acide acétique.
on la posa alors sur un fourneau convenable ; on a<lnptcune allonge au goulot, et Ton dispose à la suite deuxou trois matras à deux tubulures; le dernier matras aune de ses tubulures verticales; l'appareil se terminepar un tube de Wciter à double branche; la plus courtesort du dernier matras, et l’autre plonge dans un fla-con rempli de vinaigre distillé; chaque chose étant ainsiarrangée, on lutte les joints avec un mastic fait avecde la terre à pipe et de l’huile de lin, et on les recouvreavec du papier et de la colle forte. Chaque matras estplacé dans une bassine à part remplie d’eau froide, oubien le tout peut être mis dans un baquet oblong danslequel cm fait passer un courant constant d’eau froide.On doit laisser sécher le lut pendant tout un jour; lelendemain on procède à la distillation en ayant le plusgrand soin de modérer la chaleur au commencement,et de l’augmenter graduellement et très lentement, jus-qu'à ce qu’on voie les gouttes se succéder assez rapide-ment en sortant du goulot de la cornue, ou par l’extré-mité de l’allonge. Comme les vapeurs qui s’échappentsont très chaudes, il s’ensuit qu’il faut une série de naî-tras pour les condenser ; on doit renouveler de tempsen temps l’eau des bassines, et tenir des linges hu-mides sur les matras ; mais cela demande le plusgrand soin, principalement si le feu marche un peutrop vite, car alors les vases deviennent si chauds qu’ilsse briseraient infailliblement, s’ils étaient mis subite-ment en contact avec de l’eau froide. Il est toujours fa-cile de régler l’opération d’après la sortie du gaz parl’extrémité deTappareil. Lorsque les bulles d’air se suc-cèdent avec une grande rapidité on doit ralentir le feu.
Le produit que l’on obtient pendant la première demi-heure a peu de force; cela vient, jusqu’à un certainpoint, d’une petite quantité d’eau restée dans les cris-taux, lesquels, néanmoins, lorsqu’ils ont été bien pré-parés, doivent être anhydres. Il arrive un moment, versle milieu de l’opération, où Ton voit l’extrémité du becde la cornue, et celle de l’allonge, couvertes de cristauxlamellaires ou sous forme d’aiguilles, et d’une, teintevert pâle. Cos cristaux sont entraînés peu à peu par lesvapeurs acides dans le liquide condensé qu’ils colorent;ce sont des cristaux d’acétate de protoxyde de cuivre.A mesure que l’opération approche de la tin il faut aug-menter l’intensité du feu pour que les vapeurs acidespuissent continuer à se dégager; finalement, on jugeque la distillation est achevée, quand les matras devien-nent froids, quoique le fourneau soit à son plus hautdegré de chaleur, et quand il ne sort plus de vapeurs ;on doit alors retirer le feu et laisser refroidir la cornue.
Comme l’acide qu’on a obtenu par ce moyen est lé-gèrement coloré par le cuivre, on doit le rectifier avantîle le mettre en vente. On se sert pour cela du memeappareil, seulement on remplace la cornue de grès par unecornue de verre qu'on chauffe au bain de sable. Tousles matras doivent etre parfaitement propres et secs.On conduit la distillation comme ci-dessus. Si Ton di-vise les produits en trois parts, la première donneral’acide le plus faible, et la troisième le plus fort. On nedoit point pousser l’opération jusqu’à refus, parce qu’ilreste toujours dans la cornue des impuretés qui altére-raient Tarome et la bonne saveur de l’acide.
La totalité de l’acide qu’on obtient par ce moyenforme à peu près la moitié, en poids, de l’acétate em-ployé, et le résidu en est les trois dixiémes. De sorteque deux dixièmes de l’acide ont été décomposés parla chaleur, et sont perdus. Comme l’oxyde de cuivre estpromptement réduit à l’état métallique, son oxygènes'unit aux éléments d’une partie de l’acide, et forme del’eau, laquelle se mêle aux produits gazeux, acide car-bonique, hydrogène carboné et oxyde de carbone, quise dégagent ; il ne veste donc plus dans la cornue quedu charbon mêlé avec du cuivre métallique. Ces deuxmatières sont dans un tel état de division, que le résidu
est pyrophorique ; aussi prend-il souvent feu au momentoù on le retire de la cornue après le refroidissement.La grande perte que Ton éprouve dans cette opérationa porté plusieurs chimistes à essayer différentes métho-des pour obtenir tout l’acide contenu dans l’acétate.On a conseillé, par exemple, d’ajouter une certainequantité d’acide sulfurique; mais outre que le vinaigreradical qu’on obtient par ce procédé contient toujoursde l’acide sulfureux, dont il est ditlicile de le débarras-ser, il perd par bêla même cet esprit qu’on appellepyro-acétique ou acétone, qui tempère le piquant de sonodeur, et lui donne un arôme agréable. 11 est donc hprésumer quo le procédé que nous venons de décrire,continuera à être préféré quand on voudra obtenir duvinaigre aromatique ou vinaigre radical. On modifie sou-vent après coup l’odeur de celui-ci, par l’addition d’hui-les essentielles diverses, telles que celles do romarin,de lavande, etc.
On peut encore préparer l’acide acétique des chi-mistes par les procédés suivants : 1° On distille lente-ment, dans une cornue de verre, deux parties d’acétatede potasse fondu, et une partie d’acide sulfurique con-centré, et le produit de la distillation, recueilli dans unréfrigérant, est de l’acide acétique concentré; commecelui-ci est souillé par une petite quantité d’acide sulfu-reux, on l’en débarrasse en le distillant de nouveau avecun peu d’acétate de plomb. 2° Quatre parties d’acétateneutre de plomb traitées par une partie d’acide sulfuri-que, donnent un acide acétique un peu plus faible queci-dessus. 3° En mélangeant du sulfate de fer ou vitriolvert légèrement torréfié avec de l’acétate neutre de plomb,dans la proportion de 1 partie du premier sel et de2 1/2 parties du second, ou bien avec de l’acétate decuivre, et distillant le mélange avec précaution dansune cornue de porcelaine qui communique à un réfrigé-rant, on obtient dans ce dernier de l’acide acétique trèsconcentré. Dans ce procédé, le sulfate de protoxyde defer se transforme par une évaporation et une légère tor-réfaction au contact de l’air, en sous-sulfate de per-oxyde, qui agit alors par l’acide sulfurique qu’il retientavec très peu de force et qu’il laisse dégager par l’ac-tion de la chaleur. Toutefois, de tous ces divers modesde préparation, celui par le bi-acétate de cuivre quenous avons décrit, est encore préférable.
4” Acide pyroligneux, ou vinaigre de bois. Le procédésuivi pour obtenir cet acide est fondé sur cette pro-priété générale, que possède la chaleur de séparer leséléments des substances végétales, et de les combinerde nouveau dans un autre ordre, en donnant lieu à descomposés qui n’existaient pas dans les corps soumis àson action. Les proportions respectives des produitsobtenus varient non seulement avec les différentes sub-stances, mais aussi pour le même corps, selon que l’in-tensité de la chaleur à laquelle ils ont été soumis, aété plus ou moins forte*, ou que le feu a été conduitavec plus ou moins d’habileté. Lorsqu’on distille unesubstance végétale en vase clos, on obtient d’abordTenu qu’elle renferme, ou Teau de végétation ; il seforme ensuite une autre portion d’eau aux dépens del’oxygène et de Tliydrogèae que le corps renferme ; unequantité proportionnelle de charbon devient libre, et parl’augmentation successive de la chaleur, une petite por-tion de celui-ci se combine avec de l’oxvgène et de l’hy-drogène pour former de l’acide acétique. Ce dernierproduit fut considéré, pendant quelque temps, commeun acide particulier, et on lui donna le nom d'acide py-roligneux. A mesure que la proportion de carbone de-vient prépondérante, celui-ci se combine avec d’autres-principes, et alors il se volatilise une huile empyrcuma-tique qui a d'abord peu de couleur, mais qui s’épaissitet se colore de plus en plus, à mesure qu’elle se chargedavantage de carbone.
Plusieurs fluides élastiques accompagnent ces divers