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AGRICULTURE.

AGRICULTURE,

res, les plus remarquables de France , se rencontrentsur l'Ardèche, la Drôme, l'Hérault et l’Ouvèze. Onpeut, dans certains points, produire, avec les eaux decette rivière, des exhaussements de 0 ,U , I6 par an. Engénéral, on n’atteint pas, tant s’en faut, cette hauteurpour profiter plusieurs années de suite de ce puissantmoyen de fertilisation. Les travaux se rapprochentalors des simples limonages dont nous parlerons plusloin. On estime de 250 à 300 francs par hectare lesfrais de colmatage exécutés dans des circonstances or-dinaires.

On obtient quelquefois indirectement, comme ré-sultat de travaux de navigation, de magnifiques col-matages, résultat naturel de dispositions dont le butprimitif et principal n’était pas celui-là. Ainsi, dansles travaux de la Seine maritime , derrière les diguesen pierres sèches qui dessinent le chenal, se sont pro-duits, en quelques années, des atterrissements trèsétendus et qui promettent des terrains d’une grandefertilité.

A la fin d’août 1850, les terrains ainsi colmatésavaient une étendue de plus de 1,400 hectares ainsidistribués :

Hire droite de la Seine :

ItOft.

Commune de Villequier. . . .

2o,62

— Norville.

131,13

— Saint-Maurice. .

213.83

— Petite-Ville . . .

290,31

Id .

296,78

liive gauche de lu Se ne •

hect.

Commune de Saint-Nicolas.. .

77,15

— Vattoville. . . .

369,26

— d’Aizier.

9,86

— Vieux-Pont. ...

7,98

1706,24

Quelquefois, quand les localités s’y prêtent, onaccéléré beaucoup le remblaiement d’un terrain enfaisant tomber et eu délayant dans les eaux du canald’amenée les terres des coteaux contre lesquels ils’appuie. Cette opération porte le nom de terrement.Les eaux sont alors dérivées par larges coupures surle sol à terrer. Elles se répandent en couches minces etabandonnent la plus grande partie des terres qu’ellesentraînaient. On rend encore plus complet ce dépôten établissant de place en place, transversalementau courant, des rangées de fascines retenues pardes piquets à travers lesquelles l’eau éprouve une es-pece de filtration et un ralentissement qui facilite ledépôt. La surface des terres où l’on fait ainsi écoulerles eaux ne doit pas présenter une pente de plus de0 w ,00i à 0 m ,005 par mètre, sans quoi le sol se ravi-nerait et les dépôts ne se formeraient pas.

Le procédé du terrement est fréquemment employédans certaines parties de l’Allemagne . Cette opérationrevient de 150 à 400 francs par hectare.

On n'insistera pas davantage ici sur les procédésde colmatage. Ces opérations, par une transition in-sensible, se transforment en limonages qui ne sont quedes colmatages par très faibles couches de matièresfertilisantes, et que l’on aura l’occasion d'étudier plusloin avec détail au sujet des irrigations.

Troisième section. — Endiguement , défense des rites.

Nous ne mentionnons ici, en quelque sorte, que pourmémoire le sujet qui fait l’objet de cette section. Lesgrands travaux d'endiguement et de défense des rivesdes rivières et des fleuves ou des côtes de la mer, ne

peuvent être exécutés que par des ingénieurs de pro-fession, avec le concours, ou au moins sous la surveil-lance active de l'Etat; d’ailleurs, il existe sur cettematière un grand nombre d’ouvrages spéciaux. Lesagriculteurs et les propriétaires ne peuvent avoir às’occuper que des travaux de faible importance exécu-tés au droit de leurs propriétés, et, en géuéral, sur desto&ents ou ruisseaux ni navigables, ni flottables. Cesont seulement de ces petits ouvrages que nous dironsquelques mots.

Endiguement des ruisseaux. Les petits torrents etles ruisseaux à pente rapide sont sujets à des débor-dements d’autant plus désustreux que le soi des val-lées que traversent ces cours d’eau ont, en général,une assez forte pente, et que les eaux y acquièrentune telle vitesse, qu'elles entraînent les récoltes ou lessemences et les fumiers, et quelquefois même la plus,grande partie de da couche de terre végétale. Il nesaurait être question, pour le moment, des causes desdébordements et des mesures d'ensemble qui pourraientles prévenir ou en atténuer les effets. Le mal existant,le seul moyen pour les propriétaires d’y porter remèdeconsiste à protéger leurs terrains des ravages des eauxpar des eudiguements économiques convenablementdisposés.

Le tracé des digues exige une attention soutenue. Ildoit sc composer d’alignements droits raccordés pardes courbes tangentes de rayons aussi grands quepossible. L’ensemble du tracé de la digue doit enve-lopper la direction générale du ruisseau ; mais sansêtre assujetti à en suivre les coudes brusques et lesirrégularités qui produiraient des tourbillons et fa-ciliteraient l’attaque et la destruction des ouvrages.La distance entre les deux digues parallèles tracéesde chaque côté du ruisseau dépend de la masse deseaux à écouler. L’espace existant entre le pied dola digue et le bord du ruisseau est occupé par desprairies bien gazonnées pour résister aux affouille-ments. Les extrémités de la digue doiveut être soi-gneusement enracinées dans le terrain insubmersible.Cette partie de l’ouvrage exige un soin tout spécialpour que les eaux ne tournent pas la digue qu’onleur oppose et ne parviennent pas à la détruire enpeu de tenip*.

Le mode de construction de la digue le plus écono-mique et le plus approprié aux travaux ruraux con-siste à l’exécuter en terre ou en graviers, à la revêtiren terre végétale et en gazons, et à planter au som-met une haie d’épines ou d’autres arbustes analogues.Les dimensions des digues dont il s’agit dépendent deleur hauteur. Pour les travaux de l'ordre de ceuxdont nous nous occupons, c’est-à-dire pour des diguesn’excédant pas 2 à 3 mètres de hauteur, on donneordinairement O 01 ,50 à 0"',60 de largeur au sommet,avec un talus incliné de 1,50 ou 2 de base pour I dehauteur, du côté des cours d’eau, et incliné à I ou 1,50de base pour 1 de hauteur, du côté des terres. Lorsquel’on peut disposer d’ouvriers soigneux, on remplaceavec avantage le talus, du côté du cours d’eau, parune courbe concave qui se raccorde mieux avec le ter -rain naturel. Voici maintenant comment on procède àl’opération, après avoir arrêté le tracé de la digue, sahauteur et son profil. On enfonce dans le sol, de20 mètres en 20 mètres environ, des jalons dont lessommets, élevés à 0 m ,50 au-dessus des plus hauteseaux, indiquent le tracé de l’arête intérieure ducouronnement de l'ouvrage. Au droit de chacun deces jalons, on enfonce deux piquets qui marquentle. pied des talus. Celui de ces piquets qui est ducôté de la rivière est placé à une distance du pieddu jalon égale à deux fois la hauteur de ce jalon,si on a adopté le rapport de 2 à 1 par le talus dece côté de la digue. La distance de l'autre piquet au