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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TOURS COMPOSÉS.

TOURS COMPOSÉS.

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mandrin mobile et outil fixe. Employé autrefois prin-cipalement ii guilloclier les faces planes des tabatières,des boîtes de montre et objets similaires, il ne tardapas à l’être à la gravure en taille-douce des planchesde cuivre pour l’impression des étoffes peintes; gravurequi, née en France ou en Suisse , fut bientôt, comme onTa vu encore, étendue, perfectionnée dans ses applica-tions aux manufactures de l’Angleterre. Malheureuse-ment la 2 e édition du Manuel de Bergeron, publiée pouaprès l'époque où s'opérait une si utile transformation,ne contient sur ce sujet que des indications fort vagues,et tout à fait insuffisantes, dansles sections III et IV duchapitre VIII (p. <13 à 423), où, en donnant dans laplanche 5M un spécimen de ce que, en 1816, Ton sa-vait faire de mieux en ce genre an moyen du tour àguillochis et de la machine carrée , le texte nous apprendque l’auteur de cette planche, feu Collard, l’un desartistes guilloclieurs les plus distingués d’alors, enavait obtenu des figures gravées directement sur lecuivre par des procédés divers, dont le plus remar-quable était sans contredit celui de la figure 16, desti-née à représenter deux têtes en bas-relief, au moyen detailles, de traits également fins, ondulés suivant laforme et la saillie du modèle. Ce procédé, purementmécanique, est indiqué par Collard même en cestermes : <* Le profil, figure 16 se fait sur la machine« carrée au moyen d’une vis de rappel adaptée au« porte-touche et divisée comme la vis de rappel du« support. En faisaut avancer la touche sur une mé-« daille mise en place de la règle et dans la même pro-« portion que l'outil qui coupe, on peut couper en<« taille-douce toute sorte de sujets. Non-seulement ce«< moyen est propre à figurer le plan des sujets qu’il« représente, mais il a l’avantage de figurer les bas-« reliefs par l’illusion des effets de la lumière. »

Il est évident qu’ici Collard entend parler d’unemachine restée inédite, d’une constitution fort simple,dont l’outil et la touche marchaient automatiquement,et non pas de la machine carrée que Bergeron avaitprécédemment (1793 à 1796) décrite dans la premièreédition du Mauuel. Cela, joint au peu d’encouragementcommercial que ce genre de produits reçut avant ouaprès l’édition de 1816, explique comment la gravureen taille-douce d’après le relief, improprement nom-mée aujourd’hui gravure numismatique, est demeuréeen oubli pendant plus de quinze années, au bout des-quelles l’apathie du public et des artistes fut enfiu sti-mulée chez nous par le succès des Américains et desAnglais dans ce nouvel art, qui, sauf le perfectionne-ment des outils et du mécanisme des machines, ne pa-raît pas avoir subi des modifications bien essentielles.

Quant à l’ancienne et soi-disant machine carrée,réduite au simple rôle de buriner des lignes droitesou ondulées sur des plaques de cuivre, elle ne pouvaitêtre préférée par les graveurs en taille-douce à l’in-génieux et léger instrument imaginé en 1806 parConté, réalisé par Gallet, pour l’exécution des plan-ches dft grand ouvrage sur l’Égypte , dont les ciels,les eaux, les faces de monuments, exigeaient letracé d’une multitude de lignes droites ou onduléeséquidistantes, à -écartements et finesse gradués; ins-trument constitué d’une simple équerre en cuivre àdeux branches, dont l’une, dirigée par une vis à ca-dran et aiguille micrométrique, marche parallèlementà l’un des côtés de la table, tandis que l’autre che-mine perpendiculairement, munie d’un chariot à cou-lisses portant, selon les cas, ou le diamant pour en-lever légèrement le vernis à la surface de la plancheexactement maintenue, ou la pointe sèche à ressortpousseur pour entamer le métal à la profondeur vou-lue, ou enfin la molette à lignes ondulées, bientôt rem-placée à moins de frais par une réglette en cuivreservant à diriger le porte-outil du chariot; régletteC.

aujourd’hui fabriquée expéditivement et avec beau-coup de précision au moyen d’une petite machineautomatique, tout au moins perfectionnée par M. Bar-I rèro, et dont la fraise et le porte-outil tournant exé-cutent des révolutions très-rapides en face de plu-sieurs de cos lames superposées, serrées entre lesmâchoires d’un chariot à coulisses mené, horizonta-lement et transversalement a la fraise, par une longuevis, dont l’exécution a besoin d'être parfaite pour lasuccession régulière et identique des diverses brandiessinusoïdes des lames, variables ù l’infini de forme etde proportion, au moyen d’un compteur servant àrégler les avancements du chariot, etc.

Je n’ai parlé ici des machines à diviser les instru-ments de physique que pour faire mieux apprécier lecaractère de précision que M. Porreaux a su apporterà sa machine à graver de l’Imprimerie impériale, dontil a aussi disposé le mécanisme de manière à pouvoir,au besoin, obtenir très-facilement, par le tracé del’outil mobile, la représentation, en plans, des bas-reliefs, que d’autres avaient depuis longtemps tentéeavec succès d’après l’ingénieux système de Collard.Ce système, de même que l’instrument traceur deConté et ses dérivés immédiats, ne constituaient pasen eux-mêmes des machines automatiques, et il fautremontera l’époque de 1830 à 1832 pour les États-Unis d’Amérique ou l’Angleterre, et à celle de 1833à 1834 pour la France , afin de retrouver la trace, silongtemps perdue, des anciens travaux de Collard ;travaux que M. Collas, l’un des plus ingénieux ar-tistes tourneurs de Paris , a remis en honneur cheznous dans l’importante publication du Trésor de nu-mismatique , ouvrage où les médailles sont imitéespar la taille-douce avec une vérité d’expression, unedégradation de nuances et de tons généralement ad-mirées des amateurs, qui, s’attachant exclusivementau résultat final et artistique, s’inquiètent assez peude savoir si les figures tracées au diamant ont reçu,après coup, des retouches au burin, des applicationsd’ombres par l’approfondissement de certains traits àl’eau-forte, ni même si elles n’ont pas subi une légèredéformation résultant du déplacement général dessaillies du relief, de la droite vers la gauche, ou de lagauche vers la droite, etc., selon le sens même danslequel s’effectue l’opération mécanique qui, en réalité,consiste en un rabattement de diverses tranches pa-rallèles du relief ou profils perpendiculaires au fondplan de la médaille. Dans toutes les machines enusage, celle-ci, marchant parallèlement à elle-mêmeet de quantités égales sous l'action intermittented’uue vis à pas micrométrique, est, en effet, parcourueà chaque fois, transversalement et rectiligncment, parune touche à pointe mousse et ressort pousseur, dontles alternatives d’abaissement ou d’élévation, le longdu relief, mettent en jeu un système de tringles, dobascules à leviers coudés oscillant, tournant autour deleurs axes d’appui respectifs ; alternatives elles-mêmestransmises au porte-fourreau du burin, à pointe dia-mantée traçante, placé à l’autre bout de l’appareil,où il décrit une série correspondante de lignes on-dulées sur la planche à graver, qui, à son tour,marche parallèlement, de quantités rigoureusementégales aux précédentes et subordonnées à la marchemême de la vis micrométrique principale, à déclic etrochet, dont les propres alternatives sont mises enharmonie avec le va-et-vient du chariot porte-louche.

Dans le système anglais qu’indique l’ouvrage siconnu de M. Babbage, la médaille et le cuivre à gra-ver, mus toujours et respectivement de quantités égaleset parallèles, étaient placés dans des plans différents,rectangulaires outre eux, et l’opticien John Bâte, deLondres , s’était, à ce qu’il parait, des 1831, créé uneméthode pour éviter les inconvénients résultant d’une

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