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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TOURS COMPOSÉS.

TOURS COMPOSÉS.

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portance, au point de vuegcométrique et artistique, ne |saurait être mise en doute, je ferai observer que, dansla machine Collas, l'inclinaison à 4’j° du porte-louchesur le plan horizontal du relief est aussi susceptiblede donner une projetion exacte des tranches corres-pondantes; ce qu’explique la nature particulière del’appareil, dans lequel les excursions de la touchesont transmises au burin par une tringle munie dedeux leviers égaux et coudés à angles droits. Pourtoute autre inclinaison du porte-touche, la proportionde la saillie des tranches à celle des rabattements estaltérée dans un rapport invariable, il est vrai, maisdifférent de celui de l’unité au cosinus de l’angle decette inclinaison ; et c’est ce qui avait lieu aussi, h cequ’il paraît, dans la machine de Bâte, où la transmis-sion des déplacements de la touche au burin se faisaitpar des combinaisons fondées principalement sur unsystème de poulies et de cordons ou chaînettes derenvoi.

Enfin, je ne saurais passer sous silence une autrepetite et élégante machine à deux pointes diamantées,servant, à volonté, à graver sur pierre ou sur cuivredes lignes parallèles droites ou ondulées, des figuresde médailles, des bordures à entrecoupements micros-copiques, etc., due au talent inventif de M. Bar-rère : elle offre une remarquable simplification de sesconceptions antérieures relatives à la gravure desbillets de banque, et, à ce titre comme à celui de lafacilité de conduite, du bas prix et de l’excellenteexecution, elle paraît aujourd’hui assez généralementadoptée par les lithographes et les graveurs en France et à l’étranger, à qui elle rend les plus grands services.

Fouvla caractériser en deux mots, il me suffira dedire que le corps de cette machine, établi au-dessusdu mandrin horizontal d’un tour, rendu à volonté fixe,ovale ou excentrique, comprend la planche ordinaireù chariot vertical, porte-modèle ou bas-relief, le cha-riot porte-tonelie et outil, ainsi que leurs équipagesaccessoires ou moteurs, le tout monté sur des railsà coulisses transversales fixes, et accompagné laté-ralement d’un petit équipage à roues dentées de re-change, faisant mouvoir horizontalement, au sommet,un bouton d’excentrique, qui, au moyen d’un systèmede tringles et de bascules de renvoi, transmeta l’é-quipage meme du porte-outil le mouvement oscilla-toire destiné à produire les vignettes, etc.

Tours à portraits. — Machines à sculpter. — Lagravure dite numismatique, sur laquelle nous avonsbeaucoup insisté à cause de la célébrité qui lui aété justement acquise par les travaux de l’ingénieuxM. Collas, plus intelligent et habile artiste encore quemécanicien et constructeur, ce genre de gravure nousramène forcément au tour automate à portraits deVEncyclopédie» Or, il est à remarquer qu'à l’époquede 1772, et postérieurement encore, son emploi offraitde grandes imperfections, tant à cause des difficultésdu pointage rigoureux de la touche et du poinçon bu- jrineur, par rapport aux centres de rotation des mé- jdailles en coïncidence exacte avec l’axe mathématique jcommun aux mandrins opposés du tour, qu’eu raison ide la surveillance continuelle exigée de la pnrt d’unouvrier intelligent, habile meme, pour faire avancergraduellement, à l’aide d’une vis miorométrique, letaillant de l’outil, qui, malgré tous ses soins, laissaitsur les médailles une suite d’empreintes, d’inégalitésspirales, qu’on ne pouvait faire disparaître qu’aprèscoup, au moyen d’un rodage à la brosse et de retouches iqui ne sont pas sans exemple, aujourd’hui encore, ;dans les tours perfectionnés de cette espèce. Ces der- :mers tours, d’ailleurs, s’ils n’ont plus l’inconvénient !de ne fournir que la contre-épreuve des coins et mé- :dailles comme les machines allemandes, en conserventd autres assez fâcheux au point «le vue artistique,

mais nonobstant lesquels ils continuent, bien plusqu'on ne se l'imagine ordinairement, à être employésdans les ateliers monétaires, tout au moins pour lareproduction, réduite ou amplifiée et en ébauche, duburin de nos plus célèbres artistes.

Je ne m’étendrai pas ici sur l’ancien tour à portraitsde Lacondamine, qui ne peut guère servir qn’à tracerisolément et linéairement des figures planes au moyendeplatines, de rosettes cylindriques, biaises on droites,si ce n’est pour faire remarquer que ce tour constituevéritablement par lui-même une machine à outil au-tomate, qui, d’après la combinaison de scs rouages etla rotation distincte des deux figures dans un mêmeplan, a pu conduire au tour moderne à réduire lesmédailles, le même que Ilameliu-Bergeron attribue,on ne sait trop pourquoi, au fils du célèbre P.-C.IIulotqui laissa inachevé Y Art du tourneur mécanicien y dont,comme ou l’a vu, la première partie seulement futpubliée en 1770 par l’Académie des sciences , tandisque le fils, attiré en Angleterre par Georges III , vers1766, en aurait reçu la commande d’un tour à guil-loeher et d’un tour à portraits, dont, s’il avait vécu,Ilulot père nous eût entretenus dans la seconde partiede son Traité. Ainsi c’est dans le Manuel de Bergeronencore qu’il faut aller puiser des notions un peu cer-taines sur cette dernière machine, où la médaille etsa copie étaient non plus simplement montées, commedans celle de Martin Tcubcrs, etc., aux bouts d’unaibredetour à deux mandrins, mais bien disposéesdans un même plan vertical, perpendiculairement auxextrémités de deux arbres horizontaux parallèles,conduits par un troisième arbre transversal à doubleengrenage sans fin et situés à la hauteur et cri faced’une forte barre de fer qui, horizontale dans sa posi-tion moyenne, sert de guide, de soutien, à la toucheet au burin. Ceux-ci, montés horizontalement sur despoupées ou supports curseurs à vis de serrage et decentrage, sont fixés sur la barre mobile, comme lesarbres memes du tour sur leurs traverses supérieureshorizontales, dans des positions dépendantes de lagrandeur des réductions à opérer, grandeur eîle-même évidemment variable en raison des distance»respectives de l’outil et de la touche par rapport à lacharnière de rotation de la barre, articulée double-ment, au moyen d’un genou à la Cardan , avec unarbre-support, parallèle à ceux des mandrins et situéà l’extrémité gauche de la machine. D’un autre coté,cette barre tournante, soumise à l’action d’un ressortd’acier qui tend à presser simultanément le burin etle porte-touche contre les reliefs respectifs des mé-dailles animées d’un mouvement égal et uniforme derotation, s’abaisse lentement et graduellement versl’extrémité opposée à sa charnière, où elle est inunie,parallèlement à sa direction, d’une couple de petitsrouleaux d’acier entre lesquels passe une cheville ho-rizontale qui leur sert de guide et de soutien pendantla descente de la barre seulement. Enfin, cette che-ville elle-même est liée à un écrou, à coulisses laté-rales fixées au bâti, mobile le long d’une vis verticaledont l’arbre, de direction invariable, est conduit parun système de vis sans fin'et d’engrenages extérieursqui empruntent leur mouvement propre à l’arbre dumandrin porte-modèle, et, par suite, au système àvolant, poulies et cordons sans fin, servant de mo-teur à toute la machine rendue ainsi parfaitement au-tomatique.

Il n’est pas hors de propos de rappeler ici que l’ad-mirable machine de Ilulot fils, dont la date, au direde Bergeron, serait antérieure à 1766. a été exécutéeen fer, sans changement notable, mais sous de fortesproportions, pour le Conservatoire impérial des artset métiers, qui depuis l’apparition delà 2 me édition duManuel du tourneur, en 1816, en a commandé le mo-