AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
on les pèse. La matière restée nu fond du vase, aprèsl’enlèvement des débris organiques, est un mélange desable moyen et de gravier. On le jette sur une se-conde passoire dont les trous ont 3 millimètres de dia-mètre. Le gravier reste sur la passoire et le sablemoyen passe à travers. On recueille ces deux sub-stances, on les sèche et on les pèse.
Les matières entraînées par l’eau à travers la pre-mière passoire sont formées de terre et de sable fin.Pour séparer ces deux substances, on imprime au li-quide du vase qui les renferme un mouvement de ro-tation aussi rapide que possible; on laisse le mouve-ment se ralentir et on décante le liquide. Le saole fin,plus pesant que la terre et en grains plus volumineux,tombe au fond de l’eau et reste dans le vase, tandisque l’eau entraîne la terre proprement dite. Si la sé-paration des deux substances n’était pas suffisammentnette la première fois, une partie de la terre fine étantrestée avec le sable, on pourrait reverser dans le vaserenfermant ce dernier une partie de l’eau écoulée avecla terre, après l’avoir laissée reposer pendant quelquetemps, puis recommencer une seconde fois l’opérationde l’agitation, puis du décantement du liquide, revenuà peu près au repos. Le sa-ble fin est recueilli séparé-ment, séché et pesé. Quantau liquide trouble chargé deterre, on l'agite vivementpour mettre la terre fine ensuspension, et on jette letout sur un filtre en papiernon collé contenu dans unentonnoir placé sur un sup-port en bois, au-dessus d'unecapsule ou d’une casserolede porcelaine (fig. ( 2). La terrefine reste sur le filtre, on lalave avec un peu d’eau chaudequi s'ajoute à l’eau primitivement employée, on lasèche et on la pèse:
Après avoir séparé, comme on vient de l’indiquer,les gros débris organiques, le gravier, le sable moyen^ lesable /in, la terre fine et la liqueur filtrée et transpa-rente contenant les matières solubles existant dans lesol soumis à l'expérience, il reste à essayer chimique-ment ces diverses substances et à constater la présenceet la proportion des éléments les plus importants aupoint de vue agricole.
Le gravier , le sable moyen et le sable fin sont ordinai-rement siliceux ; quelquefois cependant ils contiennentdu calcaire. Pour le reconnaître, on verse sur chacunedes matières précédentes, préalablement pesées, del’acidc chlorhydrique, étendu de deux ou trois fois sonvolume d’eau. Si le contact de cet acide produit uneeffervescence plus ou moins vive, on peut être assuréque les sables ou le gravier renferment du calcaire ; onévalue la proportion de ce corps en prolongeant l’ac-tion de l'acide jusqu’à ce qu’il ne se produise plus d’ef-fervescence, lavant le résidu avec de l’eau, le séchantet le pesant. La différence entre le poids ainsi obtenuet le poids primitif de la matière représente le poidsdu calcaire enlevé par l’acide.
La matière terreuse fine restée sur le filtre renfermeprincipalement, dans le plus grand nombre des cas, del'humus, la partie argileuse de la terre, du carbonateet du phosphate de chaux et de magnésie, et de l'oxydede fer. On sépare ces diverses substances de la ma-nière suivante : après avoir fortement desséché le mé-lange on le pèse, puis on le fait rougir dans un creu-set ouvert jusqu’à ce qu'il ne reste plus de matièrescharbonneuses, faciles à reconnaître à la teinte noirequ'elles donnent à la terre. On pèse de nouveau, et laperte est attribuée à la combustion de l’humus. Cette
substance est évaluée trop haut parce moyen, la cha-leur rouge ayant chassé une plus ou moins grandequantité d’eau qui était combinée avec l'argile. Iln existe malheureusement pas de méthode suffisamment.simple pour doser exactement cet élément précieux de»terres arables.
Le résidu de la calcination est introduit dans unefiole à médecine à fond plat, avec de l’acide chlorhy-drique étendu de six à sept fois son poids d’eau, donton continue l’action jusqu’à ce qu'il n’y ait plus au-cune effervescence, la liqueur étant encore fortementacide. Le résidu insoluble de cette action est la partieargileuse de la terre ; on la jette sur un filtre, on laveavec de l’eau, on la dessèche et on la pèse. La liqueuracide qui passe à travers le filtre, réunie aux eaux dolavage, renferme 1 oxyde de fer, la chaux du carbonatede cette base et les phosphates de chaux et de ma-gnésie.
On verse dans cette liqueur, concentrée au besoin,de l’ammoniaque qui précipite l’oxyde de fer et lesphosphates. On recueille ce précipité sur un filtre, onle lave, on le sèche et on le pèse pour l’analyser sé-parément.
La chaux et la magnésie restent dans la liqueurprécédente. Pour séparer ces deux bases d’une manièresimple, on verse dans leur dissolution, étendue d'alcool,de l’acide sulfurique qui précipite la chaux à l’état desulfate, que l'on recueille et que l’on pèse. Enfin, lamagnésie se précipite quand on fait bouillir la dissolu-tion, séparée du sulfate de chaux, avec du carbonate desoude. La magnésie ne se trouve ordinairement qu’entrès faible proportion dans les terres cultivables. Onpeut par conséquent, en général, simplifier la dernièreopération dont nous avons parlé, en se bornant à ver-ser dans la liqueur du carbonate de soude, qui préci-pite en même temps le carbonate de chaux et celui demagnésie, que l’on recueille et que l'on pèse ensemblesans sc préoccuper de leur séparation.
Il reste enfin à examiner la liqueur dans laquelleon a fait bouillir la terre et qui en a été séparée parlapremière filtration. Cette dissolution contient en géné-ral une faible proportion de matières solubles, et il se-rait un peu compliqué d*en faire un examen détaillé;on se borne donc à évaporer à sec cette liqueur et àpeser le résidu bien desséché. Quand la masse salineobtenue par l’évaporation ne contient que des matièresminérales, elle est blanche ou colorée en rouge par del’oxvde de fer; quand au contraire elle renferme desmatières organiques elle est colorée en brun, et perdcette couleur par une calcination au rouge.
Dosage du sulfate de chaux. La présence du sulfatede chaux dans une terre peut modifier notablement sespropriétés, et il est fort important de déterminer la pro-portion de ce sel dans un sol où l’on veut essayer cer-taines cultures. En opérant comme on vient de l’indi-quer, rien ne ferait connaître l’existence et la propor-tion du sulfate de chaux; une expérience spéciale estle moyen le plus exact pour le reconnaître. On prend30 grammes de la terre à essayer, on la mélange inti-mement avec !0 grammes de charbon pilé, et on lacalcine, à une bonne chaleur rouge, dans un creusetfermé, pendant une heure environ. On laisse refroidirle creuset, puis on fait bouillir la masse qu’il contientavec à peu près 300 grammes d'eau, on filtre, onajoute à la liqueur transparente de l’acide sulfurique,on évapore le liquide au quart environ de son volumeet on ajoute de l’alcool. Le sulfate de chaux se préci-pite; on le recueille, on le lave avec un peu d’alcool,on le sèche et on le pèse.
Dosage du mlraire. On peut également, s’il s'agitpar exemple de marner une terre, chercher à détermi-ner ce qu’elle renferme de calcaire sans se préoccuper