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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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VERRERIES.

VERRERIES.

CSO

près les données fournies par les manufactures deRive-de-Oier, que, terme moyen, les 100 kil. de verreteint dans la masse valent de 125 à I30 francs, et queles verres doublés valent de 230 à 300 francs.

On fabrique actuellement en Angleterre sur uneéchelle considérable, sous le nom de imtent-glass, unesorte de verre à vitre double que lon soumet aux di-verses opérations du polissage des glaces. C'est un verredont la fabrication tend à se répandre en France .

On doit iiM. Binet, verrier à Sèvres , un moyeu ingé-nieux qui permet de préparer les manchons de verreordinaire pour le polissage.

Le verre soufflé par les anciens procédés sous formede manchons est étendu sur la sole du four. Lorsquela surface est bien dressée , un plateau de terre cuite,quon fait descendre de la voûte du four, vient sy ap-pliquer pour faire disparaître les ondulations. On éco-nomise par ce simple appareil une grande partie desfrais du polissage; il détruit promptement les ondula-tions plus ou moins profondes qui déformeraient lesimages réfléchies ou les objets vus par transparence.

Gobeleterie. La gobeleterie ordinaire, nomméedemi-cristal, est un verre à base de soude dune fabri-cation soignée, intermédiaire entre le cristal et le verrecommun. Cette fabrication, importante aujourdhui,sexerce en France dans 70 usines; elle est desserviepar une centaine de fours ; elle occupe 20,000 ouvriers,et jette dans la circulation pour environ vingt millionsde produits de toutes sortes.

Voici, daprès M. Godard-Desmarets, propriétaire dela verrerie de Trelon, le prix de revient dune potéede 250 kilog. : on a mis en regard le prix de la memequantité de produits fabriqués en Belgique avec unecuisson au charbon de terre.

Sable.

200 kil.

France .

fr.

5,00

Belgique .

fr.

1,40

Soude.»

60,GG

34,10

23,33

Chaux.

50.00

2,50

1,50

Décolorants.

»

1,00

1,00

Houille.

»

»

13,80

4 st. de bois.

»

24.00

Séchage.

>,

1,20

»

Poterie.

. 9,00

7,20

Façon des verreries. . .

. :3,00

23,00

Main-dœuvre accessoire

. 15,00

13,30

Frais généraux.

. 11,00

11,00

Rendement.

230 kil.

125,80

95,73

Pour 100 kilog.

50,32

38,29

Cristal. La fabrication du cristal en France re-présente une valeur de 7 à 8 millions de francs ; lesdeux cristalleries de Baccarat et de Saint-Louis ont étépendant delongues années seules à satisfaire à la con-sommation intérieure. Mais il leur est fait maintenantune concurrence sérieuse par un certain nombre du-sines établies à Clichy , à Bercy, à Lyon ; ces usinesfournissent environ le quart de la production du pays.

Le goût qui distingue les produits français leur as-sure un débouché certain pour tous les objets de luxe.Quant aux articles courants pour lesquels la matière asur le prix une influence que le goût ne compensepas, les produits français ne pourraient lutter à lé-tranger ni avec les produits anglais , ni avec les pro-duits belges, ni avec les verres de Bohème.

Lexportation des cristaux français est depuis long-temps stationnaire; la moyenne décennale de 18i6à4856 a été de 783,350 kilog.; on en a exporté en1858, 892,491 kil., et en 1859, 743,879 kil.

Cherchons à déterminer le prix de revient dans cettefabrication, daprès M. Godard de Baccarat .

Quelle est la quantité de matières premières quondoit consommer pour produire 100 kilogrammes decristal uni, dépontillé?

C.

La composition du cristal généralement admise, saufles variations résultant des usages spéciaux de chaquefabrique, est 3 de sable, 2 de minium et 1 de po-tasse.

On emploie, pour obtenir 100 kilogrammes de cris-tal vénal, 144 kilogrammes de matières, qui se décom-posent ainsi :

Sable.72 kilogrammes.

Minium.48

Potasse. 24

Ces 144 kilogrammes de matières subissent à la fusionune diminution de poids résultant, soit de lévapora-tion de leau que contient toujours le carbonate depotasse, soit du dégagement de lacide carbonique dece carbonate qui nentre dans la composition du cris-tal quà l'état do silicate de potasse, soit du dégage-ment de lexcè3 doxygène du minium qui doit êtreramené dans le cristal à létat de protoxyde de plomb,soit des matières perdues dans le mélange et lenfour-nement, soit du coulage qui a lieu lorsque les creusetsviennent à casser, etc. La perte est de 43 à 15 p. 0/Ü,suivant létat des matières et la manière dont la fonteest conduite, en moyenne 14 p. 0/0, ou 20 kilo-grammes; 144 kilogrammes de composition ne pro-duisent donc, en cristal fondu, que 124 kilogrammes.

Il sen faut de beaucoup que la totalité de ces 1 24 ki-logrammes de cristal fondu puisse être convertie im-médiatement en produits vénaux. Une portion resteadhérente aux creusets, dont elle constitue ce quonappelle lenverrage. On extrait une autre portion aucommencement et souvent pendant le cours de chaquetravail sous la forme descramures ou écrémures, pourenlever les parties impures qui sont remontées à lasurface. Une portion considérable sattache aux outils,d on la retire ensuite plus ou moins incrustée de fer;une autre tombe en rognures sous les ciseaux du ver-rier. 11 y a inévitablement une certaine quantité depièces manquées, ou présentant des défauts, et de verregaspillé par les ouvriers et leurs gamins. De plus, il y atoujours un fond de creuset qui ne peut pas être re-cueilli et utilisé. Les cscramures, le verve détaché desoutils, les rognures, les pièces manquées et le verregaspillé pèsent beaucoup plus que le cristal convertien objets vendables. Us ne sont pas perdus, ils ren-trent dans les fontes suivantes après avoir été traités,triés et nettoyés; mais il y a forcément dans cette opé-ration un déchet de cristal réduit en poussière ou engroisils fins sans valeur, qui, joint à lcnverrage, auxfonds de creusets, et au verre tombé dans le four, nepeut pas être évalué à moins de 14 centièmes des124 kil. de verre fondu, ou 17 kil. et demi. Ainsi144 kil. de composition ne représentent en cristal fa-briqué que 106,50.

Enfin pour dépontiller ou fletter le cristal uni, etlamener ii létat vendable, on lui enlève environ 6 p.0/0de son poids, et il ne reste de ces 144 kil. de composi-tion que 100 kil. de cristal uni, dépontillé.

Ces quantités de matières étant ainsi reconnues commepoint de départ, il est intéressant détudier ce qu'ellescoûtent en France de plus quaux Anglais ; ccs chiffres serapportent à la fabrication de Baccarat .

Minium. Les Anglais ont à leur portée des mines doplomb de première qualité. En France on va chercherce métal en Angleterre ou eu Espagne . Quand on letire dAngleterre, il revient, rendu au port dexpédi-tion, au même prix que dans les usines de ce pays;mais il est augmenté des frais dembarquement en An-gleterre, fret et assurance jusquau Ilavre. Ces fraissélèvent, savoir : frais au Havre , et commission oubénéfices des intermédiaires, suivant la lettre de pro-position de transport, soit 12 fr.

Si lon fait les achats en Espagne , le résultat est

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