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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

Les roues k godets et les tympans (voy. ces mots),par la simplicité de leur construction et la régularitéde leur marche, sont probablement les machines lesplus convenables pour les irrigations. Nous citerons,enfin, la machine de Japclli, qui paraît devoir fournird’excellents résultats, et qu'il serait désirable de voirplus répandue.

Les différentes machines dont il vient d’être ques-tion, et les autres de même nature, peuvent être misesen jeu suivant leur importance et la disposition deslieux, par des moteurs animés, de? roues hydrauliquesou la vapeur. Le vent, en raison de son irrégularitésurtout pendant la saison dos arrosages, nécessite, engénéral, l’établissement de réservoirs pour conserverl’eau élevée pendant la marche du moulin.

Partage des eaux entre les intéressés. Quand 1 eau estrare et vivement recherchée par les intéressés, commecela arrive dans les pays où les irrigations sont ap-préciées à toute leur valeur, la répartition de l’eauentre les ayants droit devient une source fréquente deréclamations et de procès. Les appareils de distribu-tion prennent alors une très grande importance etleur construction, très difficile, du reste, pour arriverà des résultats rigoureux, mérite de fixer l’attentiond’une manière d’autant plus spéciale que l’on doitreconnaître l’imperfection des moyens proposés ouemployés jusqu’à présent pour cet objet.

L'eau se vend généralement, sur les canaux d’irri-gation français , à raison d'un prix fixé par hectarearrosé. Cette méthode est on ne peut plus vicieuse ;elle porte l’usager à gaspiller l’eau au lieu de la mé-nager, et donne lieu à une foule de contestations. Ilconviendrait de vendre l’eau au mètre cube. L’un desproblèmes d’hydraulique agricole les plus intéressantsserait de trouver un moyen simple d’évaluer, aveccertitude, la quantité de liquida livrée à chaque usager.

Le débit d’une vanne dépendant à la fois de lasection qu’elle présente et de la charge d’eau qui existeau-dessus d’elle, on a proposé l’emploi d’une doublevanne, percée d'une ouverture rectangulaire, que 1 onpeut ramener à l’aide d’une vis ou d’une crémaillère,à une hauteur constante au-dessous du niveau de l’eau.La vantclle destinée à fermer au besoin l’ouverturedont on vient de parler reçoit un mouvement indé-pendant de celui de la vanne, de sorte qu’elle peutlaisser libre, dans chaque circonstance particulière, lasection dont on a besoin.

L’appareil que l’on-vient de décrire exige une sur-veillance continuelle et doit être manœuvré toutes lesfois que le niveau de l’eau change dans le canal où sefait la prise. D'autres ingénieurs ont voulu rendreinutile la surveillance de leurs vannes, et charger l’eauelle-même de les maintenir à la hauteur voulue. A ceteffet, ils ont suspendu la vanne régulatrice, à l'aided’une forte tnv erse, à deux flotteurs en tôle placésdans un bassin communiquant directement avec lecanal. Ce dernier procédé paraît fort ingénieux etproduit, sans doute, de bons résultats. On est cependantforcé de reconnaître qu’il est, comme le précédent, unpeu compliqué, et qu’il demande encore quelquesaméliorations de détail.

C’est dans le Milanais et le Piémont que les appareilsrégulateurs offrent le plus d’intérêt et se présententen plus grand nombre. On trouvera sur ces construc-tions tous les détails nécessaires dans le Traité desirrigations en Italie de M.Nadault de Buffon. Il suffirad’en indiquer ici le principe. Lorsqu’il s’agit seulementde partager, en un certain nombre de parties égalesou proportionnelles le débit d’un canal, on établitdans son lit régularisé en amont, sur une assez grandelongueur, un partiUur formé de petits murs terminéschacun par une arête verticale. L’eau ainsi divisée sedirige dans les nouveaux canaux dont les petits murs

forment l’entrée. Ce moyen ne peut donner des résul-tats rigoureux que dans le cas du partage de l’eau endeux parties égales; dans tous les autres cas on 11 cpeut arriver que par des tâtonnements assez longs àun partage à peu près convenable.

Les difficultés sont plus grandes encore pour dériverd’un canal un volume déterminé, quelle que soit lahauteur de l’eau. On n’y parvient également que d’unemanière approximative, même à l’aide des régulateursemployés dans le nord de l'Italie , qui sont cependantjusqu’à présent les appareils les plus parfaits et les plusi pratiques que l’on connaisse; mais ils ont l'inconvénientj d’exiger une certaine chute, et, par conséquent, de ne; livrer l’eau qu’à un niveau inférieur à celui du canal! lui-même, ce qui est un véritable inconvénient dans! les pays plats, où l’on n’amène que difficilement l’eauj à la hauteur nécessaire. La partie principale des1 régulateurs milanais est une espèce de bassin qui reçoitj l’eau du canal au moyen d’une vanne, et la livre auxbouches des rigoles par des ouvertures, ordinairementrectangulaires, qui doivent être complètement noyéesdu côté du bassin. L’eau n’arrive dans le bassin qu’enpassant par-dessous une vanne, dont l’ouverture estdéterminée de. manière que l’eau, dans le bassin,soit notablement plus basse que dans le canal, etplus élevée que dans les rigoles situées au-delà desbouches. Il résulte des pertes de charge, dues auxdifférentes inflexions que les filets d’eau subissent enpassant sous la vanne et dans les bouches, que lesvariations de niveau sont moindres dans le bassin quedans le canal, et moindres encore dans le canal defuite, de sorte que des variations de niveau assez con-sidérables dans le canal n’exercent sur le débit qu'uneinfluence peu sensible.

Prix de revient de l'eauobtemte par différentes méthodes.Le prix de revient de l’eau dépend évidemment d'unefoule de circonstance?, et il est impossible de donner àce sujet une règle générale. Dans chaque cas particulier,on pourra parvenir à évaluer le prix du mètre cubed’eau, en divisant la somme de l'intérêt du premierétablisement et de l’entretien annuel des ouvrages parle volume obtenu ; les faits et les chiffres que nous al-lons citer ne sont destinés qu’à fournir quelques exem-ples et certains éléments des prix de revient.

(«) Eau fournie par les grands canaux iVarrosage. Laplupart des grands canaux d’arrosage du midi de laFrance sont de création ancienne; on ignore, pour laplupart, le prix d’établissement, et il serait à peuprès impossible de faire connaître le véritable prix derevient du mètre cube d’eau. Les chiffres suivantssont les prix payés par les usagers, aux propriétairesdes canaux, par hectare arrosé. La consommation estd’ailleurs assez variable et généralement beaucoup tropgrande :

Désignaliou des canaux. P par heaurê. 8 ®

Département des Bouches-du-Rhône .

î.

Canal des Alpines.33,00

Canal de Peyrolle.33,00

Canal de Craponne, branche de

Saint-Chamas. 36,00

Canal de Marseille. 60,00

Département de Vaucluse ,

Canal de Crillon.33,44

Canal de Cambis.33,44

Canal de Bonavcnturc. 38,31

Canal de Cabcdun-Netif. .... 37,00

Canal de C-arpcntras.33,00

Départemetit de la Drôme .

Canal de Pierrelatte . . . . 30,00

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