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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

On a reconnu, par un assez grand nombre d’obser-vations, que la moyenne de la journée est à peu prèsla moyenne des températures observées à huit heuresdu matin et à huit heures du soir, ou plus exactementla moyenne des températures de quatre heures et dedix heures du matin, et de quatre heures et de dixheures du soir.

La température moyenne des mois et des annéess’obtient en faisant la somme des températuresmoyennes de chaque jour, et divisant par le nombredes termes ainsi ajoutés.

La température moyenne d’un lieu dépend d’un trèsgrand nombre de circonstances, parmi lesquelles onremarque particulièrement la latitude de ce lieu, sonaltitude, la direction des vents régnants, la proximitéou l’éloignement de montagnes, de grandes massesd’eaux, de marais ou de forets, la couleur du sol, l’ex-position, etc., etc. On conçoit dès lors que l’expé-rience peut seule fournir cette donnée, et qu’il est inu-tile de s’arrêter à l’examen de formules empiriquesétablies par quelques auteurs, au moyen d'un nombrede renseignements évidemment insuffisant. On peutseulement admettre, comme résultat moyen suffisam-ment approché, dans la partie de l’Europe que noushabitons, que, toutes choses égales d’ailleurs, la tem-pérature décroît de un degré centigrade par 160 mètresenviron d’élévation.

L’ensemble des lieux jouissant de la même tempé-rature moyenne, en les supposant ramenés à une mêmealtitude, forme ce qu’on appelle une ligne, isothenne.Les lignes de cette espèce ne sont encore que très va-guement et très imparfaitement tracées à la surface duglobe, et même en Europe . On appelle lignes isot hèresie lieu des points d’égales températures moyennes d’été,et lignes isochimènes le lieu des points d’égales tempé-ratures moyennes d’hiver. Les tracés des lignes iso-thermes, isothères et isochimènes different beaucouples unes des autres. Les deux dernières classes de lignessont encore plus mal connues que la première. Ellesprésenteraient cependant, au point de vue agricole, unplus grand intérêt; mais les observations sont loin d’êtreassez nombreuses pour permettre de les déterminer,même d'une manière approximative.

La température moyenne annuelle de la partie ha-bitée de la France paraît être de 12° environ. La plusbasse température qu’on y ait observée a été de 28", 1,le 3 février 1830, à Mulhouse . La plus haute tempé-rature constatée à l’ombre, également- en France , a étéobservée à Orange, en juillet 1830, par M. de Gas-parin; le thermomètre s’est élevé à 40",2.

Les différences entre les températures moyennes del’hiver et de l’été et les maximum et minimum de cha-que jour, sont d’autant moins fortes que l’on s’ap-proche davantage des bords de l'Océan ou de la Médi-terranée. Ainsi, tandis que la différence des températuresmoyennes de l'hiver et de l’été est à peu près de 18°dans les villes de l’intérieur de la France , telles queStrasbourg, Dijon , etc., elle se réduit à 13° ou 1-i" dansles villes dont la distance à la mer n’excède pas 230 ki-lomètres, comme Poitiers, La Rochelle , etc., et restemême notablement au-dessous de cette limite dansbeaucoup de points de notre littoral.

Les chiffres précédents se rapportent à la tempéra-ture de l’air, mais ce milieu transparent laissant passerplus ou moins facilement les rayons lumineux et calorifiques, n’atteint pas la même température que laterre et les végétaux qui vivent à sa surface. La cha-leur solaire, ainsi reçue par les plantes, augmente trèsnotablement leur température moyenne et les placedans des conditions beaucoup plus avantageuses à leurdéveloppement que celles qui résulteraient de la tem-pérature seule de l’air, à la latitude du lieu qu’ellesoccupent. D’après un grand nombre d’observations

l faites ou réunies par M. de Gasparin, la moyenne an-nuelle de chaleur atmosphérique étant à Paris de| 10°,8, à Peissember^ de !)°,63 et à Orange do13°,l,i la chaleur solaire est de 14°,0 à Paris , de 9°,45 à Peis-| semberg et de U)",9 à Orange; ce qui donne une aug-| mentation de 3 n ,2 dans la première localité, de 3°,80dans la seconde et de 6°,8 dans la dernière. Ces diffé-rences, déjà très considérables, prendront une plusgrande importance encore si l’on sb borne à observerl’influence de la chaleur solaire pendant le printemps,époque où la végétation commence à se développer. Ontrouve, en effet, les résultats suivants :

Températures moyennesdu printemps.

Lieu d’observation.

Paris .

Peissemberg. .Orange.. .

i l'ombre.■ 10 , 61 )8,-20■ 12.00

au soleil.1-1,80■10,3219,10

Différence.1 , 2011,127,10

Les chiffres précédents suffiront pour indiquer l'im-portance de la chaleur solaire sur les plantes et démon-trer la nécessité de tenir compte de cet élément dansl’établissement des climats agricoles. L’évaporationqui se produit à la surface de la terre humide abaissed’ailleurs, d'une manière plus ou moins notable, satempérature au-dessous de celle des tiges et des par-ties sèches des végétaux, ce qui établit entre les ra-cines et les autres parties des plantes une différence detempérature probablement fort utile au mouvement dela sève et au développement de leurs fonctions vitales.

La quantité de chaleur absorbée parle sol est d’autant plus considérable, toutes choses égales d'ailleurs,que la direction des rayons solaires est plus voisine dela perpendiculaire à la surface, au point considéré. Onconçoit, d’après cela, que les terrains inclinés au suddouent avoir une température moyenne supérieure àcelle des terrains exposés au nord ; et l’on s’expliquefacilement les différences qui existent entre la valeurde terres voisines, par le fait seul de leur expositionplus ou moins avantageuse. L’étude complète de l’in-fluence de l'inclinaison d'un terrain sur sa températureexige quelques calculs qu’il serait inutile de reproduiremaintenant.

J.es températures moyennes, soit annuelles, soitmême diurnes, sont loin d’exercer sur la végétationl’influence qu’on serait naturellement porté à leur at-tribuer, et ne donnent que des notions extrêmementincertaines sur le climat agricole d'une contrée déter-minée. On conçoit, en effet, que la même températuremoyenne peut résulter de l’addition de températuresextrêmes fort différentes. Les itiaxima et les mnùmaabsolus de températures, ou les moyennes de ces va-leurs extrêmes, ont un intérêt bien plus direct et bienplus appréciable.

La température s’élève rarement assez dans nos cli-mats pour exercer sur les plantes, pourvu qu’on leurfournisse une humidité suffisante, une action nuisible.Nos végétaux souffrent bien plus sou s ont de l'absenceque de l’excès de la chaleur; nous n’avons donc rien àdire, quant à présent, sur les effets des maxima de tem-pérature. Il n’en est pas de même des températuresminima, qui produisent si souvent en France des ra-vages effrayants.

L’action du froid sur les végétaux dépend de sonintensité, de sa durée, de l’époque où il a lieu, et descirconstances qui accompagnent le retour d'une tem-pérature plus élevée.

Le degré de froid qui suspend la végétation dans uneplante et détruit ses organes, varie avec la nature etles parties de cette plante exposées à la gelée. Lesjeunes pousses de chêne, par exemple, résistent sou-vent à une température inférieure à zéro, qui fait pé-