AGIOTATES.
AGIOTATES.
< hi désigne sous ce nom tout sel formé pur l'acide acéti-que. Les acétates sont généralement solubles; ceux quiK* sont très peu (acétates d'argent et de mercure) n'ontaucun emploi dans l'industrie, ('es sels, traités pur l'a-cide sulfurique, donnent lieu à un dégagement d'acideacétique qui les fait aisément reconnaître. La chaleurdécompose tous les acétates ; mais les produits de cottedécomposition sont très variables, suivant la stabilitédu sel. Les acétates les plus stables, tels que ceux depotasse et de chaux, donnent à la distillation un liquideextrêmement volatil, ayant une odeur étliérée (jui portele nom d 'esprit pyro-acélique omWirélone [voir ce der-nier mot). Les acétates peu stables, celui de cuivre parexemple, donnent lieu ii un dégagement d’acide acé-tique très concentré ; câlin les acétates moyennementstables, comme ceux de plomb et d'argent produisentun mélange d'acide acétique et d’acétone. Les acétatesemployés dans les arts sont les suivants :
acétate d'alumine (nngl. acétate of illumina,ail. essigsaure alaunevde). Ce sel est le mordant leplus habituellement employé pour tixer les couleurssur les tissus. Sa solubilité permet de l'appliquer àl'état de dissolution très fortement chargée. Etant dé-liquescent, il reste, en se desséchant, sous forme de pâte,et il ne peut offrir l'inconvénient de détruire, en cris-tallisant, les dessins des étofl'es. Enfin, la facilité aveclaquelle il perd sou acide le rend propre à céder autissu dont il est imprégné, de l'alumine ou un sous-seld’alumine capable de fixer les matières colorantes.
L’acétate d'alumine se prépare dans les ateliers endécomposant, à froid, l’alun par l’acétate de plomb ; ilsc précipite du sulfate de plomb, tandis qu’il reste dansla liqueur filtrée ou decantée de l’acétate d’alumine etde l’acétate ou du sulfate de potasse, suivant que l’ona employé plus ou moins d’acétate de plomb. I/acé-tate d’alumine que l'on obtient ainsi n’est donc paspur, mais le sel avec lequel il est mêlé no produit au-cun effet nuisible sur les couleurs qu’il s’agit de fixer.02 parties en poids d’alun octaédrique ordinaire sontcomplètement décomposées par 100 parties d’acétatede plomb.
L’acétate d'alumine sc prépare aussi depuis quelquetemps en traitant l’alumine pure par de l’acide acétique.
acétate de chaux (angl. acétate of lime, ail. es-sigsaures Ualk). Voyez acide acétique.
acétates de cuivre (angl. ncetate of copper,ail. essigsaures kupferoxid , grUnspan). On en dis-tingue jusqu’à cinq variétés, dont deux seulement, l’a-cétate neutre ou vvrdvl, et le sous-acétate dit vert-de-gris , sont livrés au commerce. La fabrication de cesproduits est surtout concentrée aux environs de Mont-pellier .
On prépare le vert-de-gris au moyen du marc de rai-sin ; pour cela, on place le marc dans des tonneaux dé-foncés ou dans de grands \ uses en terre, en le divisantle plus possible; on couvre les vases et on abandonnele tout à lui-même, pour que la fermentation acide s’ydéveloppe. La masse s’échauffe, une odeur de vinaigrese fait sentir, et si on laissait l’action se continuerd’elle-mêmc , la température s’élèverait au point deperdre une grande partie de l'acide : au bout de trois àquatre jours, dans les circonstances les plus ordinaires,on procède à la suite de l’opération; mais si la forma-tion de l’acidc acétique n’a pas lieu assez promptement,on échauffe artificiellement le local oii sc trouvent lesvases, au moyen de réchauds ; on prend soin de les cou-vrir avec des couvertures, pour prévenir la déperditionde la chaleur développée par l’acte de la fermentation,et <le temps à autre on remue la masse pour que l’airy pénètre mieux. Quelquefois, au contraire, l’acétifica-tion fait des progrès si rapides, qu’une grande quantité :d’acide sc répand au dehors. Dans une bonne opération, !la température du mare se maintient entre 35 et 50“
centigrades. Les feuilles de euiwc (pie l'on emploieproviennent ordinairement du doublage des vaisseaux;on commence par les diviser en plaquettes de b centi-mètres de large sur I 2 à lü centimètres de long, et pe-sant 250 grammes environ chaque. Ces plaquette neseraient que dilîicilcment attaquées, si on n’avait eupréalablement soin de les frotter avec un linge impré-gné d’une dissolution de vert-de-gris, et de les fairesécher ensuite à l'air en les plaçant de champ ; il suffîtencore de les laisser quelque temps sur du marc, la sur-face s’oxyde, et la formation du \crt-de-gris peut mar-cher avec facilité'.
l’our savoir si le marc est à l’état convenable, on ylaisse pendant \ ingt-quatre heures une lame de cuivre ;au bout de ce temps, elle doit être recouverte d’unecouche mince de vert-do-gris. Si, au contraire, il s’ydépose des gouttelettes de liquide, la température esttrop élevée. Cela fait, on forme dans des vases de terrenommés ouïes des couches alternatives (le marc et defeuilles de cuivre, qui ont été élevées à une températuretelle qu’on ne puisse les toucher avec la main, en lestenant sur une grille placée dans un tonneau défoncépar les deux bouts, et au-dessous de laquelle on fait dul'eu. On reconnaît la fin do l’opération à ce que le mareblanchit ; on enlève alors les plaques de cuivre qui sontrecouvertes de petits cristaux soyeux, on les pose dechamp sur des bâtons, et à diverses reprises on lesplonge dans l’eau et on les remet dans la même posi-tion. Après trois ou quatre immersions, (pii ont lieu tousles cinq ou six jours, on gratte la surface avec un cou-teau pour détacher la couche do vert-de-gris, que l’oncomprime dans des sacs de peau, de manière à lui don-ner la forme de pains cubiques, sous laquelle on lerencontre dans le commerce.
On place dans chaque vase 15 à 20 kilogrammes decuivre, et on obtient environ 3 kilogrammes de vert-de-gris.
Dans cette operation, l’acide acétique, produit par lafermentation de l’alcool contenu dans le marc de raisin,détermine l’oxydation du cuivre, qui devient alors sus-ceptible de se combiner avec l’acide ; mais il ne peutse former qu’un sous-sel, parce que l'acide est en faiblequantité, relativement à celle du métal.
L’acétate neutre ou verdrl est très vénéneux, solubledans cinq fois son poids d'eau bouillante; il s’obtienten faisant chauffer ensemble une partie en poids devert-de-gris récemment préparé et deux parties de bonvinaigre distillé. On agite de temps en temps avec unespatule de bois, et quand la couleur du liquide n’aug-mentc plus d’intensité, on le laisse déposer, puis on ledécante. On verse de nouveau vinaigre sur le dépôt, ets’il se colore moins que le premier, on y ajoute un peude vert-de-gris. Les résidus épuisés ne consistent qu’encuivre peu oxydé. On les distribue en couches de 5 cen-timètres d'épaisseur, au plus, sur des planches étagéesautour de l’atelier. On les humecte de temps en tempsavec du vinaigre, et on renouvelle les surfaces. Celles-cise recouvrent d’efflorescences que l’on traite comme lepremier vert-de-gris. Quant à la dissolution, on la faitévaporer jusqu’à pellicule, et on la fait cristalliser dansdes vases où l’on place des tiges de b<^s fendues enquatre à l’un des bouts, autour desquelles les cristauxviennent se grouper en grosses grappes.
En distillant au bain de sable l’acétate neutre docuivre, il reste dans la cornue un résidu de cuivre mé-tallique mêlé d’un peu de charbon, et on obtient dans lerécipient un liquide formé d’un mélange d’acide acéti-que, d’eau, d’acétone, et d’acétate de deutoxyde de cui-vre, troublé par quelque peu de cuivre très divisé. Ceproduit liquide, reetilié par une nouvelle distillation,donne un acide composé d’acide acétique, d’un peud’acétone et d’eau, qui est livré au commerce sous lenom de vinaigre radi al.