X, 1772) comportent une collection de porte-outilstournant, glissant en différents sens et munis de cou-lisses, de manivelle, de vis de réglage, etc., qui mon-trent que ce n’est point aux artistes de l’Angleterre,aux célèbres Joseph Bramah et Henry Maudsîay no-tamment, que nos ateliers sont redevables de cesingénieux et utiles appareils, qui, susceptibles d’êtreadaptés à vis et écrou en un point quelconque de l’éta-bli d’un tour, rendent à cet égard les plus grands ser-vices; mais ce qui paraît leur appartenir en propre,c’est, il faut bien le reconnaître, l’usage de ce mêmeappareil comme support à chariot (slide-rest), glissantle long de tiges ou coulisses en fer dans les tours pa-rallèles à travailler les métaux ; encore doit-on ne pasperdre de vue qu’on s’est servi dans le dernier siècle,en France , de moyens analogues pour diriger sponta-nément la course du chariot porte-outil, moyens dontM. Willis fait remonter le premier exemple à l’année1648, où le R. P. Magnan, minime de Toulouse , lemême dont Plumier parle avec éloge dans la préfacede l’Art du tourneur sans en citer les ouvrages, publiaà Rome les dessins de deux tours fort curieux pourexécuter automatiquement les surfaces de miroirs mé-talliques, sphériques, lij'perboliques ou plans. Or, lesAnglais ont eu l’incontestable mérite d’étendre lesapplications de ce genre d’outils à leurs grandes mu-

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chines à aléser, tourner, fileter les fortes pièces defonte ou do 1er, machines dans lesquelles l’équipage achariot est conduit parallèlement, d’une manière vrai-ment spontanée, par un système d’engrenages à rouesfixes de rechange ou quadrature, à crémaillère ou àchaîne sans fin ; mais cela n'Cte rien au mérite des ori-ginales conceptions des Nicolas Focq, des Lelièvre,des Gédéon Puval, des Taillemard, des FerdinandBcrthoudet des Caillon, ni même à celui des combi-naisons, en quelque sorte inverses, par lesquelles lesPlumier, les Grandjenn, les Frédéric Japy et autres ontimaginé de tailler de petites vis cylindriques ou coni-ques, en imprimant à l’arbre du tour un mouvementdirect en hélice, au moyeu de vis mères, de plans in-clinés mobiles avec la roue motrice* etc.

Tours anglais . — La limite que je me suis imposéerelativement aux anciens tours à guillocher, dont l’u-sage, remontant au moins au dix-septième siècle, fut,pour ainsi dire, délaissé vers la fin du dix huitième, àcause de leur extrême complication, puis repris au com-mencement de celui-ci, sous des formes et des combi-naisons plus simples, plps délicates et jouissant d’un vé-ritable caractère automatique, cette limite ne doit pasm’empêcher de rappeler ici, d’après le témoignage denotre collègue, M. Séguier, aussi habile qu’éclairé dansl’art difficile de tourner, que MM. lloltzappfel et Deyer-lein, de Londres , avaient, en 1825, fait un excellentusage du support à chariot porte-foret des ancipns tourspour guillocheret sculpter, par des recoupements régu-liers, variés à l’infini au gré de l’artiste, divers objetsde tabletterie, au moyen d’outils trempés, de formes di-verses et tournant avec vivacité sons l’action d’uncordonnet sans fin substitué à la manivelle motriceautrefois directement conduite à la main. Mais ce quidistingue particulièrement ce nouveau genre d’ou-tils des anciens et puissants tours à guillocher, c’estque l’équipage à chariot y est dirigé, orienté d’unemanière précise et géométrique, par une règle à cou-lisse graduée, une vis micrométrique et un cercle ouplateau diviseur, qui, sous la main d’un intelligent ar-tiste, lui permettent d’occuper toutes les positionsobliques ou symétriques par rapport à la matière qu’ils’agit d’attaquer, montée elle-même sur un tour ouporte-objet ordinaire, et par là découpée en creux ouen relief, d’après des combinaisons fort remarquables,mais également géométriques.

D’ailleurs, cet instrument, nommé, improprementpeut-être, tour anglais , avait été précédé ou suivi dequelques antres appareils ou chariots géométriques ana-logues, proposés par J.-II. Ibbctson, en vue de graver,buriner légèrement, sur différentes matières, des fi-gures en ovales, en conchoïdes, en épieyeloïdès, etc.,entrecoupées, recroisées de diverses manières, et (piirappellent celles obtenues autrefois sur le tour excen-trique ou les instruments traceurs de Lacondamine, deSuardi (plume géométrique), etc., chariots, on doit ledire, entièrement dirigés à la main, et dont M. Ibbet-son prétend avoir réalisé les combinaisons principales,de 1817 à 1820, pour s’opposer à la contrefaçon desbillets de banque, mais qui, ayant été par lui commu-niquées en 1829 à MM. lloltzappfel et C ie , de Londres ,auraient été ajoutées à leurs catalogues de tours d’a-mateurs.

Nous donnerons ici la description du mandrin excen-trique d’Ibbetson dont nous trouvons la description,dans un ouvrage.

Sur une plaque de cuivre suffisamment épaisse sontfixés, nu moyen de vis, deux guides en acier (fig. 3748et 3749) guidant le mouvement de glissement d’unchariot, susceptible.de prendre un mouvement de rota-tion, maintenu d’ailleurs surla plaque par un tenon quetraverse une vis h qui le fait mouvoir à volonté etdéter-