AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
ter sur le plan, avec l’indication des résultats des son-dages exécutés h leurs points d’intersection. Mais lespersonnes habituées au maniement des instruments et àl’étude des plans préféreront suivrclaprcmière méthode.Les plans du cadastre, à l’échelle de 0,0001 à 0,0003,sont très convenables pour rapporter les différentesopérations dont on vient de parler.
III. ASSAINISSEMENT AU MOYEN I)E RIGOLESCOUVERTES, OU DRAINAGE.
Nous avons passé rapidement sur l'assainissementdes terres au moyen de rigoles ouvertes ; la simplicitédes travaux de cette espèce et la connaissance que lescultivateurs possèdent en général des méthodes les plusconvenables par leur exécution, nous dispensaient d’in-sister longuement sur ce sujet. 11 n’en est pas de mêmedes opérations dont nous allons maintenant nous occu-per. Encore peu connues en France , elles préoccupentcependant l’attention de la manière la plus sérieuse, etméritent en effet une étude attentive.
Sans préconiser outre mesure les nouvelles méthodes,comme certaines personnes le font avec plus de zèle quede discernement, nous croyons pouvoir assurer, et déjàquelques faits l’ont démontré, qu’elles produiront enFrance , dans un grand nombre de localités, des résul-tats aussi remarquables et aussi lucratifs qu’en Angle-terre. Mais il faut pour cela que le drainage soit appliquéavec intelligence et dans des conditions convenables delieu et d’économie.
L’assainissement des terrains, au moyen de rigolescouvertes, s’exécute généralement aujourd’hui, en po-sant au fond de tranchées de -1 ,H ,0 environ de profon-deur, des tuyaux de terre cuite que l’on recouvre avecla terre extraite de cette même tranchée. Ce procédétrès simple et fort économique n’est employé que de-puis peu d’années, et diverses méthodes le remplacentencore aujourd’hui dans certaines circonstances.
Il convient, avant d’entrer dans l’examen détaillé deces différentes manières d’opérer, d’indiquer d’abordd’une manière rapide l’histoire des procédés d’assainis-sement à l’aide de rigoles couvertes. Cette étude préli-minaire aura le double avantage de préciser autant quepossible ce qui constitue l’importance des moyens ac-tuels , et de fournir sur l’ensemble de la méthode desnotions générales qui faciliteront l’intelligence des ex-plications étendues qui seront données plus loin.
L Historique.
L’art d’assainir les terres au moyen de rigoles cou-vertes se perd dans la nuit des temps. Comme tous lesarts utiles, il est probable que ses progrès auront été silents et si graduellement amenés, que chacun d’euxaura passé pour ainsi dire inaperçu, et sans laisser àson auteur le mérite de sa découverte. Ce qu’il y a decertain, c’est que les Romains connaissaient l’art d’as-sainir les terres, et qu’ils le pratiquaient sur une grandeéchelle. Tous leurs écrivains agricoles le signalent, etdonnent même sur l’exécution des travaux des préceptestrès judicieux, soit que ces procédés d’assainissementnient été employés d’abord par les Romains eux-mêmes,soit qu’ils en aient appris l’usnge de peuples plus an-ciennement civilisés. Il est probable que leurs arméesvictorieuses et leurs colonies en enseignèrent l’usagedans les différentes parties du monde, et que c’est àleur exemple que furent établis les travaux de cetteespèce, dont on rencontre encore de nombreux vestiges,et dont l’origine nous est maintenant inconnue.
Les anciens employaient pour la formation do leursrigoles souterraines d’assainissement, des pierres, desbranches, et même de la paille. Voici comment Coin
1 melle décrit ce travail : «. S’il est humide (le sol),
il faudra faire des fossés pour le dessécher, et donnerde l’écoulement aux eaux. Nous connaissons deux es-pèces de fossés : ceux qui sont cachés et ceux qui sont
larges et ouverts.D’un autre côté, on fera pour les
fossés cachés des tranchées de trois pieds de profondeurque l’on remplira jusqu’à moitié de petites pierres oude gravier pur, et l’on recouvrira lo tout avec la terrotirée du fossé. Si l’on n’a ni pierre ni grav ier, on formera, au moyen de branches liées ensemble, des cfiblesauxquels on donnera la grosseur et la capacité du fonddu canal, et qu’on disposera de manière à remplir exac-tement ce vide. Lorsque les cables seront bien enfon-cés dans le fond du canal, on les recouvrira de feuillesde cyprès, de pin, ou de tout autre arbre qu’on comprimera fortement, après avoir couvert le tout avec laterre tirée du fossé ; aux deux extrémités on posera enforme de contre-fort, comme cela sc pratique pour lespetits ponts, deux grosses pierres qui en porteront unetroisième, le tout pour consolider les bords du fossé, etfavoriser l’entrée et l’écoulement des eaux (I). »
Les mêmes matériaux, employés à peu près de lamême manière, ont été utilisés de tout temps, et sontencore aujourd’hui mis en œuvre d’une manière ana-logue dans beaucoup de parties de la France , pour at-teindre le même but. Cependant nous ne connaissonsaucun ancien auteur agricole français qui sc soit spé-cialement occupé de ce sujet et qui l’ait traité avec lesdéveloppements nécessaires, de sorte que l’histoire del’emploi en France des rigoles d’assainissement cou-vertes se réduit à très peu de chose, bien qu’assez ré-pandu, nous le répétons, et indiqué par l’abbé Rozicret par d’autres auteurs, comme une pratique très con-nue et d’un emploi fort répandu. L’Angleterre, au con-traire, possède plusieurs traitésaneiens et spéciaux, surles procédés d’assainissement, qui permettent de suivreassez facilement la marche progressive de cet art, main-tenant si répandu dans le Royaume-Uni .
L’ouvrage anglais le. plus ancien sur le drainageagricole paraît être celui du capitaine Walter Blight,dont la troisième édition fut imprimée en 1652. Cetouvrage, remarquable à beaucoup d’égards, et dans le-quel on trouve, au sujet de la misère générale des tra-vailleurs et des moyens d’y remédier, des idées très justesd’économie sociale; idées que suggèrent toujours lestemps de révolution, mais que le calme fait trop vite ou-blier, ne contient pas de simples détails d’exécution destravaux, les préceptes s’appuient presque toujours surune saine théorie qui n’a guère été perfectionnée depuiscette époque. Encore aujourd’hui, on ne peut mieuxfaire que de répéter avec W. Blight, que nous tradui-sons littéralement : « Quant à ta tranchée de drai-nage, tu dois la faire assez profonde pour qu’elle ailleau fond de l’eau froide qui suinte et croupit.—Un yard,ou quatre pieds de profondeur, si tu veux drainer à tasatisfaction. Et de nouveau, arrivé au fond où reposela source suintante, tu dois aller plus profond d’un furde bêche, quelque profond qu’il soit déjà, si tu veux
drainer ta terre à souhait.Mais pour ces tranchées
ordinaires que l’ou fait souvent à un pied ou deux, jedis que c’est une grande folie et du travail perdu que jedésire éviter au lecteur >» Ces préceptes si justes deBlight semblent s’être peu répandus, car maintenantencore il faut les reproduire et les soutenir, tant estlente la diffusion et la mise en pratique dès idées justes,même les plus simples.
A la fin du siècle dernier, Elkington, fermier du War-wickshire, esprit judicieux et observateur infatigable,s’occupa d’une manière toute particulière de l’assainis-
(I) Collection des auteurs latins , publiée par M. Nisartl.— Les agronomes latins, pagr rj.Y *