AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
dans un creuset, et enfin le réduisant en poudre pour |l'usage.
On vient d’indiquer la marche à suivre pour fairel’analyse sommaire d’une terre, ou pour déterminer laproportion de certains principes d’un intérêt spécialpour la culture. On n’insistera pas davantage sur cepointé Les procédés particuliers à employer pour l’es-sai des engrais et autres matières analogues seront ex-posés dans le chapitre V, spécialement consacré à l’é-tude de ces substances.
III. I’ROIRIETKS PHYSIQUES DES TERRES.
Les propriétés physiques des terres, qu’il serait sinécessaire de bien connaître, n’ont malheureusementété jusqu’à présent que très imparfaitement étudiées.M. de Gasparin est, à notre connaissance, le premierauteur français qui ait cherché à grouper avec méthodeles données expérimentales, obtenues avant lui sur cesujet; nous lui empruntons la plus grande partie deCe qui suit.
l)ensité. Pour obtenir la densité d’une terre, on pèseun flacon plein d’eau distillée, on le vide et on le sèche,puis on le remplit en partie de la terre soumise à l’ex-périence ; on le pèse de nouveau, on achève de le rem-plir d’eau, et on agite avec soin pour chasser les huilesd’air, ou plutôt, quand on veut obtenir une grandeprécision, on le met dans le vide pendant quelquetemps, et enfin on Tait une troisième pesée. En appelantp, p’ et p” les poids obtenus dans les opérations pré-cédentes, diminués du poids du vase, et D la densitécherchée, il est évident que l’on a :
P-HP 1 —p”
On peut opérer d’une manière plus expéditive et suf-fisamment exacte pour les recherches ordinaires, enopérant de la manière suivante : On prend un flacon àlarge ouverture, contenant exactement deux décilitrescubes jusqu’à un trait marqué sur le col, on verse dansce flacon un décilitre d’eau, puis on achève de le rem-plir avec la terre sur laquelle on opère. Le poids de laterre nécessaire à cette opération, exprimé en herto-grammes , fournit immédiatement la densité cherchée,puisque ce nombre indique précisément le rapportdu poids d’un décilitre cube de terre à celui d’un égalvolume d’eau.
Voici quelques nombres obtenus par Shüblcr :
Désignation de la terre. Densi é.
Sable calcaire. 2,822
Sable siliceux. 2,753
Glaise maigre (I). 2,701
Glaise grasse (2). 2,052
Terre argileuse (3). 2,0.*3
Argile pure (4). 2,591
Terreau. 1,225
Terre de jardin (5). 2,332
Terre dTIoft’will (G). 2, -il) I
On ne saurait évidemment conclure de la densitéd’une terre sa composition chimique. Cependant, on
(t) Contenant 40 p. ino de sable siliceux fin.
(2) — 2 5 p. lut) — —
^3) — 10,75 p. UlO — —
(4) Argile privée de sable, d’un gris bleuâtre, douce autoucher et un peu grasse.
-(5) Légère, noire et fertile, contenant 52,4 d’argile, 3G,3<fe sable siliceux, 1,8 de sable calcaire, 2 de carbonate dechaux pulvérulent, et 7 d’humus.
(6; Contenant M,l d’argile, 42,7 sable siliceux, 0.4 desable calcaire, 2,3 carbonate de chaux pulvérulent, et 3,4d’humus.
(7) Contenant G3 de sable siliceux, 33,3 d’argile. 1,2 sablecalcaire, 1,2 carbonate de chaux pulvérulent, et 1,2 d’bu-nm<.
peut dire, d’une manière générale, que les terres trèsdenses sont riches en silice, et que les terres légèresrenferment de fortes proportions de terreau.
L’écartement plus ou moins grand qui existe entreles particules de la terre et qui varie avec une foule decirconstances, ne permet pas d’établir une relationsimple entre la densité et le poids d’un mètre cube deterre; de sorte qu’il est impossible de déduire l’une deces quantités de l'observation de l’autre. M. de Gas-parin, en soumettant diverses terres complètement im-prégnées d’eau à une même préparation, est arrivéaux résultats suivants :
Pesanteur Poids d’unspécifique, mèt. cube.
Glaise sablonneuse du Grand-Serre
Terre siliceuse ocreuse de Ba^nols
Terre argilo-calcaire de Camargue ,
dite forte. 2,60 1,683
Glaise micacée d’Aulas (Gard ) . . . 2,45 1,661
Terre argilo-ealcaire de Camargue ,
dite légère. 2,50 1,639
Terre argilo-calcaire d’Orange (Pre-
bois). 5,50 1,510
Glaise sablonneuse de la Valoire
Terre siliceuse des Amas (Rhône ).. 2,60 1,370
Terre d’Orange, riche en terreau(Grenouillet). 2,12 1,126
Les terres augmentent presque toujours de volumepar l’action de la fouille; de sorte que le poids d’unmètre cube, après cette opération, est moindre que lepoids du mètre cube de la même terre non fouillée. Cefoisonnement de la terre est extrêmement variable. Onl’estime, en moyenne, à. 1'10 du volume primitif; maiscette donnée n’a rien d’absolu, et doit être vérifiée parune expérience directe dans chaque pas particulier.Ainsi, j’ai eu l’occasion d’observer des terres qui foi-sonnaient à peine, et on en cite qui augmentent parla fouille du cinquième de leur volume primitif.
Le poids du mètre cube de terre, telle qu’elle sotrouve dans les champs, est un document précieux pourl’exécution des travaux agricoles. Nous réunissons iciquelques données pratiques empruntées à différentsobservateurs.
Poids du mètre cube.
Sable fin et sec.
I,399 k ;
i 1,128 k
Sable fin et humide.
1,900
»
Sable fossile argileux.
1,713
1,700
Terre végétale légère.
1,214
4,100
Terre argileuse.
1,600
»
'ferre glaise.
1,900
»
Terre de bruyère.
6 H
613
Terreau.
828
857
'fourbe sèche.
:;ii
»
Tourbe humide.
785
»
Grosse terre mêlée de sable et de
1,571
1,612
gravier.
1,860
M
Terre grasse, mêlée île cailloux.
2,290
»
Ténacité, adhérence des terres. Les terres soumises auxtravaux de la culture sont presque toujours humides,les instruments ont donc à vaincre la ténacité propredu terrain et la force avcclaquellc il adhère au bois ou aumétal de l’outil employé. La ténacité et l’adhérence desterres exercent par conséquent une grande influencesur la difficulté des cultures, et l’on comprend dès lorstout l’intérêt que le cultivateur attache à la nature plusou moins forte de la terre qu’il exploite. Un coup dobêche suffit au praticien exercé pour se rendre comptede cette propriété, ou du moins pour établir une com-paraison assez exacte entre la terre qu’il examine et