AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
sent la culture. La connaissance exacte de ce phéno-mène est indispensable aux calculs relatifs à l’établis-sement des réservoirs et des opérations de dessèchement.Les appareils d’observation sont malheureusement en-core assez imparfaits et les expériences des physicienstrès peu nombreuses. L’évaporation s’obsen c au moyend’un vase rectangulaire en métal, d’une section donnée,rempli d’eau dans laquelle plonge un thermomètre. Onpèse chaque jour le vase, ou l’on mesure, à l'aide d’unevis micrométrique, l’abaissement du niveau du liquide.Quand le vent est un peu fort, il produit, à la surfacedu vase, de petites vagues et entraîne mécaniquement,& l'état liquide, une certaine quantité d'eau. Il est né-cessaire de retrancher la quantité d’oau ain-i entraînéede la perte totale pour avoir le volume d’eau réellementvaporisé. L’un des moyens les plus convenables pouratteindre ce but consiste à placer autour du bord duvase un cadre garni de papier peiut à la colle en cou-leur claire. Chaque gouttelette d’eau en tombant surce papier y produit une tache plus ou moins grande.En comptant chaque jour les taches produites, on peut,jusqu’à un certain point, à l’aide d’expériences préa-lables, se rendre compte de la quantité d'eau entraînéemécaniquement. L’étude de l’évaporation produite à lasurface de la terre humide se lait à l’aide d’un vaseanalogue à celui dont on vient de parler, mais remplide terre, percé de trous et enfoncé dans le sol jusquepi*ès de ses bords. La dessiccation naturelle d’un ter-rain est, du reste, un phénomène complexe qui ne scproduit pas seulement par l’évaporation de la surface.Le capillarité et la nature du sous-sol y interviennentpour une forte part. La meilleure marche à suivre, pourétudier les \ariations d’humidité du sol, con-isterait àprendre chaque jour, à la même profondeur, dans unmême champ, un échantillon de terre, à le dessécher età peser la perte qu’il éprouverait par cette opération.Les indications précédentes suffisent pour faire com-prendre les instruments à employer pour l’étude agri-cole du phénomène de l’évaporation. On trouvera dansle chapitre suivant le résumé des données pratiquesobtenues par différents observateurs et employées parles ingénieurs dans les calculs relatifs aux irrigationset aux dessèchements.
La pluie a été beaucoup mieux étudiée que les deuxphénomènes précédents, auxquels elle se rattache ce-pendant de la manière la plus directe. Les données quel’on possède sur les quantités de pluie qui tombentannuellement sont cependant loin d’être complètes, etleur importance pour les opérations agricoles est tellequ’il parait utile d’entrer dans quelques détails surles moyens d’observation de cet élément essentiel demétéorologie pratique.
Les instruments qui servent à mesurer les quantitésd’eau qui tombent en une année à la surface de la terrese nomment udomètres ou pluviomètres. Ces .instru-ments se composent ordinairement d’un vase en métal,communiquant avec un entonnoir terminé par unepartie cylindrique d’une section déterminée. Le va?een métal, ou réservoir, porte, à sa partie inférieure, unrobinet au moyen duquel on recueille l’eau, après chaquejour d3 pluie, dans un vase gradué de telle sorte quele volume recueilli fasse connaître l'épaisseur de lacouche d’eau tombée dans l’entonnoir. Les appareilsde cette espèce convenablement établis donnent, entreles mains d’observateurs attentifs et consciencieux,d’excellents résultats. Mais ces instruments ne four-nissent aucun moyen de vérification, et confiés à desagents subalternes leurs indications ne pourraient in-spirer aucune confiance.
J’ai fait construire, pour remédier à l’inconvénientque l’on vient de signaler, le pluviomètre totaliseurreprésenté par la fig. 5 et dont voici la description :
A, entonnoir en cuivre ou en zinc verni, garni a
sa partie supérieure d’une bague en laiton tournée for.mant la circonférence d’un cercle de quutrc décimètrescarrés de surface.
Fig. 5.
BB, tube en verre gradué en centilitres. Les deuxextrémités de ce tube sont mastiquées dans des virolesen laiton.
L’entonnoir A et le tube B communiquent par untube en plomb ou en caoutchouc vulcanisé, quand ladisposition des lieux oblige à séparer ces deux partiesde l’appareil.
C, réservoir en cuivre ou en zinc.
D, robinet servant à établir la communication en-tre le réservoir C et le tube gradué BB.
E, robinet placé à la partie inférieure du réser-voir C. Ce robinet ne peut être manœuvré qu’à l’aided’une clef qui doit rester entre les mains de la per-sonne qui dirige et surveille les observations.
FFF , support en bois de l’instrument. Ce supportse fixe contre un mur, ou un poteau vertical, au moyend’anneaux dont il est garni.
L’entonnoir A doit être placé sur le toit de la maisonou de la guérite destinée à servir d’observatoire, lesautres parties du pluviomètre sont disposées à l’inté-rieur.
La queue de l’entonnoir et la virole supérieure dutube B B sont garnies de bagues de raccordement,comme l’indique la coupe de l’entonnoir et de sonraccord, qui rendent facile la pose du tuyau de raccor-dement de ces deux parties de l’appareil.
L’emploi de l'instrument que l’on vient de décrireest extrêmement simple. Le robinet D étant fermé,l’eau reçue par l’entonnoir s’accumuledans le tube gra-dué B B. Les chiffres inscrits sur ce tube, d’après lesdimensions et graduations adoptées, indiquent enquarts de millimètres la hauteur de la conclu* d’eautombée. L’agent chargé des observations inscrira cha-quç jour le résultat de sa lecture, et, aussitôt aprèsi cette opération, il fera tomber l’eau du tube graduéi dans le réservoir, en ouvrant le robinet D, qu’il refer-