AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
saturé d’eau, parce qu'il repose sur une couche imper-méable, il faut autant que possible pousser la tranchéeà une profondeur suffisante pour poser le tuyau sur lacouche imperméable elle-même. Dans les sols très po-reux, en effet, il est démontré que l’action d’un drains’étend d'autant plus loin que sa profondeur est plusconsidérable.
Il arrive fréquemment dans les sols argileux qu'ilexiste à une certaine distance de la surface une coucheaquifère composée de matériaux très poreux. Si cettecouche n'est pas à plus de i ra ,50 ou I’ n ,80 de la sur-face elle sera un excellent auxiliaire du drainage, caren poussant jusqu’à cette couche un moindre nombrede drains que cela ne serait nécessaire en général,cette couche fournira un vaste déchargeoir des eauxde toute la surface. Dans le drainage des tourbièrespeu profondes il faut toujours pousser les canaux jus-qu'au terrain solide, car la tourbe forme une très mau-vaise fondation de conduits de drainage.
On doit toujours, du reste, avant d’entreprendreune opération de drainage, ouvrir dans chaque champune ou deux tranchées d'essai poussées à des profon-deurs successivement croissantes. On les étudie at-tentivement pendant quelque temps, pour se rendrecompte de la stratification du sol. de la manière dontl’eau se réuuit dans chaque partie, etc., et on conclutfacilement de ces observations la profondeur qu'il con-vient d’adopter d’une manière définitive, pour que lestranchées à ouvrir produisent le plus grand effet utilepossible avec la moindre dépense relative.
Do tout ce qui précède il résulte que la profondeurdes tranchées doit varier dans chaque cas particulier.Les drains, dans un sol poreux, seront profonds et lar-gement espacés, parce que l’eau y arrivera de toutesparts, et que plus ils seront profonds plus ils neutra-liseront la capillarité du sol. Dans les sols d’argile lesdrains n’ont pas seulement à enlever l’eau, ils doiventencore concourir à entretenir la porosité artificielle dusol, au moyen de laquelle l’eau arrive jusqu’à eux. Usne pourront produire cette action s’ils sont placés àune profondeur où ne puisse s’étendre le retrait dusol. On ne doit pas perdre de vue que cette actionde retrait n’est pas partout également prononcée etqu’elle se manifeste d’autant plus, toutes choses égalesd’ailleurs, que la température est plus élevée et la sai-son plus sèche. Le peu d’effet de drains ouverts dansl’argile, la première année après leur établissement,surtout si le temps a été humide, indique assez lajustesse de cette remarque.
En résumé, dans les cas ordinaires, on peut ad-mettre que la profondeur des drains doit être compriseentre Ü’",90 et I '",'20, mais il faut toujours la détermi-ner par des observations préliminaires laites avec soiu.
Ecartement dis drains. Les opinions n’ont pas étémoins différentes au sujet de l’écartement des drainsqu’à l’égard de leur profondeur. D’un côté, M. Smithdisait : Dans les terres fortes et compactes, ou dansles argiles sableuses, l’écartement des drains ne doitpas dépasser 3*“,00 à -i a ',5. Dans les terres plus lé-gères, avec sous-sol poreux, une distance de o“,30 à7'*’,30 sera convenable ; enfin, dans les sous-sols trèsporeux, on pourra conserver une distance entre lesdrains de t2 u, ,20. D’un autre côté, M. Parkes affir-mait que des drains de l“‘,80 de profondeur pouvaientêtre écartés de 7“’.30 à 2ü ni ,10.
Les chiffres de M. Smith sont en général trop faibles ,la limite supérieure de M. Parkes serait rarement ap-plicable. L’écarteinent des drains, comme leur profon-deur, dépend d'une foule de circonstances locales qu'ilfaut soigneusement étudier avant de prendre un parti.Parmi ces circonstances, l’une des plus importantesest la nature du sous-sol. Quand il est poreux ou qu’ilrepose sur une couche perméable dont les drains puis-
sent enlever les eaux, les tranchées pèuvent être éloi-gnées et profondes. Dans le cas contraire, il convientde les rapprocher davantage.
La porosité du sol avant le drainage n’est pas seuleà considérer; certains sols se fendillent facilement parl’action des travaux et acquièrent une porosité artificielle équivalente à la porosité naturelle.
Le climat exerce aussi une grande influence sur lc3résultats d’une opération de drainage. Le fendillementdu sol, qui lui donne la porosité artificielle dont il abesoin, est d’autant plus prononcé et s’étend d’autantplus loin, toutes choses égales d’ailleurs, que la tem-pérature est plus élevée et le temps plus sec. Les ef-fets d’un été sur un sol drainé seront bien plus sen-sibles dans le Midi que dans le Nord.
Les natures de sols sur lesquelles le drainage agitpeut-être le moins sont certaines argiles mêlées de cail-loux roulés, qui se rencontrent particulièrement dansles formations carbonifères. Elles n'éprouveut pointéeretrait particulier qui donne aux argiles ordinales leurporosité artificielle, et elles sont quelquefois si imper-méables, qu'on les trouve sèches à quelques pieds deprofondeur quand la surface est en bouillie. Un défon-cement profond doit toujours accompagner le drainagedans les soh de cette espèce.
Le fendillement des masses argileuses a lieu de pro-che en proche, en s'éloignant du drain par l’écoule-ment successif de l’eau et le dessèchement progressifde la masse. La présence d’une source ou d’une cou-che aquifère qui maintient le terrain auprès du draindans un état pennauent d'humidité, s’oppose quelque-fois complètement à cet effet et paralyse ainsi toutle bicu que l’ou pouvait espérer de l'exécution destravaux.
La largeur habituelle des planches de labour dansle pays où Ton opère influe, dans certaines limites, surl’écartement des lignes de drains, surtout quand ilssont dirigés dans le sens même du labour; on s’ar-range alors, autant que possible, pour que cet écartement soit égal à un nombre exact de fois la largeurdes billons, et l'on profite pour ouvrir les tranchées dola dépression produite par le labour. Du reste, dansles terres bien drainées, on abandonne presque tou-jours le labour eu billons pour le labour à plat.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur les ques-tions relatives à la profondeur et à l'écartement desdrains. Les partisans des divers systèmes ont cherchéà les faire prévaloir par une foule de considérationsqii’il serait inutile et beaucoup trop long de reproduire,après avoir indiqué, comme nous l'avons fait, les dispo-sitions le plus généralement adoptées aujourd'hui etles considérations qui doivent influer sur la fixation dela profondeur ou de l’écartemcnt des lignes de tran-chées. Nous ajouterons seulement qu'il cxLte évidem-ment une relation entre la profondeur et l’écartementdes drains, mais qu'il est impossible, dans l’état ac-tuel des connaissances acquises, d’exprimer mathéma-tiquement cette relation. La question se compliqued’un trop grand nombre d’éléments différents pourqu’il soit possible d'établir par des considérations pu-rement géométriques, cornm'e un auteur français a pré-tendu le faire il y a quelque temps, une formule digned’être prise en considération par les praticiens.
Pente des drains, La facilité avec laquelle l’eau s’é-coule dans les tuyaux en poterie permet de leur donnerune pente longitudinale beaucoup plus faible que cellequi e.-t nécessaire ailx drains cm] ierrés. Une pente de2 millimètres par mètre suffit, à la rigueur, pour lesfiles de tuyaux ; elle ne doit pas être inférieure à 3 ou6 millimètres au mcÂns dans les autres conduits. D’unautre côté, il faut éviter de donner aux drains unepente assez considérable pour que la vitesse de l’eaupuissç dégrader les matériaux employés à la construç-