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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TUYAUX SONORES.

TUYAUX SONORES.

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peuvent à égalité de hauteur différer par le timbre. Ilarrive donc dans un orgue que le même jeu ou plutôtla môme série de tuyaux peut se trouver répétée uncertain nombre de fois sous des noms différents. En gé-néral les jeux de u/enue taille sont doués d’une sono-rité mordante qui rappelle les instruments à archet,de là le nom de noies que l'on donne à ces jeux ; telssont la basse de viole, la viola di gamba, dont on a faitpar abréviation la gambe. Dans les jeux de grossetaille au contraire le son est rond, moelleux, quelque-fois meme un peu sourd. 11 y a donc dans ces timbresdifférents deux points extrêmes entre lesquels on trouvetoute une série de nuances intermédiaires.

I/orgue renferme également d’autres jeux que l'ondésigne sous le nom de jeux de mutation. Ils sontsimples ou composés. Les jeux de mutation simples sontà la quinte ou à la tierce des jeux principaux dontnous venons de parler, tel est le gros nasard dont tousles tuyaux donnent la quinte des tuyaux correspon-dants du jeu de huit pieds. Le nasard dont tous lestuyaux donnent la quinte de ceux du jeu de quatrepieds. La grosse tierce qui donne la tierce du quatrepieds, et la tierce qui donne les tierces du jeu de deuxpieds. Les jeux composés sont la fourniture, là cym-bale, le cornet.

Chaque note de la fourniture est formée de quatre oucinq et quelquefois sept tuyaux qui parlent à la foiset donnent, le premier un son ayant l’intonation delàtouche correspondante du clavier, c’est à-dire un utsi cette touche est un ut, puis la quinte de cette mêmenote, puis l'octave, puis la quinte de cette octave, etc.La cymbale présente une composition analogue ;le tableau suivant indique la composition de la pre-mière note de ces deux jeux.

ut 2

... 4 pieds.

uta . . .

sol 2 . . .

. 4 pieds.

. 32 pouces

sol 2

... 32 pouces.

jUt 3 • • •

2 pieds.

lit;,

... 2 pieds.

lsol 3 • . .

. IG pouces

S0I3

. . . . 16 pouces.

Ut( . . .

. 1 pied.

Ut*

... 1 pied.

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|soL . . .

. 8 pouces

soli

... 8 pouces.

O

K ■ • •

. G pouces

uts

... G pouces.

sols . . .

. 4 pouces

lute ■ • ■

. 3 pouces

Dans ces jeux chaque rangée renferme la sériechromatique des notes; seulement de distance en dis-tance la série se continue à l'octave grave; ainsi auxtuyaux rétfo succè lent les tuyaux fa,, /ait,,sol t , etc.; ces changements constituent ce qu’on ap-pelle les reprises , elles sont nécessitées par l’impossi-bilité où l’on serait de prolonger jusqu’au bout chaquesérie sans atteindre la limite des sons aigus. En outreelles donnent un caractère différent au jeu suivant lamanière dont elles sont disposées, et c’est précisémentla fréquence plus grande- de ces reprises qui caracté-rise la cymbale et la distingue de la fourniture.

Ces deux jeux ne se jouent jamais seuls ; on y jointtoujours les 32 pieds, les IG fneds, les 8 pieds, et cetensemble forme ce qu’on appelle le plein jeu.

La fourniture et la cymbale ont pour effet de don-ner au plein jeu un caractère et un mordant particu-liers qui convient spécialement au plain-chant. Seule-ment ces jeux doivent avoir une importance subordon-née à celle de l’orgue dont ils font partie, et on lesréduit dans la même proportion ; ainsi dans beaucoupd’orgues la cymbale n’existe pas, et la fourniture estréduite à 5, 4 et quelquefois 3 rangées prises parmiles plus aigues.

Le corïiet est un jeu composé, comme les précédents,de plusieurs rangées de tuyaux dont le nombre peuts’élever jusqu’à sept. Ce jeu ne s’étend ordinairementque dans la moitié supérieure du clavier, les diversesrangées qui le composent sont à l’unisson des huit pieds

des prestants , du nasard , de la doublette et de la tierce.Quoique chaque note de ce jeu so compose de cinqtuyaux elle ne donne qu’un seul son, celui du tuyau leplus grave ; seulement lo timbre a un caractère toutparticulier qui est celui des tuyaux à anches : de laie nom.de cornet donné à ce jeu.

Proportion des diverses parties des tuyaux à bouche.

La hauteur du son rendu par un tuyau dépend deses diverses dimensions. La longueur du corps est l'élé •ment qui influe le plus sur le ton d’un tuyau ; en géné-ral le nombre do vibrations donné par un tuyau est àpeu près inversement proportionnel à la longueur ducorps.

Les autres dimensions du tuyau ont aussi leur in-fluence ; ainsi, à égalité de longueur, un tuyau est d’au-tant plus grave que son diamètre est plus grand. Parsuite, les tuyaux de même taille sont pour la mêmenote toujours plus longs que ceux de grosse taille.

La hauteur de la bouche et sa largeur influent éga-lement sur le son du tuyau. Le son baisse toutes lesfois qu'on diminue la largeur de la bouche ; quant à lahauteur elle exerce deux influences contraires. Eneffet, quand on rend la bouche plus haute, la lèvresupérieure s’éloigne de la lumière, et, par suite, la lon-gueur de la lame d’air vibrante comprise dans la hau-teur de la bouche augmente; ce qui tend à abaisser leson; mais, d’autre part, la partie inférieure du corpscommuniquant avec l’air par une plus large ouverture,le son tend à monter. L’expérience prouve, du reste,qu’il y a pour chaque tuyau une hauteur de bouche quiconvient mieux que toute autre pour bien faire parler letuyau.

La pression de l’air insufflé dans le tuyau en modi-fie également le son, qui est d’autant plus élevé que lapression est plus forte. En général, la hauteur debouche sous laquelle un tuyau produit le meilleur effetest d’autant plus grande qu’il est embouché sous uneplus forte pression.

On voit donc que le facteur dispose d’un certainnombre d’élémonts dont il peut user à sa guise pouramener les tuyaux à l’intonation convenable. Mais cesdivers moyens n’ont pas seulement pour effet de mo-difier le son dans sa hauteur, ils en changent égale-ment le timbre et l’intensité, de sorte que, si lestuyaux n’ont pas été construits à l’avance dans desproportions convenables, leur accord ne peut se faireque par des modifications qui nuisent à l’égalité desjeux. Ce défaut d'homogénéité dans le timbre desjeux est un des vices 15s plus fréquents dans les ins-truments qui sont l’œuvre de facteurs inhabiles ounégligents.

Il est donc indispensable d’avoirdes règles précisesqui permettent d’arriver du premier coup aux dimen-sions les plus convenables pour les divers tuyaux d’unmême jeu ; ces diverses dimensions doivent varier sui-vant une loi régulière, quand on parcourt la série chro-matique des sons ; et c’est précisément la règle pratiquedestinée à fournir ces diverses dimensions qui constituece qu’on appelle le diapason d'un jeu.

Avant d'établir cette règle il est nécessaire que nousfassions une courte digression sur quelques principesfondamentaux d’acoustique.

Les sons, quelle que soit leur hauteur, se propagentavec une vitesse constante d’environ 340 m à la tem-pérature de 16° ; par conséquent, si un son est produitparmi corps exécutant, par exemple 100 vibrations parseconde, la distance à laquelle le son se propage pen-dant la durée d’une vibration est égale à la 100 e partiede 340 m , c’est-à-dire à 340 ,n divisés par le nombre devibrations: cette distance est précisément ce que lesphysiciens appellent la longueur d’onde.

Le tableau suivant donne le nombre de vibration?