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A-F.
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AFFUT .

AFFUTER.

eûtes extérieurs des deux flasques, et va s'attacher à laparoi intérieure du bordage. Plus ou moins tendue sui-vant les besoins du service, la brague fixe la pièce dansl'écoutille qui lui sert d’embrasure, l’empêche d’obéirau roulis du vaisseau, et, pendant l’exécution du tir,limite le recul dans l’espace strictement nécessaire.

Comme tous les autres affûts, l’affût marin est con-struit en fer et en bois; mais le bois doit chez lui rem-placer les pièces en fer toutes les fois que la chose estpraticable, à cause des promptes détériorations que faitéprouver, au fer engagé dans le bois, l’air de la mer.

Les principaux défauts que l’on peut reprocher auxdifférents affûts dont nous venons de donner une des-cription succincte, sont moins inhérents à leurs formeset à leurs dimensions qu’aux matériaux dont ils sontcomposés. La nature de ces matériaux n’est même passouvent sans influence sur certains vices de construc-tion. Ainsi l’on a été obligé de réunir en une flèche lesdeux flasques de^l’affût de campagne, afin de donneraux deux trains le plus grand angle de tournant possi-ble; il s’en suit qu’à l’endroit même où l’affût reçoitles plus vives réactions le bois se trouve affaibli pardeux boulons d’assemblage et la place de l’écrou de lavis de pointage. Supposez au lieu de bois une matièrepouvant offrir la même résistance sous un plus petit vo- ilume, les flasques pourront alors être prolongés jus-qu’à la crosse de l’affût sans offrir plus d’épaisseur quela flèche actuelle et le défaut signalé disparaîtra.

Mais de tous les reproches adressés au matériel del’artillerie, le plus grave est sans contredit son peu dedurée. Sur les côtes, dans les places et dans les parcs,les affûts pourrissent promptement; d’immenses maga-sins sont employés dans les arsenaux à garantir desapprovisionnements de bois ruineux, que le temps, mal-gré ces précautions, détruit avec une telle rapidité queles dépenses pour leur renouvellement annuel se comp-tent par millions ; enfin le déboisement général de laFrance rend de plus en plus rares, de plus en pluscoûteux, les chênes de choix qui seuls peuvent remplirles conditions voulues pour la plupart des pièces.

On a donc cherché à remplacer le bois par une autrematière qui pût résister aux intempéries de l’atmo-sphère, le bronze dans presque tous les cas autres quecelui de l’artillerie de campagne remplirait merveilleu-sement les conditions exigées, mais son prix a dû faireécarter toutes propositions de cette nature.

La fonte et le fer venaient ensuite; on a construitdes affûts de place et de cote en fonte et en fer forgé.Comme service, ces affûts essayés à La Fère n’ont rienlaissé à désirer, mais il n’en n’a pas été de même lors-que l’on a voulu expérimenter l’effet que produiraientsur eux les projectiles ennemis.

On sait que le tir à ricochet, c’est-à-dire les bouletsqui viennent en bondissant enfiler les faces des ouvra-ges d’une place, est destiné à détruire son matériel.Telle est la puissance de ce tir, qu’il constitue à lui seul,pour ainsi dire, la supériorité de l'attaque sur la défense.Or les nouveaux affûts en augmenteraient beaucoupla puissance; ainsi en armant une place de cette ma-nière, on diminuerait d’autant ses chances de résistance.Quand un boulet vient frapper une pièce de bois, la par-tie atteinte est enlevée, mais la vitesse ne se communi-que pas au reste de l’affût. Il n’en est pas de même dela fonte dont la cohésion moléculaire est telle que lesaffûts volaient en éclats sous les chocs des projectiles,et produisaient une mitraille si terrible qu’outre la des-truction de son matériel, la place aurait bientôt perdutous ses défenseurs.

On avait fondé quelques espérances sur l’affût en ferforgé, mais il fut aussi maltraité que les autres, etmême le nombre de ses éclats fut plus considérable.Ce dernier résultat peut-être pourrait être discuté. N’yavait-il pas une trop grande solidarité entre toutes les

pièces de l’affût? De quelle nature était le fer employé?Le fer obtenu dans les hauts fourneaux au coke est généralemcnt aigre, cassant. En Espagne le fer de Somorostro, extrait directement du minerai dans des forgesà la catalane, est tellement doux que les fers des mulets,les cercles des roues des voitures à bœuf des paysansdes montagnes et mille autres menus objets, se forgentà froid. Un pareil fer aurait-il volé en éclats sous lechoc d’un projectile animé même d’une grande vitesse?Il est donc admis aujourd’hui que la fonte doit êtreproscrite dans la construction des affûts destinés à êtreexposés au tir à ricochet. Sur les côtes, dans les case-mates, ce tir n’est pas à craindre : de nouvelles expé-riences feront sans doute adopter pour ces deux services des affûts en fonte.

Il a paru cependant à quelques partisans déclarés del'emploi de la fonte qu’un pareil jugement ne devaitpas être sans appel. On remarque en effet que la formedu corps choqué n’est pas sans importance pour lesrésultats de ce choc. Ainsi un cube énorme de fontesera brisé par la rencontre d’un boulet de 24, et cemême boulet sera sans effet et volera lui-même en éclatss’il vient heurter la surface extérieure d’un canon enfonte dont l’épaisseur est bien moindre que celle dui cube brisé. Ne serait-il pas alors facile de construire unaffût en fonte qui ne présenterait au tir à ricochet quedes surfaces cylindriques de diamètre et d’épaisseurégale à celle des canons de 24 de la marine?

Pour l’artillerie de campagne; une condition de plusest à remplir que pour l’artillerie de place et même desiège, c’est la facilité des réparations. Il faut qu’enroute, sur le champ de bataille presque, la plupart desmenues réparations puissent être effectuées de suite,sans autres moyens que ceux que l’on a ordinairementà sa disposition. Plusieurs essais, presque tous contes-tés, ont été tentés. En Angleterre des expériences ontété faites et ont paru satisfaisantes, mais la plus con-cluante de toutes, si les faits annoncés sont parfaite-ment exacts, serait celle de l'artillerie wurtcmbcrgeoisc.Un affût en fer forgé a manœuvré sans accident aucunau polygone, puis exposé au tir d’une batterie, il a étémis en pièces, alors séance tenante, on l’a reconstruitavec le seul secours de la forge de campagne, et il arecommencé sa manœuvre.

Le problème à résoudre peut donc être posé en ccstermes :

Pour les affûts de campagne, élasticité et indépen-dance entre toutes les parties du système, afin qu’unetrop grande solidarité ne fasse pas éclater l’affût toutentier sous un seul choc, possibilité de réparer toutesles pièces à la forge de campagne. Pour les affûts deplace et côte, résistance au choc des projectiles, maissans trop exagérer le poids de l’affût. On parviendraitpeut-être à ce dernier résultat par un alliage qui seraitdoué de la ductilité du cuivre ou du bronze et n’auraitqu’un prix modéré. Rien n’a été tenté dans cette voie;on fait aujourd’hui des objets en fonte dite malléable :ces objets ont, dit-on, toute la résistance à la flexion dufer le plus doux; peut-être obtiendrait-on quelques ré-sultats avantageux en traitant la fonte employée dansles affûts comme la fonte malléable. chanal.

AFFUTER. —AFFILER. Quand un outil tranchantou pointu a servi pendant quelque temps, il se trouvehors de service. Pour pouvoir s’en servir de nouveau,on Y affûte ou on le repasse , soit en le frottant sur despierres ordinairement en grès fin compacte, soit jiumoyen de meules mues avec rapidité. L’usure produitesur les faces de l’outil en diminue l’épaisseur et rendpar suite plus vif l’angledu tranchant. Mais cette partie,devenue trop fine, se courbe sous l'action delà meule etforme une partie très mince qui se recourbe ; c’est cequ’on appelle le morfxl , qui rend nécessaire un affilagesubséquent. Cet affilage se fait en général en reployant