AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
celle qu’il cultive habituellement; mais pour rendre ri-goureusement comparables ces diverses évaluations, desméthodes plus précises deviennent nécessaires.
Dans les travaux publics, on classe les terres, sous jle rapport de la difiiculté de leur travail, d’après le 1temps nécessaire pour fouiller à la pioche un certain Ivolume de déblai (voyez le mot Terrassement ). La meme |méthode serait applicable, dans certains cas, aux ou- j\rages agricoles de terrasse et donnerait, avec des mo-difications convenables, des indications précieuses pourla pratique. Mais jusqu’à présent les agronomes ont eurecours à d'autres procédés.
Quelques personnes se bornent à former, avec lesterres à essayer, des boules de ü m ,03 de diamètre, quel’on dessèche à une température de 50° à 60°, et donton compare la résistance à l’écrasement. Les boulôs deterres sablonneuses s’écrasent entre les doigts, et quel-quefois tombent d’elles-mêmes en poussière. Les terresargileuses, air cbntraire, présentent une résistance pluson moins grande, et quelquefois très considérable.Mais on comprend que cette méthode ne donne, commela première, que des indications assez vagues et nesaurait présenter aucun caractère de précision.
On a cherché à mesurer la résistance absolue desterres en brisant sous des charges connues, et dans descirconstances déterminées, des prismes de dimensionségalement connues. On comprend combien le peu d’ho-mogénéité de la terre doit apporter de perturbationdans les résultats obtenus ainsi. Les écarts d’une ex-périence à l’autre, faite sur une meme terre avec desprécautions identiques, s’élèvent souvent à plus deshuit dixièmes de la charge maximum ou minimum derupture. On ne pourrait donc arriver à des données dequelque valeur qu’en répétant les mêmes expériencesun très grand nombre de fois pour chaque espèce deterrain, ce qui devient réellement impraticable. Lesexpériences faites jusqu’à présent ne ‘sauraient, parconséquent, donner de renseignements assez précispour qu'il soit utile de reproduire ici les chiffres ob-tenus.
Si la détermination de la ténacité des terres est àpeu près impossible, scientifiquement parlant, il n’enest pas de meme de la comparaison de leur adhérence,qui peut se faire d'une manière assez rigoureuse enopérant de la manière suivante : on suspend à l’un desplateaux d’une balance un disque de bois ou de fer deun décimètre carré de surface, et on lui fait équilibreau moyen de poids placés sous l’autre plateau, puis onmet le disque en contact avec la terre, et on note lespoids qu’il est nécessaire d’ajouter dans le second pla-teau pour rompre l’adhérence du disque et de la terre.On doit employer dans ces expériences toutes lesterres à un même degré d'humidité relative ; celui quel’on obtient, par exemple, en les réduisant en bouillieclaire et les laissant égoutter sur une toile grossière.L’adhérence du fer à la terre est de 1/10 moins forte,en moyenne, que celle du bois, résultat bien connu dureste de quiconque a manié comparativement un in-strument de fer et un instrument de bois. Voici quel-ques chiffres obtenus par Sclnibler, en opérant commeon vient de l'indiquer :
Adhérence par décimètre carrépour le buis de hêtre.
Sable siliceux. 0 k ,l9
Sable calcaire. 0 k ,20
Terre d’Hoffvvil.: . . 0 k ,28
Terre de jardin. 0 k ,34
Glaise maigre. 0 k ,40
Glaise grasse. 0 k ,52
Terre calcaire. 0 k ,7l
Terre argileuse. 0 k ,86
Argile pure. 1 k ,32
Il est inutile d'insister sur les conséquences à dé-duire du tableau précédent. Il traduit en nombres desrenseignements dont tout agriculteur possède plus oumoins le sentiment. Remarquons seulement combienl’humidité peut influer sur ia propriété qui nous oc-cupe, puisque le sable siliceux qui, sec, n'ollre pas d’ad-hérence, en acquiert une aussi notable quand il estmouillé.
La ténacité et l’adhérence des terres sont, commeon l’a vu, deux propriétés distinctes dont la compo-sante, en quelque sorte, exerce la plus grande in-fluence sur la difficulté que présente la culture du sol.Il n’existe malheureusement pas de procédé simple etpratique pour évaluer isolément la première de ccspropriétés ; aussi serait-il de la plus grande importanced’avoir un moyen, prompt, simple et facile, de com-parer à la fois la résistance au travail des terres dansleurs différents états naturels et dans différents lieux.C’est le but que M. de Gasparin s’est efforcé d’at-teindre en proposant l’emploi d'une bêche ou d’unefourche d’un poids constant, et tombant d’une certainehauteur, dont l’enfoncement indiquerait la plus oumoins grande résistance du sol. Ce moyen très simpledonnerait certainement des résultats assez comparables,et il serait vraiment à désirer que son emploi se gé-néialisnt parmi les agronomes éclairés. La bêche dy-namométrique de M. de Gasparin pèse 2 k ,7o, et on lalaisse tomber bien verticalement de 1 mètre de hau-teur; le fer a 0 ni ,1o0 de large. Dans les terrains pier-reux on emploierait une fourche à trois dents du mêmepoids que la bêche. Les dents de cette fourche, termi-nées en pointe peu aiguisée, ont o m ,03 do côte.
Ihjgroscopicité des terres. On désigne sous ce nom lapropriété que possèdent, à un plus ou moins haut de-gré, les différentes terres de retenir l’eau entre leursparticules sans la laisser égoutter. On constate et onévalue facilement cette propriété en faisant avec 20 gr.de terre, préalablement desséchée, une bouillie claireque l’on verse sur un filtre mouillé et pesé. Quand ilne s’écoule plus d’eau, on pèse le filtre et la terre qu’ilcontient. La quantité d'eau retenue se calcule en re-tranchant du poids total ainsi obtenu celui de la terresèche et du filtre. Un grand nombre de circonstancespeuvent influer fortement sur cette propriété : l’addi-tion des engrais l’augmente beaucoup* l’écobunge, aucontraire, la diminue notablement. C’est donc co?nplé-tement à tort que certains auteurs ont donné commemesure de la fertilité d’un sol son degré d’hyg’*oscopi-cité. Cette propriété dépend à la fois de l’état physiqueet de la composition chimique des paitieules.
Voici, du ieste, quelques résultats obtenus parSclnibler :
Eau retenue partco pmirs rte terre.
Sable siliceux. 25
Gypse. .. 2/
Sable calcaire. 29
Glaise maigre. M)
Glaise grasse.50
Terre argileuse. 60
Argile pure. 70
Terre calcaire fine. <85
Terreau. 190
Carbonate de magnésie. 456
Terre dejardin. 89
Terre arable d’IIoffwil. 52
La perméabilité des terres, c’est-à-dire la propriétéqu’elles ont de laisser passer l'eau, n’est point eni rapport direct avec l'hygroscopicité comme on pour-| rait le croire. On compare la perméabilité de diffé-1 rentes terres en plaçant sur un tamis une couche d’une
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