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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TUYAUX SONORES.

TUYAUX SONORES.

des diverses notes de la gamme tempérée qni com-mence par le la du diapason normal, lequel exécute,comme on le sait, 870 vibrations par seconde.

Nombres de vibrations Longueurs

Notes .

par seconde.

d'uiule.

mm.

Lu.

. . 870

390,8

La dièse ou Si bémol. . .

922

368,8

Si.

318,1328,G

Ut.

. . 1031

Ut dièse ou Ré bémol. .

. . 1090

310,1

lié.

. . 1161

292,7

lté dièse ou Mi bémol . .

. . 1230

276,3

Mi., . . .

. . 1303

260,8

Fa.*.

210.1

Fa dièse ou Sol bémol. .

. . 1-163

232,3

Sol.

219,3

Sol dièse ou La bémol. .

. . 16-12

207.0

Lu.

. . 1710

1Üï.,i

Pour obtenir les vibrations qni correspondent auxmemes notes dans les octaves supérieures, il faudraitmultiplier les nombres du tableau par 2, 4, 8, etc.,et pour obtenir les nombres de vibrations correspon-dant aux octaves inférieures, il suffirait de diviser par2, 4, 8, etc.

Les longueurs d’onde s’obtiendraient, au contraire, endivisant par 2, 4, 8, etc., pour les octaves supérieures,et en multipliant par 2, 4, 8, pour les octaves infé-rieures.

Ces considérations étaient nécessaires pour com-prendre ce qui va suivre. En effet, l’expérience et lathéorie s’accordent à prouver qu’en soufflant dans destubes ouverts aux deux bouts ayant pour longueurs leslongueurs d’onde, les sons qu’on obtient sont précisé-ment ceux qui correspondent à ces memes longueursd’onde. Ensemble donc que pour obtenir des tuyauxrendant les divers sons de la gamme, il suflit dedonner aux corps de ces tuyaux des longueurs pré-cisément égales aux longueurs d'onde. Si on opéraitainsi, on aurait des tuyaux tous trop bas; en effet,-dans les tuyaux d’orgue le bas du tuyau est par-tiellement fermé, ce qui abaisse le son ; par suite,pour qu’un tuyau d’orgue donne le même ,son qu’untuyau embouché à plein orifice, il faut le tenir un peuplus court et lui donner une longueur égale non pasà la longueur d’onde, mais à cette longueur diminuéed’une certaine quantité variable avec le tuyau. M. Ca-vaillé-Coll a donné à cet égard la règle suivante dontl’exactitude est constatée par une longue pratique.

4° Dans les tuyaux à section rectangulaire, c’est-à-dire les tuyaux de bois, on prend pour longueur lalongueur d’onde diminuée de deux fois la profondeurdu tuyau.

2° Dans les tuyaux à section circulaire on prend pourlongueur des corps la longueur d’onde diminuée descinq sixièmes du diamètre du tuyau.

Cette règle permet de calculer à l’avance les lon-gueurs de tous les tuyaux d’un même jeu dès qu’onest convenu de suivre une certaine progression pourles diamètres.

Tuyaux octaviants, tuyaux harmoniques.

Lorsqu’un tuyau à bouche est mis en vibration parun vent de plus en plus fort, il rend une série de sonsqee l’on désigne sous le nom de sous harmoniques. Leplus grave de ces sons étant pris pour son fondamen-tal, le suivant est à l’octave, celui qui vient ensuite àla quinte de l’octave, puis vient la double octave, latierce majeure de la double octave, la quinte de cettedouble octave, etc. On faciiite singulièrement l’émis-sion de ces sons harmoniques en diminuant la hau-teur de la bouche à mesure que l’harmonique est plusélevé. C’est ainsi que des tuyaux convenablement em-

bouchés, au lieu de donner le son fondamental, donnentinévitablement son octave et présentent par suite lamême intonation que des tuyaux moitié plus courts,mais avec un timbre tout à fait différent : on donne àces tuyaux le nom de tuyaux octaviants.

On peut aussi emboucher les tuyaux de manière àleur faire rendre le troisième, quatrième ou cinquièmeharmonique. Ils prennent alors le nom de tuyaux har-moniques ; seulement, pour assurer l’émisson du son,il est utile de percer, comme l'a fait M. Cavaillé, untrou en un point du tuyau où se trouve un ventre devibration. La pratique, d’accord sur ce point avec lathéorie, indique qu’il faut percer ce trou à une distancede l'ouverture supérieure égale à la longueur d’ondede son que le tuyau doit rendre.

Pour avoir la longueur du corps d'un tuyau harmo-nique on calcule, d’abord d’après la règle de M. Ca-vaillé, la longueur du tuyau qui aurait pour son fon-damental le ton que doit donner le tuyau qu’on cons-truit, et on ajoute à cette longueur un certain nombrede fois la longueur d’onde correspondant à ce mêmeson.

Tuyaux a anche.

Les tuyaux à anche sont des tuyaux dans lesquels leson est produit par l’écoulement intermittent de l’airsous une lame vibrante{fig.3762). Ces tuyauxsont à anche battanteou à anche libre. Lestuyaux à anche bat-tante se composentd’un pied qui amènele vent dans le tuyau.Cepied estcylindriqueet a ordinairement de15 à 30 cent, de hau-teur. 11 est fermé à sapartie supérieure parun bouchon égalementcylindrique , appelénoyau ; le noyau estsurmonté d’un tubeconique que l'on ap-pelle la boîte. Lenoyau est percé depart en part, et dans l’ouverture entre à force une gout-tière semi-cylindrique. Sur cette gouttière est appli-quée une languette en laiton*écroui qui fermerait exac-tement la gouttière, si elle était rigoureusement planée.Mais cette languette est légèrement courbée et laisse unpetit intervalle entre sa surface et le bord de la gout-tière. L’ensemble de la gouttière et de la languette formece qu’on appelle l’anche. Cette anche ne ferme pas com-plètement le trou cylindrique pratiqué au noyau ; l’es-pace restant est rempli par un coin de bois qui serten même temps à assujettir l’anche. Dans la boîte estengagé le corps du tuyau qui est habituellement co-nique.

Le vent arrive dans le tuyau par le pied, passe entrela gouttière et la languette et met celle-ci en vi-bration. Pour régler le ton de l'anche on se sert d’unfil de fer recourbé en crochet qui passe à travers lenoyau ; l’extrémité inférieure du fil presse la languetteot l’appuie sur la gouttière; ce fil prend le nom de ra-sette. On peut donc, en enfonçant plus ou moins larasette, modifier la longueur de la partie libre de la lan-guette de manière à obtenir un ton plus ou moins élevé.

Dans les tuyaux à anche libre la disposition estanalogue, sauf quela languette pénètre librement clansl’ouverture de la gouttière au lieu de venir s’appliquerI contre les bords de cette ouverture.

' Les jeux à anche libre se distinguent des jeux à