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AFFINAGE.

AFFINAGE.

Si l’on veut revivifier le nitrate de cuivre, l’appareilindiqué ci-dessus permet de recueillir une portion con-sidérable de l’acide nitrique, en évaporant d’abord lenitrate presqu’d siccité, puis rajustant le tuyau e etaugmentant graduellement le feu pour expulser l’acide ;l’oxyde de cuivre se déposera au fond de la cornue sousforme d’une masse noire, et .si l’on a eu soin d’entre-tenir le gravier des tubes ii, Il constamment humide,l’acide nitrique est régénéré sans autre dépense qu’unpeu de chauffage.

Après avoir séparé l’oxyde de cuivre, on peut rem-ployer à préparer du sulfate de cuivre en ajoutant•122 parties d’acide sulfurique, étendues d’eau, pour1U0 d’oxyde. Quant à la quantité de cuivre nécessairepour précipiter l’argent, elle est de 29 kil. pour 100 kil.d’argent.

Dans le départ au moyen de l’acide nitrique, l’orretient un peu d’argent, ce qu’on démontre en le dis-solvant dans l’eau régale, et étendant d’eau, il se formeau bout de quelques heures un précipité opalin dechlorure d’argent. De même l'argent obtenu contientune petite quantité d’or.

M. Dizé a eu l’idée de remplacer l’acide nitrique parracide sulfurique, au moyen duquel on peut séparer del’argent affiné, par le procédé décrit plus haut, une cer-taine quantité d’or. Ce procédé est généralement adoptéen France , et a permis de retirer de l’argent affiné parl’acide nitrique, un millième de son poids d’or. Ce quidonne un produit de 3,444 fr. 44 c. par 4,000 kil.d’argent.

L’alliage le plus convenable au départ pur l’acidesulfurique se compose d’or, d’argent et de cuivre,dans le rapport do 200, 725 et 75, en tout 1,000. IIne doit jamais contenir plus d’or, parce qu’alors toutL’argent ne serait pas attaqué, et il no doit pas nonplus contenir plus de cuivre, sans quoi le sulfate de cemétal qui se formerait, et qui est insoluble dans l’acidesulfurique concentré, empâterait l’alliage et le garan-tirait de l’action de l’acide. Si l’alliage contient desmétaux oxydables, tels que du plomb, de l’étain, etc.,en quantité un peu grande, on commencera par les sé-parer au moyen de la coupellation. Si la proportion deces métaux est très petite, leur séparation s’exécute enmeme temps que celle du cuivre en excès par F opéra-tion de la poussée , en fondant l’alliage avec un peu denitre.

Le procédé de départ par l’acide sulfurique, pourl’argent contenant peu d’or se compose, des cinq opé-rations suivantes :

\ J On a plusieurs fourneaux de 0 m ,32 de diamètre,sur chacun desquels on place des cornues en platine deforme ovale; on charge dans chaque cornue 3 kil.d’argent aurifère granulé, et 6 kil. d’acide sulfuriqueconcentré. Les cornues ont des chapiteaux coniques ter-minés par des tubes recourbés qui conduisent les va-peurs acides dans des tuyaux en plomb, faisant officede condenseurs. Comme l’acide sulfurique n’attaquepas à froid l’alliage, on chauffe jusqu’à l’ébullition ;une partie de l’acide se décompose alors en oxy-gène, qui s’unit à l'argent et au cuivre métalliques,et en acide sulfureux qui se dégage, une autre par-tie dissout les oxydes et forme des sulfates qui se dé-posent en partie sous la forme de poudre cristalline,parce qu’ils sont peu solubles dans l’acide sulfuriqueconcentré. La dissolution s’opère très rapidement pen-dant les premières heures, puis elle se ralentit et n’estcomplète qu’au bout de douze heures. Pendant l’ébul-lition une certaine quantité d’acide sulfurique non dé-composé se vaporise et s’échappe avec l’acide sulfureux.On la condense dans un grand récipient en plomb main-tenu à une basse température. On a proposé de con-denser l’acide sulfureux en le mettant en contact avecdu lait de chaux sur une grande étendue de surface,

dans des appareils analogues à ceux qu'on emploie pourpurifier le gaz d'éclairage.

2“ Quand tout l’argent a été converti en sulfate, onle transvase dans un réservoir en plomb, et on l’étendd’eau pure jusqu’à ce que la dissolution marque 15 ou20 ü de l’aréomètre de Baumé ; quant à la poudre d’ornon attaquée, on la lave avec de l’eau distillée et bouil-lante, et l’on ajoute les eaux de lavage à la dissolutionprécédente. On précipite ensuite l’argent par des la-mes de cuivre, on lave avec soin le précipité avec del’eau bouillante, puis on le soumet encore humide à uneforte compression, afin d’en séparer les dernières partiesde sulfate de cuivre.

3° L’argent précipité et desséché est fondu dans uncreuset et coulé en lingots.

4° L’or est de meme desséché et fondu en ayant soinde lui ajouter un peu de nitre, afin d’oxyder et de séparerles quelques molécules de cuivre qui peuvent n’avoirpas été dissoutes.

5” Comme le sulfate de cuivre a une valeur assezgrande, il faut neutraliser sa dissolution, l’évaporer etfaire cristalliser dans des cristallisoirs en plomb. Lesfermiers consomment en France une immense quantitéde ce sel pour chauler leur blé, en l’humectant avantles semailles avec une dissolution qui marque 2 ou 3° àl’aréomètre de Baumé, ce qui le préserve des ravagesdes oiseaux et des insectes.

L’or pur, à l’instant de son départ par l’acide sulfu-rique, étant en poudre très fine, et à une températureassez élevée, tend à se souder au platine et à épaissirainsi le fond de la cornue; comme il est important etpour la conservation de la cornue, et pour l’économiedu chauffage de pouvoir ôter la croûte d’or qui s’y dé-pose, les affineuvs se servent de petites quantités d’eaurégale étendue qui dissout rapidement l’or et n’attaquepas sensiblement le platine. Cette opération est délicateet exige de la circonspection. La formation de ces dé-pôts augmente par l’emploi d’une trop forte chaleur etd’une trop faible quantité d’acide relativement à cellede l’alliage. Il convient donc d’employer de grandescornues. On doit surtout éviter la présence du plomb etde l’étain, qui détruiraient promptement les vases euplatine, accident qui est arrivé plus d’une fois.

Depuis l’emploi des nouveaux procédés d’affinage,les lingots contenant plus d’un dixième d’or sont prispar les affineurs, comme or fin ; ils rendent l’or et l’ar-gent, gardent le cuivre, et reçoivent seulement o fr.50 c. par kilogr. pour frais d’affinage.

Pour un lingot d’argent contenant moins d’undixième d’or, l’affineur garde un millième de l’or et lecuivre du lingot, rend le reste de l’or, tout l’argent, etpaie au propriétaire une prime qui s’élève jusqu’à 0 fr.75 c. par kilogr.; et si le propriétaire veut avoir tout l’oret tout l’argent, il paie à l’affineur, qui garde en outrele cuivre, 2 fr. 68 c. par kilogr. Pour l’argent à bastitre, le cuivre seul en fait les frais.

Les ateliers d’affinage de MM. Saint-André et Poi-sat, rue de la Fidélité, à Paris , sont peut-être les plusbeaux de ce genre, qui existent au monde. La chambreprincipale a 80 mètres de long, 13 mètres de large etenviron 10 mètres de haut; une grande cheminées’élève en son milieu, et il y en a une autre à cha-cune des extrémités. L’une des moitiés de l’ateliersert au départ proprement dit; l’autre moitié ren-ferme les chaudières et cuves employées pour faireévaporer et cristalliser le sulfate de cuivre obtenu, etpour concentrer l’acide sulfurique condensé dans le ré-cipient. On fond l’argent dans des creusets en fer forgé,capables d’en contenir plusieurs quintaux, et on le gra-nule en le coulant dans des cuves métalliques rempliesd’eau. Les grenailles d’argent sont desséchées, puistransportées dans un bureau bien éclairé, entouré dechâssis vitrés, où elles sont pesées, enregistrées, et réu-