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AGRICULTURE,

AGRICULTURE.

L’inconvénient principal des puisards absorbantsest l'impossibilité où l’on est de fixer d'avance le vo-lume d’eau qu’ils pourront absorber, volume du restepresque toujours assez limité, puisque le forage quenous avons cité débiterait à peine, en vingt-quatreheures, le volume d’eau tombé dans le môme temps, parune forte pluie, sur un hectare de terrain. Nous n’in-sisterons pas davantage sur ce moyen de dessèche-ment, dont nous avons déjà indiqué l’usage dans cer-taines opérations de drainage.

IV. Colmatages. Toutes les méthodes indiquées dansce qui précède, pour le dessèchement des marais, repo-sent sur Rabaissement du plan d’eau au-dessous duniveau du sol. On conçoit que l’on arriverait au memerésultat en élevant la surface du terrain lui-même au-dessus du niveau des eaux, par des remblais convena-bles. Ces remblais, à moins de circonstances tout àfait exceptionnelles, ne peuvent s’exécuter économi-quement qu’en faisant déposer, sur les terres à rem-blayer, les parties solides que les torrents et les ri-vières à fortes pentes entraînent dans leur cours. Cetteopération sc nomme colmatage, du mot qui la désigne enItalie , où elle est employée sur une très grande échelle.

On produit aussi des remblaiements de terrains bas,au moyen des eaux troubles chargées de limonstrès fertiles, que le flot soulève à chaque marée,à l’embouchure de la plupart des rivières qui arriventà la mer.

Toutes les opérations de colmatage, quelle que soitl’origine des eaux que l’on emploie, consistent à fairearriver les eaux troubles sur le terrain en couche aussiépaisse que possible, à laisser déposer les parties so-lides, puisa faire écouler les eaux éclaircies, pour re-commencer ensuite la meme série d’opérations.

Le terrain à colmater est entouré d’une digue, éle-vée jusqu’à la hauteur à laquelle on peut maintenirles eaux. Cette digue est coupée d’un côté pour rece-voir le canal d’amenée, et interrompue, du côté d’aval,par une ouverture garnie de poutrelles. Ces poutrellesforment un barrage provisoire qui communique avecun canal de décharge, et doivent être disposées detelle sorte qu’il soit facile de les enlever successive-ment pour faire écouler par déversement les eauxéclaircies. Quand on opère sur les côtes avec les eauxsoulevées par La marée, les ouvrages sont tin peu pluscompliqués, et peuvent même prendre une très grandeimportance s’il s’agit de surfaces considérables. Lesdigues d’enceinte du terrain sont percées par des aque-ducs ou canaux éclusés garnis de vannes et quelque-fois de portes d’èbe et de flot, que l’on manœuvre entemps utile pour faire entrer les eaux troubles à maréehaute et faire sortir les eaux éclaircies «à marée basse.

Lorsque les terres à colmater présentent une trèsgrande étendue ou une pente un peu sensible, on par-tage la surface, par de petites digues ou bourrelets,en une série de bassins où l'on fait séjourner l’eau.On empêche par cette division la formation des vaguesqui s’opposeraient au dépôt, et d’un autre côté on évitede trop grandes inégalités de hauteur d’eau et la suré-lévation inutile et dispendieuse des digues d’aval.

Quand la profondeur à combler est considérable, oncommence, si cola est possible, par y amener des eauxtorrentielles cbariant des galets et de gros graviers-.Ce qui produit le double avantage d’accélérer le rem-blaiement et de former sons la terre cultivable unsous-sol poreux très convenable.

Quelquefois, pour profiter plus rapidement et suc-cessivement des résultats du colmatage, lorsque sur-tout l’espace à combler offre une assez grande pro-fondeur, on ne répand point, à la fois, les eaux surtoute la surface. On limite, par une digue, une cer-taine étendue voisine de l’embouchure du canal d’ame-née. Lorsque ce premier espace est comblé, on le mot

en culture, et on prolonge à travers la surface ainsiconquise le canal d’amenéc, pour combler de mêmeune certaine étendue limitée à la suite de la première,et ainsi de suite successivement.

Avant d’entreprendre une opération de colmatage,on doit se rendre compte do la quantité de matièressolides tenues en suspension dans l’eau, et, quand onopère avec des eaux torrentielles, du nombre de joursde crues par an. La détermination de la quantité totaie des matières solides peut s’obtenir en filtrant unpeu d’eau à travers un papier sans colle; mais il çstplus simple, et peut-être plus conforme aux besoinsde la pratique, de se borner à laisser déposer l’eau dansune éprouvette graduée ou tout autre vase, de décanterl’eau arrivée au degré de limpidité dont on devra,plus tard, sc contenter, de recueillir et de peser ledépôt.

On possède assez peu de données bien positives surla quantité de troubles contenues dans les eaux de nosrivières. L’eau de la Durance, en grandes crues, con-tient 4 k ,179 de matières solides par mètre cube, et0 k ,279 seulement en moyenne. L’oau du Rhin en ren-ferme, dit-on, 0,02; celle de certaines rivières d’An-gleterre, de la Trent, par exemple, jusqu’à 0,08. Onne saurait toutefois garantir l’exactitude de ces der-niers chiffres.

Les eaux du Rhône , en 1814, d’après les observa-tions de la commission hydrométrique de Lyon , ontrenfermé, au maximum, 493 grammes de dépôt parmètre cube, au minimum 7 grammes, et en moyenne-138s r ,8. L’eau de la Saône contient, au plus, 1OOS r ,4 dedépôt par mètre cube ; au moins, 8o r /i, et eu moyenne40 grammes.

Des expériences faites sur les eaux de la Meuse,puisées au pont do la Golfe, à Liège , tous les jours dumois de décembre 18i9, ont donné les résultats sui-vants. La plus grande quantité de matières tenues ensuspension dans les eaux de la Meuse , marquant alors3“,20 à l’échelle du Pont-des-Arches, a été de ÜS r ,47ipar litre. La plus petite quantité, de ÜS r ,OI4. Lamoyenne du mois a été de 0S r ,10, soit MO, 000 depoids de l’eau. Voici, du reste, les moyennes des ré-sultats répondant à différentes hauteurs d’eau :

HAUTEURS

de la

MEUSE .

QUANTITÉde dépôtséché à 100®,par litre d’eau.

NOMBRE

<1* jours

d’observation

m. m.

1,25 à 1,50

0 e ,0447

4

1,00 à 2,00

2,10 à 2,50

0,0499

Vô

0,1062

7

2,75 à 2,88

0,1492

0,3795

2

3,15 à 3,25

3

On rappellera ces derniers résultats en parlant deslimonages et des irrigations.

Quand on s’est rendu compte de la masse d’eauque l’on pourra introduire sur le terrain, et de sarichesse en matières solides, on peut évaluer le tempsnécessaire à l’opération et calculer ses résultats pro-bables. Il ne reste plus alors qu’à établir des digues etles canaux d’amenéc et d’évacuation des eaux. Lapente des canaux d’amenée doit être suffisante pourque la vitesse de l'eau soit assez forte pour ne paslaisser déposer les matières solides. Cette vitesse doitdonc varier de 0'", 10 à 0 m ,80 et plus, suivant que letorrent ou le cours d’eau charrient des limons fins, dessables ou des graviers.

Les travaux de colmatage, avec des eaux de riviè-