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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TUYAUX SONORES.

TUYAUX SONORES.

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qu’on appelle la grille du sommier; elle doit contenirautant de gravures qu’il y a de notes au clavier cor-respondant.

Sur la grille on colle un panneau d’environ un cen-timètre d'épaisseur, c’est ce qu'on appelle la table. Ilest indispensable que cette table joigne par tous lespoints avec les châssis et les barres; cardiaque gra-vure doit former plus tard un conduit parfaitementétanche. On a meme soin de rendre la jonction plusparfaite en remplissant les gravures de colle bienchaude que l’on égoutte ensuite, de façon à laisser surtoute la surface un enduit imperméable.

Sur lu table on fixe avec des vis et de la colle lesfaux registres ou registres dormants, ce sont deslamesdcbois d’environ 7 millimètres d’épaisseur sur 27 milli-mètres de largeur; elles sont fixées dans une directionperpendiculaire à la longueur des gravures et séparéesles unes des autres par un intervalle plus ou moinsgrand. Cet intervalle est rempli par d’autres lamesde bois mobiles que l’on appelle les registres. Les re-gistres doivent remplir exactement l’intervalle des fauxregistres et joindre parfaitement avec la table ; de plus,ils doivent avoir la meme épaisseur que les faux re-gistres. Sur les registres et les faux registres sont ap-pliquées les chapes. Ce sont des planches d’environ 2centimètres et demi d’épaisseur, qui couvrent entière-ment chaque registre, et débordent de chaque côté defaçon à recouvrir la moitié de la largeur des faux re-gistres placés de part et d’autre. Les chapes sont fixéessur les faux registres au moyen de vis dont la tèterepose sur une rondelle de cuir ou de métal. Les chapessont donc en nombre égal à celui des registres et sontplacées bord à bord.

La table, le registre et la chape présentent destrous qui se correspondent exactement; et ce sont lestrous percés dans la chape qui laissent échapper le ventdans les tuyaux. Les registres, étant d’ailleurs mobilesentre certaines limites, servent à établir ou intcrcep-ceptcr la communication entre la gravure et le tuyau.

Les trous des chapes sont fraisés extérieurement àl’aide d’un fer rouge et présentent ainsi un bord enpente sur lequel appuient les pieds des tuyaux ; ceux-ci sont soutenus au moyen d’une planche percée, quel’on appelle le faux sommier. Cette planche est portéepar un certain nombre de piliers fixés dans le som-mier, et dont la hauteur est d’environ 25 centimètres.

Les tuyaux qui composent un même jeu sont prisau-dessus du même registre. Pour faciliter le place-ment de ces tuyaux, les trous percés dans la mêmechape, au lieu d’être sur une même ligne droite, sontdisposés sur deux rangées parallèles et les intervallesde l’une des rangées correspondent aux trous del’autre.

Pour les jeux composés la disposition est un peudifférente. Les tuyaux qui correspondent à une mêmenote sont placés sur une même série de trous percéssur une même ligne perpendiculaire à la longueur dela chape. Ces trous ne pénètrent qiia la moitié de laprofondeur et sont reliés par un conduit horizontal forédans l’épaisseur de la chape à un seul et unique con-duit vertical qui vient aboutir au trou du registre.

Nous ne nous sommes occupé jusqu’à présent que dela partie supérieure du sommier ; passons à la partieinférieure. Pour maintenir l’écartement des barres onintroduit entre elles de petits tasseaux courts en boisde fil qui sont collés et entaillés dans les barres. Onleur donne le nom de flipots. Ces flipots sont disposéssur deux rangées au quart environ de la longueur desrgravues; ils ne pénètrent qu’à une petite profondeurdans celle-ci, afin de ne pas gêner la circulation duvent; on a soin, après les avoir collés, de dresser par-faitement le dessous du sommier. Les gravures, depuisla première rangée de flipots jusqu’à l’extrémité oppo-sée, sont fermées au moyen d’une peau ou d’un par-

chemin. Ce parchemin se prolonge jusqu’à l a partieantérieure du sommier, seulement il est ouvert vis à-vis des gravures dans l’intervalle compris entre Ja pre-mière rangée de flipots et le commencement delà "ra-yure : on voit doue par là que chaque gravure présenteà son entrée fine ouverture rectangulaire. Sur chacunede ces ouvertures appuie une soupape qui peut la fer-mer hermétiquement. Cette soupape est formée d'unetringle triangulaire en bois de fil aussi sce que possible,chêne ou sapin. La face de la soupape qui appuie surl'orifice de la gravure doit déborder tout autour d'en-viron un centimètre; elle est garnie d’une bande depeau dont la partie lisse est collée sur le bois. Cettebande de peau se prolonge au delà de lu soupape et estcollée sur les flipots; elle forme donc ainsi une sortede charnière autour de laquelle la soupape peut pivo-ter. Toutes ces soupapes sont renfermées dans uneboîte rectangulaire ajustée 6ur la partie antérieure dusommier. Lorsque le sommier est en place, cette boiteforme à la base du sommier un réservoir dont la facesupérieure est formée par la partie antérieure de lagrille du sommier, garnie do ses soupapes. On donneà cette boite le nom de laye, Le panneau antérieur dola laye peut s’enlever pour visiter et réparer les sou-papes.

La laye communique avec la soufflerie par un ouplusieurs porte-vent. Pour maintenir les soupapes fer-mées, on place sous chaque soupape un ressort en formede pincette dont un des bouts légèrement recourbé pé-nètre à une faible profondeur dans la face inférieure dela laye, et dont l’autre bout pénètre de même dansl’arête inférieure de la soupape; de plus, pour que lasoupape dans ses mouvements ne puisse être déviée la-téralement, on enfonce de part et d’autre, à peu dodistance de son extrémité libre, deux pointes entre les-quelles elle peut monter et descendre librement; cespointes sont ce qu’on appelle ies guides de la soupape.

Le mouvement des soupapes s’effectue au moyen dotiges accrochées aux soupapes elles-mêmes et qui tra-versent la face inférieure de lalayc.Ces tiges sont misesen mouvement par les touches du clavier à l’aide d’unmécanisme particulier que nous décrirons bientôt.

Pour éviter que le vent ne puisse passer entre lestiges qui tirent les soupapes et la paroi de la laye, onadapte à chacune de ces tiges ce qu’on appelle uneboursette.

Laboursette n’est autre chose qu’un petit sac de peausans couture dont le bord est collé sur le panneau infé-rieur de la laye. Ce petit sac est traversé par un fil delaiton qui est passé à travers deux morceaux d’osier,l’un placé au-dessus de la boursette, l’autre au-dessous;ces deux morceaux d’osier sont fixés sur les deux facesde la boursette au moyen d’un peu de colle. Le fil delaiton est recourbé en anneau à ses deux bouts et arrêtéainsi contre l’osier. Des deux morceaux d’osier, celuiqui est à l’intérieur de la laye est très-court; l’autre,au contraire, est assez long pour traverser dans touteson épaisseur le panneau inférieur de la laye, et letrou à travers lequel il passe est d’ailleurs assez largepour qu’il puisse y jouer sans frottement. Les deux an-neaux de fil de laiton sont attachés, l’un à la soupapeau moyen d’un crochet en laiton, l’autre à la tige quidoit tirer la soupape.

Fonctionnement du sommier. — La description dusommier étant terminée, il est facile de se rendrecompte de la manière dont il fonctionne. Supposonsd’a-bord tous les registres fermés : si l’on vient à faire ou-vrir les soupapes en promenant les mains sur le clavier,le vent se précipitera dans les gravures; mais commeil n’a aucune issue, il no fera parler aucun tuyau.Tirons maintenant un des registres de façon à établirla communication entre tous les tuyaux d’un même