acétate de fer (angl. acétate of iron, ail. cssig-saures eisenoxid). Ce sol se prépare aisément eu trai-tant des rognures de fer ou de tôle par l’acide acétiqueétendu. IL est très soluble dans l’eau, de laquelle unedouce évaporation le sépare en une gelée d’un rougebrun très foncé, déliquescente. On le prépare en granddans les fabriques d’acide pxjroligncux, pour les besoinsde la teinture ; on emploie pour cet objet l'acide distillé.On avait d’abord essayé de se servir de l’acide qui n’a-vait subi aucune purification ; mais on obtenait alorsun sel tellement impur qu’il ne contenait jamais moinsde 2 p. 100 de goudron, lequel nuisait à la couleur quel’on fixait sur le tissu, et offrait plusieurs graves incon-vénients. Comme le goudron qui s’attachait à la fer-raille sur laquelle on versait l’acide pyroligneux, ne tar-dait pas à la recouvrir d’une couche épaisse qui lasoustrayait à l’action dissolvante de l’acide, il fallaitpour l’en débarrasser, la disposer de temps en temps entas, et y mettre le feu; le goudron brûlait, et la cha-leur produite par la combustion produisait l’oxydationdu fer.
On préfère aujourd’hui prendre l’acide distillé mar-quant 3" à l’aréomètre de Baume, ce qui correspond àune richesse de G 1/2 d’acide acétique anhydre pour100 de liquide. On le verse sur de la tournure ou descopeaux de fer, disposés dans un tonneau à deux fonds,muni d’un robinet placé à la partie inférieure. Aprèsquelque temps de contact, il se dégage des bulles d’hy-drogène en assez grande quantité : ce qui s’écoule parle robinet est reversé de temps à autre dans le tonneau ;et au bout de trois ou quatre jours la dissolution est or-dinairement achevée ; elle marque 10° à l’aréomètre ; onla concentre jusqu’à ce qu’elle arrive à I 4 ou 13°. Ar-rivée à ce point, elle est livrée au commerce, et elle vest connue sous le nom de bouillon noir. Avec 10 par-ties de ferraille, on obtient 100 parties de bouillonnoir.
acétate de plomb (sel de Saturne ; angl. acetate oflead, sugar oflead; ail. cssigsaurcs bleioxid,bleizucker).On prépare ce sel en dissolvant à chaud de la lithargodans de fort vinaigre de malt, de bois ou de vin, jusqu’àce que l’acide soit complètement saturé. Pour faire cetteopération sur une grande échelle, l’appareil le plus con-venable que l’on puisse employer est une chaudière decuivre doublée en plomb à l’intérieur. 325 partiesd’oxyde de plomb bien pulvérisé, neutralisent 575 par-ties d’acide acétique marquant 7° à l’aréomètre deBaume et donnent 960 parties d’acétate de plomb cris-tallisé. On verse peu à peu l’oxyde dans le vinaigre, etl’on agite constamment le mélange, afin d’empêcher lesparties solides de s’attacher au fond, la dissolution sofait immédiatement avec une grande clialeur. On entre-tient l’élévation de température en faisant un peu defeu sous la chaudière dans laquelle on opère. On ajoutede l’eau provenant des lavages des opérations anté-rieures, et après avoir fait bouillir le tout, on laisserefroidir lentement et reposer. Il faut alors retireravec un siphon la dissolution limpide, et la concen-trer jusqu’à 32° B., en ayant soin d’v maintenir tou-jours un petit excès d’acide, pour empêcher la forma-tion de sous^els qui pourraient gêner la cristallisationultérieure. Lorsque la liqueur concentrée est colorée,on la décolore en la filtrant sur une couche de noir engrains.
Les vases en faïence vernis au feu sont ceux qui con-viennent le mieux pour cristallisoirs. On empêche l’acé-tate de s'attacher à leurs bords en les graissant avecdu suif. Les cristaux obtenus doivent être égouttés etséchés dans une étuve, à une douce chaleur. 11 est àremarquer que le linge, la paille, le bois, le papierimbibés d'acétate de plomb et séchés, prennent faci-lement feu et se consument comme des mèches. Quandles eaux mères ne déposent plus de cristaux, on les
décompose par le carbonate de soude, ou par une pe-tite quantité de chaux, et l’on obtient un carbonate ouun oxyde de plomb que l’on peut traiter avec de nou-veau vinaigre. L’acétate de soude qui surnage peutfournir de l’acide acétique pur, en le traitant par l’acidesulfurique.
Il est essentiel de se servir d’un acide concentré pourpréparer l’acétate de plomb ; autrement on perdraitbeaucoup de temps à rapprocher les dissolutions. Le sel,extrait d’un liquide moyennement concentré, donne descristaux à 4 et à G pans, qui sont incolores et transpa-rents ; obtenu dans une dissolution plus concentrée, ilcristallise on petites aiguilles qui jaunissent en se fon-dant, pour peu que l’acide dont on s’est servi soit impur.L’acétate de plomb est inodore, il a un goût métalliquedoux et astringent, une pesanteur spécifique de 2,345 ;il se conserve à l’air à la température ordinaire, maislorsqu’on le chauffe à 57° 1 /2, il éprouve la fusionaqueuse, perd son eau de cristallisation, et forme unepoudre qui, à l’air, se transforme peu à peu en carbo-nate de plomb. Le sel cristallisé est efliorcscent, ettrès soluble dans l’eau et l’alcool ; il rougit faible-ment le papier de tournesol. Mais sa réaction sur lesteintures de curcuma et de violette est alcaline. Il estformé de : oxyde de plomb. . . . 58,71
acide acétique.27,08
eau.U,21
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On emploie souvent l’acétato de plomb dans l’im-pression sur calicot. Ce sel est un poison dont l’emploiexige une grande circonspection.
11 y a deux sous-acétates de plomb : le premier, quiest un tri-sous-acétatc, a trois atomes de base pour und’acide ; il est connu depuis longtemps sous le nomd'extrait de Goulard. On l’obtient en faisant digérer àchaud une dissolution d’acétato neutre avec de la li-tharge ou du massicot. 11 se forme alors des écaillesblanches, cristallines, qui ont une saveur moins douceque celle de l’acétate neutre de plomb, ne se dissolventque dans 30 fois leur poids d’eau, sont insolubles dansl’alcool, et font éprouver une réaction alcaline très mar-quée au papier de tournesol. L’acide carbonique en pré-cipite le plomb à l’état de carbonate, ainsi que l’a in-diqué Thénard, en parlant de la fabrication du blanc deplomb. Le sous-acétate est formé de 88,66 d’oxyde etde 13,34 d’acide. On s’en sert pour préparer le sous-chromate orangé de plomb, et il est quelquefois employéen chirurgie.
On peut encore obtenir un autre sous-acélale à 6 ato-mes de base, en ajoutant un excès d’ammoniaque à ladissolution du sel précédent, et en lavant le précipitéavec de l’eau ammoniacale. On obtient alors une poudreblanche, soluble dans l’eau bouillante, et qui, par lerefroidissement, se dépose sous la forme de paillettesblanches soyeuses. Ce sel se compose de 92,86 d'oxydeet de 7,14 d’acide.
acétate de soude (angl. acetate of soda, ail. essig-saures natron.) Voy. acide acétique.
ACÉTATES {nouveau procédé de préparation des J.Quelques-uns des acétates que nous venons d’indiquerpeuvent se préparer par un procédé qui a pris naissancedans les fabriques d'acide pvroagueux, et qui estappliqué depuis l’année 4844 dans la fabrique doChoisy-le-Roi . La matière première est l’acétate desoude torréfié, que l’on obtient, comme il est dit à l’ar-ticle acide acétique, par la réaction simultanée de l’aeide acétique, du sulfate de soude et de la craie. Entraitant une dissolution de cet acétate de soude, par unsulfate soluble, également en dissolution, comme lessulfates de cuivre ou de fer, il y a double décom{>osition ; il se forme uu acétate avec la base du sulfate em-ployé, et du sulfate de soude dans les deux cas. Or