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AGRICULTURE.

AGRICULTURE

de charrue-taupe. On a varié de mille manières cet incrûment sans en obtenir jusqu’à présent de résultatsurfaisant. La partie essentielle do toutes les modifi-cations proposées est toujours un coutrc extrêmementfort, terminé à sa partie inférieure par une pièce coni-que en fer ou en fonte. Ce cône pénètre dans le sol etlaisse derrière lui un vide que la terre ne remplit pas,si elle est suffisamment compacte. La mise en mouve-ment des machines de cette espèce exige une force con-sidérable. On les manœuvre au moyen d’un cabestan àmanège conduit par deux ou trois chevaux, et fixé hl’extrémité de la ligne de drain à ouvrir. On reconnaîtfacilement, en calculant l'effort nécessaire à la ma-nœuvre de ces charrues telles qu’on les construit,qu’elles ne peuvent donner que des résultats assez mé-diocres. Les travaux qu’elles servent à exécuter sonttoujours peu satisfaisants et leur prix de revient trèsélové, quand on tient compte de la valeur considérablede l'outillage et de sa prompte détérioration.

Charrues de drainage. Beaucoup de fermiers et laplupart des constructeurs d’instruments agricoles ontcherché à établir des machines propres à ou\riv mé-c iniquement les tranchées de drainage. Les essais detoutes natures faits jusqu’à présent n'ont point fournide résultats satisfaisants. Les appareils les plus parlaits ne peuvent fonctionner que dans les terrains trèshomogènes et tout à fait privés de pierres. Nous nereproduirons aucune des charrues, dragues circulaireset autres mécanismes proposés en si grand nombrepour les travaux de cette espèce. On annonce en cemoment que M. Cotgreavc vient enfin de résoudrecomplètement la question. Nous craignons que cettepromesse ne cache, comme toutes les autres de mémoespèce, une déception ; mais nous devons nous abste-nir de toute appréciation, jusqu’à ce que l'expérienceait répondu définitivement.

3. Profondeur , écartement et trhcé des drains.

On a indiqué, en parlant des différents modes d'é-tablissement des tranchées de drainage , les profon-deurs qu’il convient en général de leur donner; mais ilreste à justifier ces indications et à faire connaître lesc-iroonstanc s qui peuvent conduire à s’écarter plus oumoins notablement des dimensions habituellement adop-tées. Cette discussion nous conduira naturellement àl’examen de l’écartemont et du tracé des lignes dedrains.

Profondeur. Peu de questions de l'art agricole ontdonné lieu à de plus longues et de plus vives discus-sions que celle de la profondeur des drains. Emportéspar l’ardeur de la polémique, des esprits égalementjustes et des praticiens également distingués, en sontarrivés à indiquer comme des règles invariables desprofondeurs différentes, hors desquelles chaque écolesoutenait qu’il n’y avait pas de succès possible. Lesfaits, également incontestables et allégués de part etd’autre, sont venus prouver que des méthodes fort di-verses pouvaient cependant réussir. On a donc re-connu qu'il n’existait pas de règles empiriques et gé-nérales ; peu à peu les défenseurs des divers systèmesse sont rapprochés et maintenant on est arrivé, sinonà une pratique commune, au moins à poser certaineslimites entre lesquelles on fait varier la profondeur desdrains en raison de la nature du sol et de la forme duterrain.

La porosité du sol, l’action que le drainage lui -même exercera sur lui, sa nature en un mot, influentévidemment sur la profondeur à donner aux drainsqu’un praticien exercé ne fixera jamais qu’après unexamen attentif; mais les exigences de la culture per-mettent de fixer la profondeur minimum qu’il est pos-sible de donner aux drains. Cette limite inférieure

peut se déterminer par les considérations suivantes.Les labours profonds peuvent atteindre 0 n ’,25 à 0 m ,3() ;la partie supérieure du conduit de drainage, quel quesoit son mode de construction, pour être complètementà l’abri de l’attaque des instruments, doit se trouverà 8 ou -10 centimètres au-dessous de la profondeurqu’ils atteignent; de sorte que dans aucun cas on nedoit mettre le dessus des conduits à moins de 0"’,i0au-dessous de la surface du sol. Il serait même impru-dent de s’arrêter à cette limite, car ce serait s’inter-dire à jamais les défoncemerits poussés à 0 m ,50 au-dessous du fond des sillons. En ajoutant à cette distancede O" 1 .50 l’épaisseur de la couche préservatrice, quidoit toujours exister au-dessus des conduits de drai-nage, et en tenant compte des dépressions naturellesou artificielles de certaines parties du sol, on voit qu’onne saurait, sans imprévoyance, établir la partie supé-rieure des conduits à moins de 0 m ,60 à 0"‘,70 encontre-bas de la surface du sol. Une autre considéra-tion conduit à une seconde limite peu différente dela précédente : les racines des plantes cultivées nedoivent pas, en effet, atteindre les tuyaux de drai-nage. Or, elles ne descendent pas, en général, à 0 m ,G0,et aucune d’elles ne paraît pénétrer à plus de O" 1 ,75;de sortj que les tuyaux, abstraction faite de tout autremotif, pourraient sans inconvénient se placer à cettedernière- profondeur. Enfin, l'eau n’arrive aux tuyauxde drainage qu’en vertu de l'action de la pesanteur, etpar conséquent la surface de la nappe doit s’élever,à partir du tuyau, suivant un'e certaine inclinaison,d’autant plus prononcée que le sol offre plus de résis-tance au mouvement du liquide; de sorte que pourobtenir la profondeur minimum de la partie supérieuredu canal de drainage, il faudrait ajouter aux chiffresprécédents une hauteur dépendant et de la nature dusol et de l’écartement des drains.

Stéphens, par des considérations analogues auxprécédentes, établit de la manière suivante, pour dif-férents terrains, la profondeur minimum de la partiesupérieure du canal de drainage au-dessous de la surface du sol.

Sous-sols

Poreux.

Frinblc.

Argileux.

Profondeur du labour ordi-

tu.

m.

naire.

0,178

0,178

0,178

Profondeur d’un défoncc-

mentde sous-sol.

Epaisseur de la terre sur les

0,106

0,106

0,406

matériaux de remplissagede la tranchée.

0,076

0,076

0,076

Hauteur des tuiles et soles.Hauteur nécessaire à Té-

0,162

0,162

0,162

coulement.

0,026

0,26-1

0,-467

•Profondeur des drains.

0,837

-1,066

-1,260

Il faudrait réduire ces chiffres de 0 m ,10 environsi on employait des tuyaux cylindriques au lieu detuiles creuses, et les augmenter au contraire de 0 m , lGà 0 nl ,20 pour des drains empierrés.

U ne suffirait pas de fixer comme on vient de le fairela plus petite profondeur des drains, il faut encore dé-terminer la profondeui\la plus convenable à leur don-ner pour qu’ils enlèvent toute l’eau surabondante, etabaissent en même temps assez le plan de l’eau stag-nante pour qu’elle ne puisse pas remonter jusqu'auxracines, ou même à la surface du sol, par l'action dela capillarité. Une profondeur de 0 m ,90 à l m ,'20 suffit,comme nous l’avons déjà dit, pour atteindre dans lescas ordinaires ce double but. Mais cette indication gé-nérale serait insuffisante dans certaines circonstances,particulières qu’il convient maintenant d’examiner.

Quand on opère dans un sol poreux, avec sous-sol