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AGRICULTURE

AGRICULTURE.

certaine épaisseur de la terre à étudb-r, et on évalue lavitesse avec laquelle l’eau versée sur ces terres s’écouledans un vase placé sous le tamis. Le sable laisse écou-ler l'eau très rapidement; l’argile, au contraire, lalaisse à peine passer. La perméabilité des terres est unepropriété importante qu'il importe d’étudier avec soin;elle sc rattache à leurs propriétés capillaires, qui exer-cent sur la végétation une très grande influence, en fa-cilitant plus ou moins les mouvements des gaz et desliquides, et qui jouent un rôle des plus importantsdans les opérations de drainage et d'irrigation. Unexamen attentif de la perméabilité des terres expli-querait peut-être bien des anomalies restées jusqu’ilprésent incomprises dans les travaux de cette espèce.

Les expériences de laboratoire dont nous venons deparler, et celles de même ordre qu’il nous reste à in-diquer, ne permettent pas d'apprécier l’une des plusprécieuses propriétés que puisse posséder une terrearable, la fraîcheur. Cette propriété dépend de la na-ture du sous-sol, de l’exposition du terrain, etc. Pourl’apprécier on prend un échantillon de terre à 0 m ,33de profondeur, on le renferme dans un flacon à largeouverture bouelié avec soin, pour le transporter au lieude l’expérience. On le pèse, ou le dessèche à 100° eton le pèse de nouveau. Pour qu’une terre soit saine,il faut que deux ou trois jours après une forte pluieelle 11 c renferme pas plus de la moitié de l’eau qu’ellepeut retenir en raison de son hygroscopicité propre,déterminée comme on l’a indiqué ci-dessus, et pourqu’elle ne soit pas sèche, il est nécessaire qu’au moisd’août, après huit jours de sécheresse, elle renfermeencore 40 p. IU0 de son poids d’eau. M. de Gasparinrange parmi les terres fraîches celles qui retiennenthabituellement de 13 à 23 p. 100 d’eau, et parmi lesterres sèches celles qui en reuferment moins dû 10p.100.

Faculté des terres de sc dessécher, d'absorber l'humidité,les gaz , etc. L’aptitude que les terres possèdent de scdessécher à l’air est à peu près en raison inverse deleur hygroscopicité. Sclnibler déterminait cette pro-priété en exposant les terres saturées d’humidité, surdes plateaux d’une surface donnée, à une températureégalement déterminée. Lesconditions ainsi déterminéesne paraissent pas assez nettement définies. Ii convien-drait d’opérer à la fois à une température constante etdans un milieu constamment ramené au meme degréde sécheresse, par la présence d’un corps déliquescent,de chlorure de calcium, par exemple.

Quand une terre sc dessèche, elle diminue de vo-lume, se resserre sur elle-même, et exerce souventdans ces mouvements une action des plus nuisibles surles racines, qu’elle écrase et déchire quelquefois. Onapprécie ce retrait en formant des cubes de 0 m ,30de côté avec des terres mouillées; on les dessèche àl’ombre, et quand ils ne changent plus de poids on me-sure de nouveau leurs dimensions. En opérant ainsi,Schuhler a obtenu les chiffres suivants :

t,00() parties perdentde leur whhi.r :

Terre calcaire fine. 50

Glaise maigre. 60

Glaise grasse. 89

Terre du Jura . 95

Terre argileuse. 115

Terre d’Iloffwil. 120

Terre de jardin. 1 19

Argile pure. 483

Terreau. 200

La différence de retrait de l’argile et du calcaire !explique la pulvérisation de la marne par les alterna- jtives seules de sécheresse et d’humidité. Le terreau ;perd le cinquième de son volume par la dessiccation, 1

et revient quand on le mouille à son volume primitif,ce qui explique en partie les mouvements si prononcésque l’on observe dans les terrains tourbeux quand laproportion d’eau qu’ils renferment vient à varier. L'a-baissement de terrains de cette espèce a quelquefoisété très sensible à la suite de travaux de drainage, ettous les ingénieurs qui ont eu à faire des remblaisavec des terres de cette qualité ont eu l'occasion deremarquer les modificationsproduites dans les ouvragespar les variations d’humidité de la masse.

Les terres plongées dans l’air humide jouissentpresque toutes de la faculté d’absorber une certainequantité d’eau; cette propriété concourt à les entrete-nir dans l’état d’humidité nécessaire à une bonne vé-gétation et constitue par conséquent une qualité pré-cieuse dans beaucoup de circonstances. Schüblcr, dontle nom revient si souvent dans l’étude des propriétésphysiques des terres, opérait en plaçant 5 gr. de cha-cun des échantillons qu’il voulait expérimenter sur dopetits plateaux de 0 m ,036 de cote, disposés sous unecloche plongeant dans l’eau à sa partie inférieure. Ilsuffisait de peser, après différents intervalles de temps,les plateaux et leur contenu pour se rendre compte dece que chaque échantillon avait absorbé d’eau. Le ter-reau sc place en première ligne sous le rapport de lapropriété qui nous occupe ; de sorte que certains agro-nomes ont proposé de prendre pour mesure de la va-leur d'un sol sa propriété d’attirer l'humidité. Maisoncomprend qu’on ne saurait ainsi faire abstraction de lacomposition du terrain, de son exposition et de sesautres propriétés, sans s’exposer à commettre de graveserreurs.

Voici, du reste, les nombres obtenus dans quelquesexpériences faites comme on vient de l’indiquer :

Absorblion

après :

15 heurts.

21 h.

48 h.

72 h.

Sable siliceux: . . .

o.oiiü

0,000

0,000

0,000

Sable calcaire.. . .

0,0-10

0,015

0,015

0,015

Terre du Jura . . .

0,071

0,093

0,100

0,100

Terre d’IIoffwil. . .

0,081

0,110

0,115

0,113

Glaise maigre. . .

0,105

0,130

0,140

0,140

Glaise grasse. . . .

0,125

0.150

0,170

0,175

Terre calcaire fine.

0,180

0,155

0,173

0,173

Terre argileuse. . .

0,150

0,180

0,200

0,205

Terre de jardin. . .

0,175

0,220

9,230

0,260

Argile pure.

0,185

0,210

0,240

0,2 45

Ilumus.

0,400

0,485

0,550

0,600

Les terres ne jouissent pas seulement de la propriétéd’absorber l’humidité ; elles exercent sur 'es gaz, quandelles sont humides, une action analogue qui a particu-lièrement été étudiée pour l’oxygène. Quand les terresse dessèchent? elles abandonnent l'oxygène qu’ellesavaient en quelque sorte condensé mécaniquement, etne reprennent la propriété d’absorber ce gaz qu’autantqu’elles sont humectées de nouveau. L’absorption dugaz oxygène, curamc on vient de le dire, se produitsans action chimique quand les terres ne contiennent nihumus, ni fer à un degré inférieur d’oxydation; maisquand ces dernières substances existent dans un ter-rain, les choses se passent d’une manière bien diffé-rente. L’oxygène, en agissant sur l'humus, le trans-forme en eau et acide carbonique, qui, entraîné par lasève, ou dégagé dans l’atmosphère, favorise énergi-quement le développement des plantes. La suroxyda-tion du fer ne paraît pas moins importante; elle a lieunon-seulement par l’action directe du gaz oxygène,mais aussi par la décomposition de l’eau, pendantla-| quelle l’hydrogène naissant se combine à de ruzote,

| pour former de l’ammoniaque, dont on connaît la| puissante influence sur les végétaux.

; L’absorption de l’oxygène par la terre humide a étéI souvent étudiée; nous indiquerons seulement ici quel-