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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TUYAUX SONORES.

TUYAUX SONORES.

jeu et les gravures correspondantes; (lès que nousabaisserons une touche du clavier, lasoupape correspon-dante s’ouvrira, et r*air, se précipitant dans la gravure,fera parler le tuyau qui correspond à la fois au jeudont le registre est tiré et à la gravure dont la soupapeest ouverte. Si plusieurs jeux ont leurs* registres ou-verts, les tuyaux de ces divers jeux qui sont situés surla meme gravure parleront à la rois dès qu’on abaisserala, touche correspondante.

Tuyaux postes. — Les tuyaux les plus graves desdivers jeux ont'trop de diamètre pour qu’il soit possiblede les poser sur les trous correspondants du sommier;ils auraient d’ailleurs l’inconvénient de le charger tropfortement et de le faire fléchir. On est donc obligé deles placer à distance sur un support spécial, et on lesfait communiquer avec le trou correspondant par unconduit en alliage d’étain et de plomb d’une longueurplus ou moins grande. On dit alors que ces tuyaux,au lieu d être sur leur vent, sont postés. Les pièces surlesquelles on les pose sont des blocs (le bois forés (letrous qui contiennent le conduit destiné à joindre letuyau au sommier; on donne à ces pièces le nom depièces gravées.

Division des sommiers. — Dans les orgues de petitedimension, il n’y a ordinairement qu’un seul sommier:mais dans les grandes orgues, surtout dans celles quirenferment des jeux très-graves, il est nécessaire dedonner aux gravures des basses une grande largeur;cette nécessité obligerait à donner au sommier unetrès-grande longueur. On préfère alors le diviser enplusieurs parties dans le sens de sa longueur. Ces som-miers sont donc placés sur le meme alignement, et onlaisse entre eux des passages qui permettent de visiterl’orgue et de le réparer au besoin.

On peut aussi profiter de cette disposition pour ali-menter le sommier des basses et celui des dessus avecdu vent à des pressions différentes; du reste, lemême résultat peut être obtenu dans un sommierunique au moyen de'cloisons transversales qui divisentla lave en plusieurs parties.

Altérations. — Dans les anciens sommiers, les gra-vures étaient longues et étroites; il en résultait que lapression de l’air à la sortie du sommier diminuait no-tablement a mesure que le nombre de registres ouvertsétait plus considérable ; cet inconvénient se manifestaitpar une altération dans l’accord. M. C’availlé a obvié àcet inconvénient en mettant une seconde rangée desoupapes et une seconde lave à la partie postérieure dusommier et en coupant les gravures en leur milieu parune cloison perpendiculaire h leur longueur. D’ancienssommiers ont pu ainsi être utilisés avec succès.

Cette disposition a encore un autre avantage. Sup-posons, en effet, que les deux layes occupent toute lalargeur du sommier, de façon à ne former en quelquesorte qu’une meme caisse placée sous toute l’étenduedu sommier et divisée en deux parties# par une cloisonlongitudinale. Supposons d’ailleurs que chacune dessoupapes de la rangée antérieure soit reliée à la sou-pape correspondante de la rangée postérieure, de façonqu’il soit impossible défaire jouer l’une sans que l’autrefonctionne aussitôt. Si on introduit le vent seulementdans lalaye antérieure, on aura beau mettre les mainssur le clavier après avoir tiré les registres de la régionpostérieure du sommier, les tuyaux des jeux correspon-dants ne parleront pas ; mais si on vient à faire dispa-raître subitement la cloison qui sépare les deux layes, ouce qui revient au morne, à ouvrir de larges soupapes pra-tiquées dans cette cloison , les jeux de lu partie posté-rieure du sommier dont les registres sont ouverts ré-sonneront immédiatement, quel qu’en soit le nombre.

La figure .<769 représente la coupe d’un sommierconstruit d’après ce système. S et S’ sont les soupapes

antérieures et postérieures, C la cloison qui divise lesgravures, et B est la soupape qui permet d’établir lacommunication entre les deux layes.

Houppements. — Les orgues anciennes ne se prêtentpas à l’exécution de toute espèce de musique. Ainsiquand on tient avec l’une des mains un accord sur leclavier, et qu’avec l’autre main on frappe à plusieursreprises un autre accord, les chocs brusques produitsdans le sommier par l’écoulement intermittent du ventdétruisent la continuité du son dans le premier accordet déterminent dans le son une sorte de secousse quel’on pourrait comparer à un aboiement. Cet effet, onne peut plus désagréable, est désigné sous le nom dehouppement. Il se présente surtout dans les instrumentsoù les gravures sont longues et étroites, où la souf-flerie est jointe aux sommiers par des porte-vent étroitset d’une trop grande longueur.

Pour éviter cet inconvénient, le meilleur moyen estde fermer le dessous des layes avec une toile imper-méable ou une feuille de caoutchouc non tendue,portant sur une partie de sa surface une planche contrelaquelle appuient des ressorts. On forme ainsi uneparoi flexible qui amortit toutes les secousses.

Réservoirs alimentaires. — Il est également utile,pour éviter les altérations et les houppements, de placersous les sommiers eux-mêmes des réservoires à air danslesquels les sommiers puisent le vent qu’ils doiventconsommer. On peut ainsi, en distribuant dans toutel’étendue de l’orgue des réservoirs alimentaires, dimi-nuer le nombre d'hommes nécessaires à la manœuvrede la soufflerie. Car la mission du souffleur sc réduitalors à empêcher que l’organiste manque de vent, eten ayant soin de remplir ùl’avance tous les réservoirsalimentaires, le souffleur ne se trouve pas en défaut,même lorsque, par suite de l’emploi de certains effetsde grande force, qui ne durent jamais longtemps, l’or-ganiste dépense dans l’imité de temps plus de ventque n’en fournit le travail du souffleur, car l’air em-magasiné dans la soufflerie suffit à cet excès temporairede dépense.

MLCANI8ME.

Clavier. — Les claviers d’orgue ne diffèrent pas parleur apparence extérieure des claviers (le piano, seule-ment ils sont moins étendus, et dans les orgues d’é-glise on ne leur donne habituellement que 54 notes;ils commencent à l’uf et finissent au fa de la cinquièmeoctave. Le nombre de ccs claviers s’élève à cinq auplus dans les instruments les plus considérables. Ussont disposés les uns au-dessus des autres en formed’escalier, de façon que les touches de même nom secorrespondent.

Dans les anciennes orgues, les touches étaient atta-chées vers le milieu de leur longueur à des vergettesen bois qui tiraient les soupapes, l’extrémité posté-rieure de la touche servait de pivot, de sorte qu’enpesant sur l’extrémité antérieure, on abaissait les sou-papes ; ces claviers prenaient le nom de claviers suspen-dus; on y a renoncé.

Tous les claviers dont on se sert aujourd’hui sontcomme les claviers de piano, c’est-à-dire à bascule ; lestouches reposent par ces points intermédiaires sur unchevalet autour duquel elles peuvent.baseuler, de façonà prendre un certain degré d’enfoncement. Le pointautour duquel la touche pivote n’est pas situé tout àfait à la moitié de sa longueur, la partie antérieure estordinairement un peu plus longue.

Transmission du mouvement du clavier aux sommiers,

La transmission du mouvement de chaque touche àla soupape correspondante ne peut pas s'effectuer parun lien direct ; en effet, la largeur des sommiers estbeaucoup plus grande que celle des claviers, secondement