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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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VERRERIES.

VERRERIES.

le même, attendu que les prix (les plombs de ces deuxorigines se nivellent nécessairement en France .

11 faut ajouter :

1° Droit dentrée, y compris le double décime, 6 fr.par bâtiment français , et 8 fr. 40 cent, par bâtimentétranger ; en moyenne, 7 fr. 20.

2° Transport par chemin de fer du Havre à Luné­ ville , 3 fr. 79.

3° Frais à Lunéville et transport à Baccarat par lesvoies ordinaires, 0 fr. 63.

Total, au détriment de Baccarat , par 100 kil. deplomb, 23 fr. 62.

46 kil. de plomb, qui produisent, déduction faitedes déchets, 48 kil. de minium, 6ont donc soumis à unedifférence de 10 fr. 86.

Potasse. Les Anglais ne supportent pas de droitssur leurs potasses. Lentrée de cet article en France ,par bâtiments étrangers, est soumise à un droit dedouane de*4 fr. 80 c. par 100 kil., y compris les deuxdécimes, et cest ce droit quil faut prendre pour ba>c,puisquil na pour objet que de compenser Indifférencedu fret de la navigation française et de la navigationétrangère, et que les potasses ne coûtent pas moinscher, quand elles arrivent par bâtiments français , quequand on les recevait par bâtiments étrangers.

Comme la production des potasses en France est loinde suffire aux besoins de la consommation, les prix despotasses du pays se nivellent nécessairement avecceux dos pôtassc3 exotiques.

Il faut ajouter, de plus, le transport de Marseille h Baccarat sur 112 kibg., y compris la tare, pour100 kilog. de potasse, soit 7 fr. 4G.

Tandis que les frais des Anglais nexcèdent pas, enmoyenne, 50 centimes par 100 kilogrammes ou pour112 kilogrammes, 0 fr. 56.

En récapitulant :

1" Droit dentrée, 4 fr. 80 ;

2° Transport, 7 fr. 46,dont il faut retrancher. 0 fr. 56.

Différence pour 100 kilog. de potasse, 11 fr. 70.

24 kilog. de potasse supportent donc une augmen-tation de prix de 2,80.

Combustible. On peut évaluer à 500 kilog. laquantité de houille nécessaire pour convertir 100 kilog.de matières neuves en marchandise fabriquée , soit720 kilog. pour 14i kilog. de composition, produisant100 kilog. de cristal uni, dépontillé. On fond beaucoupplus de 100 kilog. de cristal avec 720 kilog. de houille ;mais cette plus grande quantité de cristal fondu necomprend que 144 kilog. de composition neuve, lereste est fourni par des groisils provenant des fontesprécédentes, et on nen obtient que 100 kilog. de cristalvénal.

La houille coûte aux Anglais , rendue dans leursusines, 7 fr. 50 c., soit 5 fr. 40 c. pour 720 kilog.

Elle revient à Baccarat à 3 fr. 90 c. les 100 kilog.Il est vrai quon naccepte, à ce prix, que de la houilleen morceaux, et que, si lon prenait, comme les An­ glais , de la houille tout venant, elle coûterait 25 c. demoins. Nous ne la supposerons donc, pour comparernotre situation à celle de nos rivaux d'outre-Manche,quà 3 fr. 65 c. par 100 kilog., soit 26 fr. 28 c. pour720 kilog.

Le désavantage relatif de Baccarat est do 20 fr. 88.

Sur quatre fours qui sont actuellement en activité àBaccarat , trois sont chauffés au bois. Le résultat dece mode de chauffage est très-sensiblement le meme.On consomme 2 stères et demi de bois pour 144 kilog.de composition neuve.

1° Ces 2 stères et demi coûtent, en moyenne,rendus dans l'usine, à raison de 8 fr. 50 c. parstère, 21 fr. 26.

2° Le fendage en billettes et les manipulations quien résultent reviennent à 1 fr. par stère, 2 fr. 50.

3° On brûle, pour sécher 2 stères et demi de billettesavant de les employer dans les fours, 0 stère 25 debois dun prix moins élevé, qui ne sont évalués quàü fr. le stère, 1 fr. 50.

4° Main-dœuvre des chauffeurs , chargement etdéchargement des chariots, iO c. par stère sur 2 stèreset demi, 1 fr.

Total de la dépense sensiblement égale à celle de lahouille, 26 fr. 23.

Nous ne croyons pas devoir faire mention du sableet de la terre réfractaire quil faut aller chercher, lunà 300 kilomètres, lautre à 565 kilomètres de Bac­ carat , et qui coûtent sensiblement plus cher quaux An­ glais ; les charges comparatives que cette circonstanceimpose ne paraissent pas avoir assez dimportance pourquil y ait lieu de lintroduire dans ce calcul.

Intérêts et amortissement de capitaux. On peut éva-luer la mise de Rnds engagée dans lexploitation dunecristallerie à léquivalent de la production annuelle.Chaque pièce fabriquée est donc effectivement grevéede lintérêt dun capital égal à sa valeur. Mais tandis que100 kilog. de cristal uni dépontillé représentent pourles Anglais une valeur moyenne denviron 160 fr., ilsvalent à Baccarat 210 fr. Il est évident que les matièrespremières, le combustible, loutillage, les machineset les produits étant moins chers en Angleterre, la con-fection et la mise en magasin dun môme poids de cris-tal fabriqué doit exiger un moindre capital dans cepays quen France ; et comme lintérêt courant estchez nous à peu près double de ce quil est outre*Manche, nos concurrentssupportentlintérêt de 160 fr.à 3 p. 100, au plus 4 fr. 80, tandis que lintérêt de210 fr. à G p. 100 représente 12 fr. 60.

Lexcédant dintérêts pour les cristalleries françaiseséquivaut donc à la somme de 7 fr. 80.

Si on suppose un amortissement annuel de 5 p. 100,cet amortissement imposera au fabricant anglais , surle capital de I60 fr. afférent à chaque quantité de 100kilog. de cristal uni fabriqué dans lannée, une chargede 8 fr., et au fabricant français , sur un capital de210 fr., 10 fr. 50.

Différence au détriment de Baccarat , 2 fr. 50.

Transport. Quant à la comparaison de la dépensede transport que ferait peser sur la cristallerie anglaiseet sur la cristallerie française la vente de leurs pro-duits en France , pour faire ce calcul M. Godard léta-blit au Havi-e.

Placer les indqstriels des deux nations dans des con-ditions dégolité à Paris , ce serait, suivant lui, mettrenos producteurs dans limpossibilité absolue de lutteravec les rivaux qui se présenteront dans toftte la partiede la France située à louest du méridien de Paris , dunord au midi, depuis Dunkerque jusquà Carcassonne ;ce serait sexposer à livrer à ceux-ci le Havre , Rouen ,Nantes , Bordeaux , Toulouse et les centres qui sap-provisionnent dans ces contrées de commerce. En éta-blissant léquilibre au Havre, on ne létablit pas pourcela à Nantes , Bordeaux et Bayonne oii les Anglais ,expédiant directement, conserveront un avantage im-portant sur les Français placés à Baccarat , Saiut-Louis, Paris ou Lyon ; mais il faut bien adopter unpoint de comparaison, et le Havre parait encore le plusrationnel, malgré cet inconvénient grave. Dans cesconditions, on peut admettre, en considérant Bacca­ rat , situé à 612 kilomètres du Havre , et les cristal-leries anglaises placées en Angleterre sur les portsdembarquement de Newcastle ou ailleurs, quilsnont aucun avantage les uns sur les autres en ce quiconcerne les transports, et en supposant quils soientdans des positions équivalentes sous ce rapport. Lin-flucnco des transports est donc éliminée.