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A-F.
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AEROSTAT.

AEROSTAT.

Un physicien célèbre, Charles, jeune alors, et pro-fesseur à Paris , eut l’heureuse idée de remplacer l'airchaud par le gaz hydrogène , dont Cavendish avait faitconnaître l’cxtrcme légèreté dès -17(30. C’était suppri-mer l’emploi si dangereux du feu; aussi tous les bal-lons construits depuis cette époque, l’ont-ils toujoursété sur ce principe. Charles fit construire un ballon de000 mètres cubes ; et, pour montrer la confiance quedevait inspirer sa décou-verte , il entreprit avec Ro-bert, ce fameux voyage danslequel il fût porté en quel-ques minutes à la hauteurde 900 à 1000 mètres, etparcourut, dans cette régionde l’atmosphère, plus deneuf lieues dans l’espace dedeux heures. C’est du milieudes Tuileries que Charles fitson ascension; toute la po-pulation de Paris était enmouvement ; les places pu-bliques, les sommets desédifices, et tous les lieuxélevés étaient couverts despectateurs; un coup de ca-non fut le signal du départ,et bientôt on vit monter leballon, comme un météore qui s’élève sur l’horizon ; auplus haut des airs on distinguait encore les banderollcsflottantes, éclairées par le soleil, et les navigateurs tran-quilles qui saluaient la terre. Jamais expérience de phy-sique n’excita tant d’admiration et un tel concert d’ap-plaudissements.

On prépare le gaz hydrogène par l’action de l’acidesulfurique étendu d’eau sur des copeaux de fer, et onle renferme clans une enveloppe imperméable en taffetasgommé, ou mieux en taffetas enduit à chaud, d’un mé-lange d’huile do lin siccative, et de caoutchouc dissousdans l’essence de térébenthine.

Actuellement pour rendre l’enveloppe en taffetas im-perméable, on a remplacé l’enduit sur les deux facesen gomme élastique qui revenait assez cher, par unremis de copal, ou meme simplement par un mélanged’essence de térébenthine et d’huile rendue siccative enla faisant bouillir avec de la litharge. On vient d’em-ployer tout nouvellement avec succès une enveloppeen étoffe imperméable de Macintosh., obtenue par l’in-terposition d’une couche de caoutchouc entre deuxpièces de taffetas.

Le gaz hydrogène ne pesant que -A- de l’air atmo-sphérique, on voit que la force ascensionnelle d’un bal-lon de grande dimension peut etre assez considérable.Ainsi un ballon de -10mètres de diamètre peut aisément,poids de l’enveloppe compris, avoir 500 ldlogr. de forceascensionnelle. Cette force sert à enlever avec l’aéro-naute des sacs de sable, ce qui lui permet de partir avecune faible vitesse, et d’atteindre la hauteur qu’il désireen jetant une partie de son lest.

Une précaution essentielle est de ne pas gonfler l’aé-rostat lors du départ ; car à mesure qu’on* s’élève, lapression de l’atmosphère diminuant, le gaz de l’aérostatse dilate et-finirait par crever l’enveloppe si elle étaittendue.

Pour descendre, l’aéronauto entr’ouvre une soupapeplacée à la partie supérieure du ballon, et qu’il peutmanœuvrer au moyen d’une corde. Le ballon perdantde sa force ascensionnelle, tombe, et par ce moyencombiné avec celui du lest, il devient possible de des-cendre sans danger.

La figure montre comment la nacelle est suspendue auballon sans points d’attache qui compromettent la solidité

de l’appareil, et puissent occasionner des déchirements.Xous donnons ei-apres une table qui fait voir quellecapacité doit avoir un ballon sphérique pour enlever unpoids donné.

VOLUME

SURFACE

K1LOGR.

POIDS

FOIiCE

•y —

que le gaz

^ s

peut

mètres cub.

met.carré.

enlever.

loppc.

nclle.

<2

4,19

12,57

5,03

kil.

3,14

kil.

■1,89

4

33,o 1

50,27

40,21

12,57

27,65

6

113,10

113,10

135,72

28,27

•I 07,

7

179,59

153,94

215,51

38,48

177,03

8

268,08

201,06

321,70

52,01

269,69

9

381,70

254,47

458,04

63,62

394,42

10

523,60

314,16

628,32

78,54

549,78

11

696,91

380,13

836,29

95,03

741,26

12

904,78

452,39

1085,74

113,10

972,84

13

1150,35

530,93

1380,42

132,73

1247,69

Les ballons sont certes une admirable invention,mais pourra-t-on jamais en tirer une utilité directe ?

Pour cela il faudrait avant tout pouvoir parvenir àles diriger, et c’est pour atteindre ce but que des mil-liers d’inventeurs proposent chaque jour des systèmesnouveaux.

Dans l’état actuel de l’art une seule chance s’offre àl’aéronautc qui veut atteindre une région déterminée,chance très rare et très précaire.

On a remarqué depuis longtemps qu’il existe sou-vent, à des hauteurs diverses do l’atmosphère, des cou-rants de direction différente ou meme tout à fait oppo-sée. Quelquefois, au-dessus d’une région calme, ilexiste un vent très sensible, ou bien inversement.L’aéronautc peut donc espérer de rencontrer assez fré-quemment un vent convenable; mais la manœuvre demonter ou descendre à volonté, pour atteindre les ré-gions où le courant est favorable, abrège essentielle-ment la durée du voyage, puisqu’elle exige, commenous l’avons dit, soit une perte de lest pour gagner dela hauteur, soit une perte de gaz pour descendre, endiminuant ainsi la force ascensionnelle du ballon.

Le système qui se reproduit presque constammentconsiste à produire le mouvement par des ailes analo-gues à celles des oiseaux, dont l’exemple a toujoursexcité la jalousie de l’homme, comme le prouve la tra-dition d’Icare.

M. Xavier, cherchant à étudier cette question aupoint de vue négligé par les inventeurs, de la forcenécessaire pour produire les effets indiqués, est arrivéà cette conclusion : que l’homme ne dispose pas enchaque instant, toute proportion gardée, de plus de laquatre-vingt-douzième partie de celle que l’oiseau déploie quand il se soutient dans l’air.

Il n’y a donc pas lieu, comme M. Hutton l’a fait ily a quelques années, à chercher à se diriger dansl’air au moyen d’un appareil analogue à celui des oi-seaux, en employant la force motrice de la vapeur, carà poids égal l’homme est encore le moteur qui produitle plus grand trav ail continu. Il serait plus rationneld’essayer un appareil analogue à celui du poisson ; ce-lui-ci se soutient dans l’eau à l’aide de sa vessie nata-toire, et se dirige avec ses nageoires eî; sa queue qui luisert de gouvernail. Un ballon occupant l’intérieur d’unecarcasse, à laquelle seraient fixés un gouvernail et degrandes rames ou des roues à palettes, soutiendrait enl’air l’appareil, qu’il ne s’agirait plus que de diriger.Mais alors la force humaine no serait pas susceptiblede développer d’une manière continue l’effort nécessairepour faire avancer le ballon dans une direction opposée