ADULTERATION.
AEROSTAT.
tait déposé autour des os d’un grand nombre d’entreeux, une substance d’un blanc grisâtre un peu molle etflexible. Fourcroy présenta à l’Académie des sciences ,en 1789, un mémoire sur ce phénomène, par lequel ildémontra que le corps gras en question était un savonammoniacal contenant du phospliute de chaux ; que demême que le spcrmaccti, il prenait par un refroidis-sement spontané une structure cristalline et foliacée,et que comme la cire, il devenait granulaire par unrefroidissement rapide. Il l’appela en conséquence adi -pocire. Son point de fusion était 52°,5 centigrades. Ilcompara aussi cette espèce de savon à la graisse descalculs du fiel (eholestcrinc), et il supposa qu’il étaitun produit naturel de la décomposition lente de toutematière animale, à l’exception des os, des ongles et despoils.
Cette substance fut de nouveau examinée parM. Chevreul en 48-12, et ce chimiste trouva qu’ellecontenait de l’acide margarique et de l’acide oléique,combinés avec une matière colorante jaune et odorante,de l’ammoniaque, un peu de chaux, de potasse, d'oxydede fer, d’acide lactique, et d’une substance azotée.Cette matière doit donc être considérée comme unecombinaison des acides margarique et oléique en pro-portions variables (d’où provient sa fusibilité égale-ment variable), et n’a aucune analogie soit avec le sper-inaceti, soit avec la cholestérine, comme l’avait admisFourcroy.
D’après MM. Gay-Lussac et Chevreul , cet adiporireprovient seulement de la graisse préexistante dans lecorps mort, et non de l’altération de la chair muscu-laire des tendons, ou-des cartilages, ainsi qu’on l’avaitd’abord présumé; ce qui avait donné lieu à des essaisdispendieux et sans résultat pour convertir sur unegrande échelle, en adipocire , les corps morts de3 bêtes àcorne, et les rendre propres à la fabrication des chan-delles et du savon, parla seule exposition de ces corpspendant quelque temps, à l’action de l’humidité.
M. de llartkohl a fait pendant 25 ans, sur ce sujet,une série d’expériences, d’où il a conclu : t° qu’il n’y aaucune formation d'adipocire dnn3 les corps enterrésdans un terroir sec ; 2° que dans la terre humide lagraisse d’un corps mort n’éprouve pas d’augmentation ;mais qu’elle sc change en une matière savonneuse- fé-tide, incapable d’être transformée en chandelle ou ensavon ; 3° que les corps morts des mammifères immer-gés dans l’eau courante, donnent après trois ans deséjour dans cette eau, une matière graisseuse pure,qui est plus abondante chez les jeunes animaux quechez les vieux ; i" que les intestins en fournissent plusque les muscles; 5° qu’avec cette graisse, on peut, sansla purifier, faire des chandelles aussi exemptes d’o-deur, aussi fermes et aussi blanches que les bougies decire blanchie; 6° Qu’avec des corps morts immergéspendant trois ans dans de l’eau stagnante, il y a plusde graisse produite qu’avec ceux qui ont séjourné dansl’eau courante, mais que cette graisse a besoin d’êtrepurifiée, avant d’être transformée en chandelles ou ensavon.
ADULTERATION. Altération d’un produit manu-facturé quelconque, et plus spécialement d’un produitchimique, par un mélange frauduleux de substances demoindro valeur. Nous décrirons les moyens de s’assurerde la pureté des divers produits, aux articles spéciauxrelatifs à leur fabrication.
AERAGE ( angl . ventilation, ail. wotterwecbscl).Renouvellement de l’air vicié renfermé dans un lieuquelconque ; voyez ventilation. Ce ino't s’appliquesurtout au renouvellement de l’air dans les puits et ga-leries de mines ; voyez mines.
AÉROSTAT '{anyl. air-balloon, ail. luftschiff;. Ladécouverte des aérostats est l’une des inventions quiont le plus fixé l’admiration du public, et bien que les
années qui se sont écoulées depuis n’aient pas justiiiétoutes les espérances qu’elle avait fait naître, on nepeut cependant s’empêcher de la considérer commel’une des plus extraordinaires des temps modernes.
C’est aux frères Montgolfier que nous devons cettemerveilleuse découverte. Ils avaient annoncé qu’unegrande machine de leur invention serait capable de par-courir l'atmosphère ; l’expérience en fut tentée a Anno-nay, le 5 juin 1783, en présence des états-généraux etd’un concours immense de peuple; c’est alors que l’onvit en effet un spectacle nouveau sur la terre, et biendigne d’exciter l’enthousiasme : un globe immense quis’élevait majestueusement dans les airs, et qui semblaits’y soutenir par quelque puissance invisible. Cette es-pèce de prodige est cependant bien facile à comprendre.La montgolfière (c’est le nom qu’ont reçu les appareils decette nature, d’après celui de leurs inventeurs), se composed’un globe de papier verni ou de taffetas, qui porte à sapartie inférieure une ouverture de quelques pieds car-rés. Au-dessous de cette ouverture et à quelque di-stance, est suspendu un panier léger, en fil de métal,contenant un corps combustible, soit de la paille ha-chée, soit de la laine ou du papier. Ce combustible étantenflammé, l’air chaud qui l’environne monte de lui-même, pénètre dans le globe et en remplit bientôt toutela capacité. A volume égal, l'air chaud pèse moins quel’air froid; ainsi le poids du globe est moindre que lepoids de l’air qu’il déplace, et il doit s’élever par l’excèsd’énergie de la poussée du fluide. Il s’élève, emportantavcclui le combustible enflammé qui produit sa puis-sance ascensionnelle, et, pour qu’il s’arrête, il fautqu’il arrive dans des couches d’air assez raréfiées pourque la différence des poids de l’air froid déplacé et del’air chaud intérieur, soit justement égalcanxpoids réu-nis de l’enveloppe, du panier et du combustible qu’ilcontient.
Pilfitre des Rozicrs et le marquis d’Arlandes osè-rent les premiers monter dans une nacelle suspendue àune montgolfière, et voyager librement dans l’atmo-sphère, malgré l’immense danger qui les attendait, dansle cas où le feu, qu’il était nécessaire d’entretenir sousle ballon pour maintenir la dilatation de l’air intérieur,vînt â gagner l’enveloppe et l’incendier au milieu desairs.
Nous joignons ici, figure 30, le dessin d’une mont-golfière. 30.