AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
bruns que l’on recueille sur un filtre. Le composé pro-duit est pesé, après avoir été lavé et desséché, puisbrûlé a\cc le filtre sur lequel il a été recueilli. Le poids• connu des cendres du filtre, retranché du poids totaldes cendre $ obtenues, donne le poids des cendre- en-traînées par l'acide uhnique, poids qu’il faut retran-cher, à son tour, du poids total de ce corps, primiti-vement obtenu, pour avoir le poids réel de la matièreorganique extraite de la terre par cette première opé-ration.
Une autre portion de terre égale à la précédente esttraitée d’une manière analogue par une dissolution depotasse caustique, qui dissout l’acide humique et trans-forme en ce même produit une autre matière analogueque certains chimistes appellent humine. La dissolutionalcaline, séparée de la terre par filtration et traitée parl’acide chlorhydrique, fournit une certaine proportiond’acide humique, dont le poids, diminué de celui dumême corps obtenu dans la première opération, faitconnaître celui de l'humine.
Le poids des matières organiques non décomposéess’obtient en calcinant 10 grammes de terre, préalable-ment desséchée, jusqu'à ce que toutes les matières or-ganiques soient brûlées. On arrose avec du carbonated’ammoniaque, on évapore, on chauffe au rouge faibleet on pèse. La perte de la terre représente 1 ensembledes matières organiques qu’elle renfermait ; en retran-chant de ce poids total celui de riiumine et de l'acidehumique, on a celui des matières organiques non dé-composées.
Certaines tourbes et quelques terres renferment desmatières cireuses et ré-ineuse<. On sépare ces sub-stances en fai.-ant bouillir à plu>ieurs reprise- 100 gr.de terre avec de l’alcool. On concentre assez fortementcette liqueur par dntillation, et par le refroidissementla cire se sépare; on la recueille sur un filtre et on lalave avec de l'alcool froid. On ajoute de l'eau à la li-queur séparée de la cire et on fait bouillir pour chassertout l’alcool ; la ré>ine se sépare, et on peut la recueillirsur un filtre et la peser. Quand la cire ou la résineexistent en proportion notable, il faut retrancher leurpoids de celui de riiumine et de l’acide humique aveclequel ces substances ont été entraînées dans le traite-ment par la potasse.
Les méthodes que Ion vient d’indiquer pour le do-sage des matières organiques sont très imparfaite-, etne fournissent aucun rem-eignement précis sur les pro-portions d’oxygène, d’hydrogène, de carbone et d’azoterenfermées dans la terre que l'on examine. On ne peutobtenir à cet égard de données positives qu’au moyendes procédés d'analyses élémentaires des substances or-ganiques, qui sont maintenant minutieusement décritsdans tous les traités élémentaires de chimie un peudéveloppés, et qu'il est dès lors inutile de rappeler ici.Nous dirons seulement qu’en raison de 1 importance del'azote dans le- terrains agricoles, on ne saurait appor-ter trop de soin à la détermination exacte de son do-sage. Il convient, pour les analyses scientifiques deterrains, d’employer le> méthodes les plus précises, etde^’ejeter les procédés dont la promptitude et la facilitéd'exécution sont compensées par une moins grandeexactitude dans les résultats, procédés que nous indi-querons d’ailleurs un peu plus loin, en parlant des e.-saisexpéditifs des terrains.
Les procédés sommairement exposés dans ce quiprécède pour l’analyse complète d’un terrain, ne peu-vent être mis à exécution, comme on l'a déjà dit, quepar un chimiste de profession. Il nous reste à faire con-naître les méthodes plus faciles et plus expéditives quiconstituent l'essai chimique des terre-, et au moyen(lesquelles les agriculteurs peuvent obtenir eux-mêmesdes renseignements .suffisamment exacts, pour la pra-tique ordinaiixysur la constitution de leurs terrains, et
! parvenir à reconnaître sans difficulté la présence et laproportion des substances d’un intérêt particulier, aupoint de vue des cultures.
Essai chimique des lerres. On suppose dans ce qui vasuivre que tous les échantillons que l’on se propo-e desoumettre à l’essai ont été recueillis avec les précau-| tions indiquées ci-dessus, et qu’ils ont été desséchés ài une même température. Le moyen le plus facile pourI opérer cette des-iccation consiste à placer les échan-tillons dans un four dont on a retiré le pain, et assezrefroidi pour ne point roussir quelques brins de paillequ’on y introduit préalablement. Les échantillons doi-vent rester dans le four jusqu’à ce que leur poids nevarie plus, ce dont on s'assure en les pesant à deux outrois reprisesdifl’érentes, àquinze ou vingt minutesd’in-tervalle. A défaut de- four, on peut mettre la terre dansune capsule de porcelaine, placée sur une lampe ou surun fourneau dont le charbon est recouvert de cendres.Un remue constamment la terre avec un petit thermo-mètre dont la température ne doit pas dépasser 120° àloü°. Si on n’avait pas de thermomètre à sa disposi-tion, on placerait au fond de la capsule quelques frag-ments de paille qui ne devraient pas rou-sir. Il importemoins, du reste, de dessécher la terre d une manièreabsolue, que de placer tous les échantillons dans desconditions aussi identiques que possible, pour les rendrecomparables entre eux après leur dessiccation.
Certains auteurs ont vivement recommandé pouri’cs.-ai des terres la méthode de lévigation, et l’ontmême présentée comme le meilleur moyen d apprécierla valeur des terrains. Sans attribuer à ce procédé uneimportance qu’il ne saurait avoir, puisqu’il ne fournitaucune donnée sur la composition chimique des ter-rains, nous croyons qu’il peut en effet fournir de trèsutiles renseignements, et qu’il convient même d’yavoir toujours recours avant de procéder aux opéra-tions chimiques elles-mêmes. Nous allons par consé-quent indiquer avec détail un procédé simplifié delévigation, dont l’application constituera la premièreopération de l’essai d’une terre.
Un fait bouillir dans une capsule ou une casseroleen porcelaine, pendant une heure environ, 100 gram-mes de terre avec 500 grammes (1/2 litre) d’eau pure,ou mieux d’eau distillée, puis on jette la masse surune petite passoire en fer-blanc dont les trous ont un1/2 millimètre de diamètre. En agitant le mélangeavec une cuillère, l’eau s’écoule dans un vase à préci-pité de deux litres environ placé sous la passoire, etentraîne les parties les plus fixes de la terre. On reversesur la passoire, en la puisant avec la cuillère, unepartie de l'eau déjà écoulée, pour achever d’entraînerles parties fines de la terre qui auraient échappé à lapremière opération, et enfin on termine le lavage enversant peu à peu et à plusieurs fois, si cela est néces-saire, sur les matières restées dans la passoire, unepetite quantité de nouvelle eau. Ce qui reste sur lapassoire est jeté dans un vase à précipité, à peu prèssemblable au précédent (fig. I), en partie rempli d’eau.On imprime à ce liquide un mouvement de rotation,de manièrq à mettre en suspension dans l’eau tout cequ’il renferme. Les grosdébris organiques, non encore décomposés, nagentà la surface du liquide ;ils sont recueillis avec unecuillère, ou, ce qui estplus commode, avec unepetite écumoire, on lesfait sécher au grand so-leil, ou mieux à la cha-leur d'un bain-marie trèssimple, formé d’une assiette creuse posée sur une cas*scrollc où on entretient de l’eau bouillante, et enfin
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