AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
celles du second en contenaient 3G p. 100, et celles dudernier, enfin, 27 p. 100 seulement.
La nature et la composition de la lumière, au pointde \uo de ses effets sur la végétation, ont du reste étéfort peu étudiées. L’observation démontre que l’étatde nébulosité plus ou moins habituelle du ciel exercesur les plantes, et surtout sur les fleurs et les fruits,une action très prononcée ; quelques expériences, peunombreuses il est vrai, faites avec des verres colorésde diverses manières, établissent aussi que toutes lesparties du spectre solaire n’agissent pas de la mêmemanière sur les végétaux. Il y a une série de travauximportants à entreprendre dans cette voie; mais on estforcé de reconnaître que, jusqu’à présent, il n’existe passur ce sujet de données bien précises, ni de renseigne-ments d’un intérêt pratique.
U électricité atmosphérique, comme la lumière, jouedans la nature un rôle des plus importants, et exercesur la végétation une influence qui ne parait pas dou-teuse; mais cet agent est encore trop peu connu, aupoint de vue qui nous occupe, pour'que son étudepuisse nous offrir un intérêt pratique. Nous ne nousarrêterons donc pas davantage à l'examen des phéno-mènes électriques qu’à celui des phénomènes lumi-neux, et nous passerons immédiatement à l’expositiondes principaux faits physiques que présente l’air atmo-sphérique.
III PRESSION DE L’AIR.
Lu pression de l’air à la surface de la terre s’ob-serve à l’aide du baromètre. Cet instrument, que toutle monde connaît, est l’appareil météorologique le plushabituellement employé par les culti\atours, en raisondes services qu’il peut rendre en fournissant des indi-cations sur la probabilité de la pluie. Le baromètre àcadran ne donne que des indications très imparfaites ;l’emploi ne saurait en être recommandé. Un bon baro-mètre à cuvette ordinaire convient parfaitement pourles besoins usuels. Pour les observations plus précises,on se sert souvent du baromètre à s-yphon de M. Gay-Lussac, qui fournit des indications fort exactes, etdont le transport ne présente aucune difficulté.
Les observ ations barométriques se font, à l’Observa-toire de Paris , à neuf heures du matin, à midi, à troisheures et à neuf heures du soir. L’observation de mididonne la moyenne du mois et de l’année. Les troisautres observations servent à déterminer les variationshoraires.
La pression moyenne du baromètre à Paris , déduitede vingt années d’observations, est de 0 m ,756. Lesvariations horaires sont assez faibles, et ne s’élèventqu’à quelques dixièmes de millimètre. En moyenne,dans notre climat, la hauteur barométrique atteint sonmaximum vers neuf heures du matin, et son minimumvers trois heures du soir.
On remarque, en général, qu’un abaissement du ba-romètre est un indice de pluie, et que son élévationest au contraire un pronostic de beau temps. Il ne fautpas, comme le font certaines personnes, ajouter uneeonfiauce absolue à ces indications générales. Un phé-nomène naturel est la résultante de trop de circons-tances différentes pour qu’il soit possible de le prévoirpar l’observation d’un seul instrument; mais il est cer-tain que, dans chaque localité, l’examen attentif, pro-longé pendant plusieurs années, de la marche d’un ba-romètre, combinée avec l’étude des vents et de quel-ques autres phénomènes, conduit aisément à prévoir,avec une grande probabilité, quelques jours d’avance,la chute de la pluie. On ne saurait donc engager tropvivement les agriculteurs à noter chaque jour, à midi,la hauteur du baromètre, et à enregistrer aussi chaquejour do pluie. La construction de tableaux analogues à
celui de la fig. i permet de comparer facilement delongues périodes d’observations, et évite la peine d’é-crire les hauteurs barométriques en chiffres, puisqu’ilsuffit d’un simple point marqué sur la ligne verticaledu jour, à la hauteur convenable.
M. Prévost a reconnu, par un grand nombre d’expé-riences, qu’à Genève , sur cent pluies initiales, c’est-à-dire succédant à plusieurs jours de beau temps, il yen avait quatrc-vingt-cinq précédées d’un abaissementde 0 ,n ,00UI5 au moins. A Alais, en 1812, on a trouvéque soixante-neuf pluies sur cent avaient été annoncéespar un abaissement du baromètre. D’un autre côté, ilrésulte, d’une longue série d’observations faites à Mont-morency, que les probabilités de pluie ou de neigecorrespondant à diverses hauteurs du baromètres soutles suivantes :
Probabilité
Hauteur du
baromètre.
<Je pluie.
de neige.
0,728
\ 0,738
0,70
0,22
0,738
0,772
0,58
0,04
0,712
0,751
0,76
0,04
0,7.31
0,760
0,19
0,01
0,760
0,769
0,08
0,00
0,770
0,771
0,00
0,00
Enfin, d'après M. de Gaspnrin, vingt-sept années
d’observations
de 1813 à 1842, ont conduit, à Orange,
aux résultats
suivants :
Pluies avec le baromètro
Ces nombres
plus bns quo
plus haut que
■ont entra
moyenne.
la moYtnnc.
eux comme :
Décembre.
... 150
42
100:
28
Janvier. .
, . . 162
49
ion:
30
Février. .
. . . 138
55
100;
40
Murs. . . .
. . . 153
39
100;
25
Avril. . .
. . . 199
49
100;
25
Mai. . . .
. . 203
67
ioo:
38
Juin. . .
. . . 135
52
100;
38
Juillet. . .
. . . 100
42
100:
42
Août. . . .
50
100:
42
Septembre.
. . . 162
50
400:
31
Octobre. .
. . . 211
58
loo:
27
Novembre.
. . . 197
54
ioo :
28
Il parait que l’on pourrait tirer de l’observation at •teutivc des variations horaires du baromètre des pro-nostics plus certains encore que ceux qui sont fournispar ses mouvements généraux. Mais ce genre d’obser-vation exige des instruments trop précis et des soinstrop délicats pour que nous nous en occupions ici.
Les variations de la pression atmosphérique ne pa-raissent pas exercer par elles-mêmes d’action bien di-recte sur la végétation, mais ce que l’on vient de diresur les pronostics tirés du baromètre, suffit pour indi-quer l’intérêt que présente l’observation de cet instru-ment.
IV. DES VENTS.
La fréquence et la force des vents so placent aupremier rang parmi les éléments caractéristiques d’unclimat. Les végétaux sont fortement modifiés par cesmouvements de l’air. On peut dire d’une manièregénérale que les vents modérés, en renouvelant l’airet en imprimant aux plantes une certaine agitation,compatible avec leur élasticité propre, sont favora-bles à la végétation. Mais les vents secs, ou régnantavec trop de force ou de continuité dans une direc-tion déterminée, fatiguent les plantes, et leur impri-ment des caractères spéciaux que tout le monde a puremarquer. Les arbres plantés au bord de la mer, par