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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TOURS COMPOSÉS.

TOURS COMPOSÉS

trop grande saillie du relief. Mais, d'après le peu qu’endit le savant professeur de l’université de Cambridge ,rien ne prouve qu’il s’agît là d’autre chose que d’unprocédé restreint de correction obtenue par un tâton-nement tel que l’expérience en suggère aux artisteshabiles, et ressortant des moyens memes fournis parla marche de l’outil ou de la touche à inclinaison va-riable dans cette sorte de machine. Ce qui tendrait àle prouver, c’est, d’une part, que M. Frecbairn apublié en 1840, c’est-à-dire huit ans après l’apparitionde l'ouvrage ci-dessus, une grande carte topogra-phique représentant le relief des Pyrénées , et qui,exécutée d’après les procédés de M. l>atc, paraîtoffrir encore partiellement le caractère de déformationdont il vient d’être parlé; d’autre part, c’c&t queM. Babbage n’a pas cru superflu d’indiquer un moyend’atténuer, dans un rapport variable, les trop grandessaillies du relief ou des tranches rabattues, tout eninsistant sur d’autres modes do représentation, quiconsistent, soit dans un système à pantographe où lalargeur des traits, l’enfoncement du burin, varieraientproportionnellement aux saillies du modèle, soit dansla reproduction du relief, au moyen de tranchesplanes horizontales et équidistantes, d'après le prin-cipe des ingénieurs topographes.

Toutefois, il semble qu’on obtiendrait plus dechances encore de succès, si l’on substituait au sys-tème des tranches horizontales, dont il vient d’êtreparlé, la projection, sur le plan qui sert de base aurelief, de tranches également équidistantes, mais in-clinées toutes, d’un même angle approprié à la saillieet à la nature des objets. Sauf, en effet, les difficultésd’exécution mécanique, les résultats d’une telle mé-thode, déjà anciennement soumise à des essais pure-ment graphiques par un ingénieux et savant professeurdes dessin aux Écoles de services publics, M. Bardin,de tels résultats seraient particulièrement aptes àreprésenter les ondulations du relief des corps, enévitant cette déformation, ce déplacement apparentde leur ensemble, qui, pour les médailles à sailliesun peu prononcées, mais surtout pour les objets d’or-nement à formes régulières ou mathématiques, de-vient intolérable dans le système ordinaire de lagravure dite numismatique, où le resserrement natureldes lignes du dessin dans la descente de la touche, etleur écartement dans son ascension sur les parties enrelief, donnent lieu à nue opposition naturelle d’ombreet de lumière d’un effet vraiment merveilleux, maisqui ne sc reproduirait plus aussi bien pour la projec-tion orthogonale de tranches planes obliques.

Quanta la machine réalisée en 1833 par M. Collas(voir gravure), elle se distinguo des précédentes àplans rectangulaires en ce que le bas-relief et laplanche à graver sont mobiles aussi parallèlement, desens contraires, surnn plan horizontal formantlcdessusd’une table solide surmontée de la barre à coulisse fixe,dont le chariot à va-et-vient entraîne parallèlementles équipages de la touche et du burin; ce qui amène,pour tous les cas, une très-grande simplification danslo jeu des divers organes mis en action, d'un côté parune manivelle, d’un autre, par l’appareil à rocliet etdivisions conduit à la main. Cette machine comported’ailleurs des moyens non moins simples de souleverle poinçon aux retours du chariot, et de faire varier,entre certaines limites, et l’inclinaison du porte-toucheou des tranches planes du relief, et la proportion dessaillies ou ordonnées de ces tranches par rapport àcelles qui les représentent sur le dessin : un simpledéplacement des porte-touclie et burin sur le levier àbascule qui règle les excursions permet ainsi de ch anger à volonté le mode de représentation du relief parle rabattement, le transport parallèle de ses tranches.

D’un autre côté, M, Barrère, l’habile mécanicien

dont j’ai plusieurs fois parlé, adoptant, il y a près doquinze ans. le système ancien à deux plans rectan-gulaires conduits, parallèlement à leur intersectioncommune, par des vis à action intermittente, gra-duelle et solidaire, l’un, horizontal, portant la plancheou le marbre à graver, l’autre, vertical, portant lamé faille ou sa copie, M. Barrère, dis-je, imitant encela le système des petites planeuses de Whitworth àfourche oscillante que conduit un bouton de manivelleà curseur, imprime, au chariot à coulisses horizontalessoutenant à la fois la touche et le burin, un retouraccéléré qui produit une notable économie de tempset s’applique, de même, au va-et-vient parallèle duchariot à coulisse et porte-planche inférieur, par uneseconde tringle ou bielle, dont l’articulation, fixéeplus près ou plus loin du centre d’oscillations de lafourche, permet de faire varier, dans un rapportdonné, l’étendue relative de la course de ces deuxchariots, et par conséquent la grandeur même desréductions qu’on n’obtenait auparavant qu’à l’aided’une réduction préalable des médailles par les moyensqui seront indiqués ci-après.

Ajoutons que le chariot porte-touche et outil estsurmonté de deux volets à charnières et à ressorts-repoussoirs, dont les châssis mobiles,* liés entre euxparallélogrammiquemcnt, reçoivent séparément, àleurs traverses supérieures, la touche et le burin,également susceptibles de diverses inclinaisons pour lerefouillement des creux, mais incapables, d’après lanature du système, d’apporter aucun changement ap-préciable dans le mode de représentation des tranchesplanes du relief. Néanmoins, ici encore la saillie de cestranches peut être réduite sur le dessin, dans un rap-port arbitraire, par le rapprochement du porte-touche àl’égard delà charnière de rotation ; rapprochement indis-pensable dans la machine Barrère, quand il s’agit d’opé-rér la réduction même des médailles sur la planche àgraver.

En se reportant à ce qui a été dit ci-dessus desavantages géométriques inhérents à la projection rec-tangulaire d’un système de sections obliques et équi-distantes, qu’on obtiendrait sur le relief en inclinant,d’un angle invariable convenablement fixé pour chaquecas, soit le plan même de la médaille, s’il s’agit de lamachine Barrère, soit la direction propre de Taxe duporte-touche, s’il s’agit de la tige conductrice à levierscoudés de la machine Collas, il est facile d’apercevoircomment le moyen de réduction dont il vient d’êtreparlé en dernier lieu pourrait faire obtenir, sur le planmême du dessin ou du cuivre à graver, non le rabat-tement, mais cette projection exacte des tranchesobliques du modèle, dont on diminuerait les sailliesou ordonnées respectives dans la proportion constantede l’unité au cosinus de leur angle d'inclinaison surle plan du bas-relief. Or, on arriverait à ce résultatpar des modifications très -simples apportées au jeu del’une ou de l'autre des machines ci-dessus, sans quepour ce’a, évidemment, il soit nécessaire de rienchanger au mode ni à l’égalité des avancements pa-rallèles des deux plans sous l’action intermittente etsimultanée de leurs vis, poulies ou chaînes conduc-trices, non plus qu’aux oscillations transversales duporte-outil et du porte-touche. Il y a plus, au lieu derecourir à la réduction des ordonnées, ou déplacementsobliques de la touche d’après la proportion du cosinus,ou pourrait terminer l'extrémité postérieure de l’équi-page de cette touche par un talon ou retour rectiligne,dirigé perpendiculairement au plan du bas-relief, etqui imprimerait à une tige parallèle à ce même planun mouvement ondulatoire dont les excursions seraientrépétées par l’outil au moyen d’un mécanisme ap-proprié à la nature de la machine.

En terminant ce qui concerne ce sujet, dont l’im-