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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

L'oxyde de manganèse parait plus répandu dans lesterres cultivables qu'on ne l’avait cru pendant long-temps. Il est, dans tous les cas, beaucoup moins abon-dant que l'oxyde de fer. Son influence sur la végéta-tion n’e'tpas encore bien connue; des expériences àcet égard pourraient être fort utiles. Dans le cas oùelles seraient favorables, le bas prix des sels de manga-nèse, aux environs de certaines villes manufacturière;,permettrait d'en faire d’utiles applications à l’agricul-t trc.

L’azote existe en général dans les terrains à l'étatde composés ammoniacaux et d’acide azotique, maistoujours en très faible proportion, puisque les terresfertiles, dans leur état naturel, n’en renferment pasplus de 0,0004 de leur poids. On ne connaît pas encored’une manière précise toutes les réactions qui donnentnaissance aux produits azotés qui servent à la végéta-tion. On sait seulement que les principales sources deces composés sont : les eaux de pluie, qui réunissentl’ammoniaque qui paraît exister dans l’atmosphère; lesengrais; enfin certains corps poreux, qui semblent fa-voriser la production des azotates.

Le terreau ou humus est le produit de l’altérationdes matières végétales par l’action combinée de l'oxy-gène de l’air, de l liumidité et d’une espèce particu-lière de fermentation. Les feuilles, les tiges, le bois,les enveloppes des fruits abandonnés à l’air, perdentune partie de l'eau qui entre dans leur composition etune proportion relativement moindre de carbone, desorte que le produit de l’altération de ces diverses sub-stances est plus riche en carbone qu’elles ne l’étaientelles-mêmc*. Le terreau provenant de sources diverses— et produit dans des circonstances souvent très diffé-rentes les unes des autres — est loin de constituer uncorps parfaitement défini et toujours identique aveclui-même. Ce composé mériterait uneétude particulière ;on ne peut maintenant qu’indiquer ses propriétés lesplus générales, ou plutôt les caractères qu’il commu-nique aux mélanges plus ou moins complexes dont ilfait partie. La potasse caustique en dissolution dissoutle terreau, en formant une liqueur d’un brun foncédont les acides séparent une masse floconneuse d’uneteinte noirâtre, à laquelle on a donné les différentsnoms d’acide ulmique, humique, etc. Cette matièrebrune constitue le terreau isolé ; elle est à peu près in-soluble dans l’eau, mais elle peut éprouver un seconddegré d’altération qui la rend soluble et la transformeen ce que l’on nomme extrait de terreau. Pendant quecette seconde altération se produit, il se dégage de l’a-cide carbonique et il se forme, en petite quantité,quelques autres acides organiques. La propriété dontjouit le terreau d’absorber les gaz atmosphériques et dese décomposer en produisant de l’acide carbonique, ex-plique en partie l’influence énergique qu’il exerce surla végétation. Le terreau est très avide d’oxygène etparait susceptible de réduire certains corps avec les-quels il se trouve en contact. Les terrains très fertilesen contiennent, en général, de 0,05 à 0,08. Quandcette proportion est notablement dépassée la fertilitédécroît, et les terres qui renferment 0,25 de terreausont presque toujours à peu près stériles et exigent desamendements et un mode de culture tout à fait spé-ciaux.

Les terreaux produits par les débris de végétaux ri-ches en tannin en contiennent eux-mêmes une cer-taine quantité. L’acidité que leur communique cettesubstance les rend impropres à la plupart des cultures,et ne peut être corrigée que par l’emploi de quantitésconsidérables de chaux ou autres matières alcalines.

La tourbe est une espèce de terreau dû à la destruc-tion successive des plantes aquatiques. Elle forme quel-quefois des couches plus ou moins épaisses exploitées

comme combustible; scs caractères chimiques varientà l’infini avec les circonstances qui ont présidé à saformation. La tourbe, dans d’autres circonstances, estintimement mélangée avec le sol, comme l’humus dansles terres ordinaires, et forme alors des terrains palu-déens d’une grande richesse s’ils renferment du cal-caire, et, au contraire, presque sans valeur quand ilsne contiennent pas ce principe de fertilisation.

On vient d’indiquer la nature et les propriétés lesplus importantes des matières qui entrent habituelle-ment dans la composition des terrains agricoles. 11 con-vient de faire connaître les méthodes d’analyse aumoyen desquelles on reconnaît la présence et on évaluela proportion de ces différentes substances dansun terrain donné. Les indications générales exposéesprécédemment au sujet de l’alimentation végétalesuffisent pour faire apprécier l’importance des re-cherches dont nous allons nous occuper, puisque lacomposition des cendres des végétaux, comparée àcelle du sol où ils doivent être cultivés, permet dedéterminer avec précision les amendements qu’il fautajouter à ce sol pour le rendre aussi propre que pos-sible aux cultures projetées.

L’analyse complète d’une terre est une opération dé-licate qui exige des connaissances étendues et ne peutêtre exécutée avec succès que par un chimiste expéri-menté. La composition approximative d’un terrain etla proportion des substances les plus importantes à éva-luer pour la pratique agricole peuvent, au contraire,se déterminer par des procédés d’une exécution prompteet à la portée de tout le monde. Pour les personneshabituées aux travaux de laboratoire, nous indiqueronsrapidement la marche à suivre dans une analyse com-plète; nous décrirons ensuite, avec les détails néces-saires pour permettre atout lecteur attentif de les exé-cuter, les procédés plus simples au moyen desquels onpeut rechercher et doser, avec une exactitude suffisantepour la pratique ordinaire des exploitations, les élé-ments les plus importants des terres cultivables.

Il est bien entendu d’ailleurs que les diverses mé-thodes qui vont être exposées ne s’excluent pas les unesles autres, et qu’on les emploiera tour à tour ou simul-tanément, suivant le but spécial que l’on se proposerad’atteindre.

Soit qu’il s’agisse d’une analyse complète ou d’unsimple essai, le choix de l’échantillon de terre que l’onveut soumettre ù l’expérience doit être fait avec soin.Il convient toujours de prendre des échantillons en di-vers points d’un champ, même quand le sol qui lecompose paraît identique dans toutes scs parties, etde les mélanger pour former un échantillon moyen quireprésente mieux la composition générale du sol que nepourrait le faire la terre prise en un seul point. Cesdivers échantillons doivent être recueillis dans toute l’é-paisseur de la couche atteinte par les cultures. Si l’onveut étudier la nature du sous-sol, il faut en prendredes échantillons distincts. Dans le cas assez fréquentoù un champ présenterait plusieurs natures de sols, ilfaudrait prendre un échantillon de chaque variété deterre et indiquer nettement, sur le plan terrier, lespoints où chaque échantillon aurait été pris. Les diverslots de terre, recueillis comme on vient de le dire etbien séchés à l’air, sont soigneusement enveloppé* etchaque paquet nettement étiqueté. Le poids des diffé-rents échantillons doit être d’un ou deux kilogrammes,et même plus considérable s’il est possible de le faire.

Analyse d'une terre. 11 convient dans l’analyse desterres cultivables de déterminer successivement les sub-stances solubles dans l’eau, celles qui se dissolvent dansles acides faibles, et celles.enfin qui sont sensiblementinattaquables par ces réactifs. Les premières serventdirectement à l’alimentation des végétaux ; les der-