AEROSTAT,
AÉROSTAT.
a celle Ju moindre vent. Ou ne pourrait pas encoredans ce cas employer de machine à vapeur de crainted’incendier le ballon ou le gaz qu'il renferme, indépen-damment du poids trop considérable de ce moteur parrapport à son travail. On doit s’en tenir à cette con-clusion de M. Xavier dans son rapport déjà cité : « Nouspensons que la création d’un art de la navigation aé-rienne, dont les résultats pourraient être utiles et pré-senter autre chose qu’un spectacle, est subordonnée àla découverte d’un nouveau moteur dont l’action com-porterait lin appareil beaucoup moins pesant que ceuxqu’exigent les moteurs que nous connaissons aujour-d’hui. »
La poudre à canon employée dans les fusées nousmontre l’exemple d’un corps se dirigeant pendant quel-ques instants dans l’air, au moyen d’une force motriceconcentrée dans le corps en mouvement.
Pendant les guerres de la Révolution et notammentà la fameuse bataille de Fleurus , on employa des ballonscaptifs comme moyen d’observer les mouvements del’armée ennemie, mais la difficulté de leur emploi parune cause dont nous parlerons plus loin rendit les avan-tages qu’on en retira de trop peu d’importance, et ony renonça bientôt. M. Arago a proposé l’emploi de bal-lons captifs attachés avec un iil de métal, pour fairepasser dans le sol l’électricité contenue dans les nuageset préserver ainsi les récoltes de la grêle. On n’a pasencore expérimenté ce moyen, ni constaté son eflica-cité. Un premier obstacle restait à lever pour un essaiprolongé, c’est celui résultant de la rapidité avec la-quelle a lieu la déperdition du gaz contenu dans le bal-lon, dont l’enveloppe en tissu ne peut être d’une imper-méabilité absolue. La solution du problème a ététentée par M. Marev-Monge qui est parvenu, au moyendu chalumeau de M. Desbassyns de Richemont, à con-struire un ballon métallique, composé de feuilles de cui-vre soudées. Malheureusement le peu d’épaisseur qu’onpeut laisser à des feuilles aigries par le laminage estune cause de déchirures inévitables autrement ce balloneût été très-propre (pourvu toutefois qu'il ne fut pasîvsté de traces d’oxigène à son intérieur) à faire Fessaiindiqué par M. Arago, dont nous venons de parler,ainsi que tout autre essai pour lequel un séjour pro-,longé dans l’air, à une grande hauteur, serait nécessaire.
Le grand danger d’un pareil système, est avec le peud'épaisseur des feuiiles métalliques rendues aigres parle laminage, l’impossibilité que le ballon varie de di-mensions avec les changements de pression, autre causede fréquentes déchirures.
Le second obstacle à lever était de parvenir à main-tenir contre le vent les ballons captifs. Cette, questiona été traitée dans le numéro de mai 1814, du Magasinpittoresque f par M. Tianson, d’une manière si remarqua-ble et si neuve, qu’on nous saura gré d’en extraire cequi suit :
Les ballons captifs paraissaient, dans l’origine de l’in-vention, devoir rendre de grands services à l’art de laguerre et à la météorologie. Ainsi il paraissait qu’unaérostat, demeurant en communication avec le chef del'armée, serait d’un grand secours pour effectuer unereconnaissance militaire, pour éclairer les mouvementsde l’ennemi, pour étudier les ressources et les moyensde défense d’une ville assiégée , etc. ; et tout le mondesait que l’armée du Nord, en 1793, renfermait unecompagnie d’aérostiers dirigée par le colonel Coutellc.Cet officiel* raconte que, dans ses études préparatoiresau château de Meudon, il avait pu, du haut de son aé-rostat captif, reconnaître le cours de la Seine jusqu’àMculan ; résultat bien suffisant pour donner une idéedes services que ce mode d’observation pourrait rendres’il était convenablement organisé. — Comment la mé-téorologie, de son côté, ne tirerait-elle pas de l’emploides ballons captifs un avancement rapide, puisqu’elle y
trouverait le moyen d’étudier les phénomènes de tem-pérature, (le pression barométrique, d’électricité, etc.,qui se produisent dans le cours de.la journée à toutes leshauteurs de la verticale d’un meme lieu? Enfin c’est parles ballons captifs qu’on pourra sans doute réaliser quel-que jour l’ingénieuse idée de Yaérostat paratonnerre etparagréie.
Nous entrerons à ce sujet dans quelques détails.
On sait que le phénomène du tonnerre, et probable-ment aussi celui de la grêle, dépendent de la quantitéd’électricité que les nuages orageux transportent aveceux dans l’atmosphère. Cependant comme les corpsterminés en pointe, s’ils sont en même temps de naturemétallique, ont la propriété de soutirer l’électricité, ildevient manifeste que présenter de tels corps à distanceconvenable d'un nuage électrique, c’est un moyen as-suré d’annuler ou, sans aucun doute, d’amoindrir in-définiment les effets de l’orage. Aussi espérait-on bien,à l’époque de Tinvcntion du paratonnerre, que l’établis-sement d’un grand nombre de semblables appareils surtoute la surface d’un pays ne manquerait pas de dimi-nuer considérablement le nombre des orages et la gran-deur des désastres qui en sont la suite. Mais cet espoirne s’est pas réalisé. Le paratonnerre ne devient efficaceque si le nuage électrique est à une assez petite di-stance, et, à la vérité, cela suffit pour qu’il soit à l’é-gard de nos édifices une excellente sauvegarde contreles effets de la foudre. Mais la plupart des nuages ora-geux sont beaucoup trop élevés pour recevoir des para-tonnerres la moindre influence. Kacmtz, dans son coursde météorologie, combat par des observations précisesl’opinion vulgaire qui attribue à tous les nuages ora-geux une faible hauteur (pag. 36-1, delà traduction deM. Murtins). Ces nuages passent donc au-dessus de nosvilles toutes hérissées de paratonnerres sans que leurcharge électrique soit diminuée, et par conséquent sanscesser d’être une source de désastres pour les campagnes. Cependant imaginez, comme l’a proposé M. Arago,qu’un ou plusieurs ballons aient été élevés à une hau-teur voisine des nuages orageux; armez-les de pointespour soutirer l’électricité ; enfin maintenez une commu-nication entre eux et la terre par une corde égalementconductrice du fluide; par là vous aurez forcé vraimentl’orage à s’écouler sans fracas ni danger. Mais pouremployer les ballons captifs il faut les maintenir contrele vent. I/air est calme quelquefois ; mais c’est unecirconstance rare et qui dure à peine quelques heures.L’état naturel de l’atmosphère, c’est d’être agité parle vent. Eh bien! la force d’un vent, même mé-diocre, suffira pour porter à terre tout ballon captif.C’est là la vraie difficulté qu’a rencontrée Coutellc ausiège de Mayence et qu’il a signalée dans sa notice.{Revue encyclopédique, septembre 1826.) S’étant fait éle-ver pour reconnaître la place, il pouvait déjà discernerles mouvements des troupes dans l’intérieur de la villeassiégée. Mais, tout d’un coup le vent fraîchit, et portatrois fois de suite son aérostat jusqu’à terre, en le fai-sant tourner autour des points d’attache, de toute lalongueur de3 cordes de retenue. A chaque fois que leballon avait touché, il se relevait par la réaction duchoc avec une vitesse extrême, et, de suite après, ilétait de nouveau rabattu. Naturellement, il fallut sefaire descendre et abandonner la partie. Mais ce simplerécit explique assez pourquoi l’expérience faite à la ba-taille de Fleurus n’a pas été renouvelée dans les cam-pagnes suivantes.
Four atteindre au but proposé, il suffira de com-biner avec le principe du Y aérostat celui du cerf-volant.Prenons d’abord cette idée dans toute sa simplicité,et imaginons qu’à la corde de retenue et au-dessous duballon soit attaché un véritable cerf-volant; n’est-ilpas manifeste qu’un tel appareil s’élèvera d’abord avecfacilité comme aérostat, et qu’ensuitc comme cerf-vo-