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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TUYAUX SONORES.

TUYAUX SONORÈS,

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anclie battante par le caractère de leur timbre qui aplus de douceur, mais qui manque do mordant et d’é-clat. Oif remarque que dans les jeux à anche battantele pied est sans influence sur le ton de l’anche, tandisque le corps influence ce ton et peut même, s’il est malproportionné , empêcher l’anche de parler. Dans lestuyaux à anche libre, au contraire, le corps modifieseulement le timbre de l'anche, tandis que le pied doitprésenter des dimensions en rapport avec le ton de jl’anche.

11 y a plusieurs sortes de jeux d’anches battantes etlibres.

Parmi lesjeux d’anclics battantes nous avons ;

La lombarde , jeu de 32 pieds et de 16 pieds;

La trompette , jeu de 8 pieds ;

Le clairon , jeu de seize pieds.

Dans ces trois jeux les corps sont coniques.

Le cromome est un jeu de 8 pieds dont les corps sontcylindriques ; il a un timbre plus doux que celui de latrompette et dans quelques parties de son étendue rap-pelle la clarinette.

Le hautbois est un jeu dont les corps ont la formed’un cône étroit, terminé par un pavillon évasé d’abordet qui se rétrécit ensuite; il imite plus ou moins par-faitement l’instrument dont il porte le nom.

Le basson est analogue par la forme de son corps àla trompette, il en diffère par l’anche qui bat ordinai-rement sur une gouttière garnie de peau ; quelquefoisaussi cette gouttière est fermée par une paroi dans la-quelle est percée une ouverture arrondie par le bout in-férieur et terminée en pointe par le haut.

La voix humaine est uu jeu à languettes minceset étroites dont tous les pieds ont meme dimension etdont le corps est formé d’un cône d’environ 5 cen-timètres terminé par un bout de cylindre de mômelongueur. L’ouverture supérieure de ce cylindre estfermée par une lame circulaire de métal soudée sur unepartie de son contour et relevée plus ou moins, de fa-çon à laisser échapper le son en en modifiant le timbre.

Les jeux d’anches libres sont peu nombreux. Lesplus employés sont le cor anglais cl l'euphone. Lepremier de ces jeux est construit à peu près dans laforme du hautbois; il présente des corps formés d’uncône étroit suivi d’un cône plus évasé, terminé par untronc de cône qui va en se rétrécissant. Le deuxièmejeu est monté dans des pieds dont la hauteur croîtavec la gravité de son, et le corps est formé d’un cônetrès-court coiffé d’une espèce de calotte sphérique etpercé d’une ouverture latérale pour laisser échapper leson.

§ II. Soufflerie.

La soufflerie est une des parties les plus importantesde l’orgue, et elle doit être traitée avec un soin par-ticulier ; elle est pour largue ce que sont les poumonspour le chanteur. Un orgue dont la soufflerie est insuf-fisante sous le rapport du volume et de la pressionmanque de force et d’hnleinc et paralyse l’inspirationde l’organiste; tandis que le môme instrument, avec lesmômes jeux, mais avec une soufflerie vaste et puis-sante, peut produire les plus beaux effets de sonoritésans perdre de son charme dans les nuances délicates.

Dans les anciens instruments, la soufflerie se compo-sait d’une série de soufflets semblables aux soufflets deforge, c’est-à-dire en forme de coin. Chacun de cessoufflets avait sa table inférieure fixée sur un châssisà peu de distance sur le sol, et la table supérieure pou-vait se relever au moyen d’une bascule sur laquelle lesouffleur appuyait. Cette opération développait les plisdu soufflet qui se remplissait en aspirant l’air par destrous pratiqués à la table inférieure. Ces trous étaientbouchés par des lames de peau collées seulement parun bord et qui jouaient le rôle de soupapes, s’ouvrant

del’extérieur àl’intérieur. La table supérieure était char-gée de poids, et la pression exercée par cette table et parles plis sur l’air du soufflet le chassait dans des conduitsou porte-vent destinés à mener le vent jusqu’auxtuyaux. Pour empêcher qu’il ne se produisît dans ceconduit un effet d’aspiration chaque fois que l’on sou-levait le soufflet, on avait soin de placer, au point dojonction du soufflet et du porte-vent, une soupape s’ou-vrant de l’intérieur du .soufflet vers l’extérieur. Cettesoupape était disposée à l’intérieur d’un conduit étroit,débouchant dans le soufflet et auquel on donnait lenom de gosier.

Cette disposition de soufflerie avait de graves in-convénients. D’abord la soufflerie occupait une placeconsidérable; secoudementle système mécanique adoptépour relever les soufflets constituait un très-mauvaisemploi du travail de l’homme, et le souffleur se fati-guait doublement, obligé qu’il était de se courber àchaque instant jusqu’à terre pour abaisser chaque bas-cule, et de courir de soufflet en soufflet pour ne jamaislaisser l'organiste manquer de vent.

Enfinil était presque impossible, avec ces souffleries,d’obtenir une pression constante. Nous n’insisteronsdonc pas davantage sur ce système qui est complète-ment abandonné aujourd'hui.

Les souffleries modernes sont basées sur un systèmedont l’inventeur est un horloger anglais nommé Cum-mins. Elles ont été importées en France par M. JohnAlbey ; elles se composent d’un réservoir ou souffletquadrangulaire en forme de lanterne, dans lequel levent s’accumule, et d’un ou deux soufflets cunéiformesplacés en dessus et jouant le rôle des pompes. Cespompes aspirent l’air extérieur et le refoulent dans leréservoir, d’où il s’écoule dans les porte-vent. (Cettedisposition est représentée dans la ligure 3763.)

Si on se contentait de former le réservoir d’une ta-ble supportée par des plis, la pression ne pourrait pasêtre constante ; en effet, le poids du pli s’ajouterait;au poids de la table au fur et à mesure qu’ils se dé-ploieraient, et la pression irait en croissant.

Four éviter cet inconvénient, on dispose la souffle-rie de la manière suivante : on la forme de deux tableset d’un cadre intermédiaire réunis par deux plis. Latable inférieure est fixe. Le cadre et la table supérieuresont mobiles. Le pli compris dans l’un des intervalles