AGRICULTURE,
AGRICULTURE.
grande exercent aussi une influence capitale sur l’écou-lement de l’eau. Il est donc impossible de déterminerd’avance, et par une règle générale, le rapport desquantités d’eau tombées^ évaporées et infiltrées ; ce rap-port varie d’un lieu à l’autre et ne peut être déterminé, ;dans chaque cas particulier, que par une longue série :d’observations. Les résultats suivants montreront le3différences qui existent à cet égard.
M. de Prony estime que, dans le bassin des maraisPontins , la quantité annuelle d’eau perdue par l’évapo-ration est égale aux 0‘",09! de celle qui tombe. Ainsi,la moyenne d'un grand nombre d’aunées d’observationsdonnant 0'",805 pour la hauteur d’eau tombée annuel-lement, M. de Prony admettrait que la hauteur de l'eau,pouvant passer dans les canaux, sera de 0,724. Ce-pendant les observations faites à Rome , sous le memeclimat, donnent 2"‘,362 pour la couche d’eau évaporéedans l’année, en dehors de l’influence de l’action so-laire.
Pour justifier la différence de ces chiffres qui paraitétablie arbitrairement, cet auteur fait observer que l’é-vaporation constatée dans les observatoires doit êtrebien plus considérable que l’évaporation effective surdes terrains bas, ombragés et abrités des vents; quela surface exposée à l’évaporation sur les marais, aulieu d’être constante, comme dans les observatoires,est très variable, et qu’elle est à son minimum lorsquela cause évaporatrice est à son maximum, et récipro-quement.
Cette proportion « estimée d’après divers rapproche-ments qui portent sur des détails trop minutieux pourles rapporter » n’a pas d’ailleurs, dans sa pensée, be-soin d’être rigoureusement établie, car il ajoute :
« L’objet de cette évaluation est d’avoir un des élé-ments du calcul qui donne la balance de la recette etde la dépense à l’époque où le dessèchement sera opéréet où les eaux, coulant dans des canaux réguliers, 11 cstagneront plus dans la campagne, le système de cescanaux devant être établi de manière à débiter l’eauque reçoit annuellement le bassin général, moins celle !qui est enlevée par l’évaporation ou perdue par les in-filtrations. Cette considération simplifie beaucoup leproblème, et même une erreur dans sa solution ain.-ienvisagée ne tire pas à conséquence si elle e t en moins,vu que la seule conséquence qui puisse en résulter estune légère augmentation dans la capacité des canaux. »
On a déjà donné, en parlant du drainage, quelquesrenseignements sur ce sujet; ils seront complétés parceux que l’ou trouvera dans la section suivante, à l’ar-ticle des réservoirs d’irrigation. En réunissant ces di-verses données, on se formera une idée assez nette de cesujet.
L’absorption de l’eau par les terres exerce, sur laquestion qui nous occupe, une influence bien plusgrande que l’évaporation. On ne possède pas sur cesujet de résultats positifs, et on ne peut dès lors selai.-ser guider que par des analogies plus ou moinséloignées. M. de Prony, dans son projet de dessèche-ment des marais Pontins , estime que l’eau absorbéepar le sol du bassin de ces marais est égale à un tiersde celie qui tombe, et que cette quantité d’eau s’élèveà un demi dans le bassin des marais d’Arles . Cette jproportion doit évidemment varier avec la hauteurd’eau tombée.
En comparant le débit total annuel de la Seine auvolume d’eau qui tombe sur le bassin de cette rivièreet de ses affluents, on arrive au rapport 2/7. De sorteque 5/7 de l’eau tombée sont enlevés par l’absorptionou l’évaporation.
Le débit moyen annuel du Rhône est de 54,236 mil-lions de mètres cubes, ou de 1,718 mètres cubes parseconde. La surface totale du bassin principal et desaffluents de ce fleuve est de 927 myriamètres carrés.
Le débit moyen annuel est égal aux 0,58 environ dela quantité d’eau tombée sur cette surface.
M. Vallès a fixé, par une discussion très complètede la question, cette proportion à 4/7 pour le bassindu lac de Grandlieu (Loire Inférieure ), de sorte qu’enadmettant que l’épaisseur de la couche d’eau tombéependant un orage d’intensité moyenne soit, dans cettelocalité, de 0 m ,0j- en 24 heures, il y aura une couchede 0 l ", 023 d’épaisseur absorbée, et une autre couche de0'”,017 seulement coulera sur le sol. Ces rapports dé-pendent évidemment de la nature du sol et de sa pente.Nous ne saurions assez répéter que les chiffres que nouscitons n’ont rien d’absolu, mais semblent être compris,comme première approximation, dans une partie de laFrance , entre 4/7 et 5/7.
Ces renseignements sont d’ailleurs complétés parles dounées fournies ci-dessus (1 re section) et par cellesde la section suivante.
Du débit des sources et des cours d'eau par année, soità leur étiage , soit pendant les plus grandes crues , et dela détermination du volume d'eau que peuvent fournirpour uji jour d'orage les lits habituellement à sec. Lejaugeage des sources et des cours d’eau permanentss'effectue sans difficulté par les méthodes ordinairesde l'hydraulique (voyez ce mot), c’est-à-dire en formantun déversoir pour les très petits cours d’eau, et en em-ployant, pour ceux d’une plus grande importance, soitle moulinet de Woltman, soit la méthode des flot-teurs.
Mais la détermination du volume d’eau que peuventfournir, apres un jour d’orage, les lits des torrentsordinairement desséchés, ou les crues des cours d’eaupermanents, présente plus de difficulté ; voici la marchesuivie pour arriver approximativement à cette détermi-nation.
Désignons par a la surface du bassin, par h l’épais-seur de la tranche d’eau qui peut tomber en un jour
d’orage sur la surface de ce bassin, et par - le coeffi-cient d’absorption, ou le rapport de l’eau perdue parinfiltration à l’eau tombée. Soit enfin /, le temps ensecondes employé par l’eau qui coule à la surface, pours’accumuler en masses capables de produire des effets
nuisibles. Il est évident que
«— 1
n
ah
sera le volume
d’eau coulant par jour, et
-1
ah celui qui devra
s’écouler par seconde par l’émissaire dont la section,pour satisfaire à cette condition, sera dès lors facile àcalculer. Il paraîtrait naturel de prendre pour h la va-leur de la plus forte pluie observée. Mais ce maximumest presque toujours énorme par rapport à la moyennedes maxima des pluies d’orage, et conduirait à donneraux canaux des dimensions très considérables et trèscoûteuses qui n’auraient d’utilité que pour un jour ex-ceptionnel dans le courant d’un grand nombre d’an-nées. Aussi les auteurs se sont-ils généralement ac-cordés à s'arrêter pour h à la moyenne des maxima.
Ainsi dans les marais Pontins , quoique dans les ob-servations faites à Rome une pluie d’orage tombée le6 avril 1797ait donné une hauteur d'eau de O" 1 .126,M. de Prony, dans son projet de dessèchement, adopte-t-il pour h la hauteur de 0 m ,06.
Pour les marais d’Arles , bien qu'il soit tombé àMarseille , le 15 septembre 1772, en quatorze heures,une hauteur d’eau de 0 U ‘,325, et à Arles , le 4 oc-tobre 1806, pendant douze heures, un prisme de 0 n ’,193d’épaisseur, le même auteur admet pour h une hau-teur de O 1 ".09.
Enfin M. Vallès, dans son projet de dessèchementdu lac de Grandlieu, dans la Loire-Inférieure , faità = 0 n, ,04, quoiqu’un orage de quatre heures ait donné