AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
faudrait que les eaux égouttées d’une 9érie soient con-duites à une série plus éloignée que la seconde aprèselle. On cite des irrigations par reprise d’eau dans les-quelles les colaturcs sont conduites à la sixième série debillons après celle où elles sont recueillies. Ce cas seprésente dans un terrain dont la pente générale n’est,il est vrai, que de O'", 001 par mètre.
L’eau abandonne promptement ses principes fertili-sants en passant sur le sol ; elle ne les retrouve qif aprèsune longue exposition à l’air et un long parcours à lasurface du sol; les parties du terrain qui ne reçoiventles eaux qu’aprèsleurpassage répété sur les planches oules billons se trouvent donc beaucoup moins bien parta-gées que celles qui les reçoiventdirectement ; cependantdans les pays secs , où les eaux sont naturellementou artificiellement riches en principes fertilisants, lesirrigations par reprises d’eau peuvent rendre de grandsservices; elles seront d’autant plus importantes que lapratique des irrigations se répandra et se perfection-nera davantage.
Les irrigations par infiltration ne diffèrent pas, quantà la disposition des travaux, des irrigations par rigoleshorizontales dont nous avons parlé. Seulement, au lieude fairedéverser l’eau par-dessus les bords des rigoles,on se borne à les emplir d’eau qui s’infiltre peu à peu àtravers le sol. Quelquefois aussi, pour certaines cultu-res, on se borne à introduire l’eau entre les planches la-bourées et à la laisser pénétrer dans la terre par absor-ption capillaire.
Lnnona g esteaux animalisés. Souvent les eaux sont em-ployéesnon-seulemcntpour rafraîchir les plantes etleurapporter les matières qu’elles renferment naturellementcndissolution, mais encore pour transporter sur le soldessubstances fertilisantes qu’elles tiennent naturellementou artificiellement en suspemion. Ces dernières appli-cations des procédés généraux d’irrigation constituentla pratique des limonages et des arrosages avec le6eaux chargées d’engrais. Les limonages sont assezrépandus en France et y produisent d’excellents résul-tats; mais l’emploi des eaux rendues artificiellementfécondantes y est à peine connu ; nous insisterons par-ticulièrement sur cette source certaine d’améliorationsimmenses pour notre agriculture.
Les colmatages, dont nous avons déjà parlé, se trans-forment par une transition difficile à préciser en limo-nages. Il est rare que des opérations d’irrigation bienconduites ne produisent pas un peu de limonages, c’est-à-dire 11 e déposent pas sur le sol une plus ou moins fortecouche de matières terreuses fertilisantes. Toute irri-gation produit donc, jusqu’à un certain point, deslimonages; mais nous voulons parler des opérationsspécialement dirigées dans ce sens. Les irrigations parsubmersion se prêtent surtout au limonage des ter-rains. Dans les autres arrosages le limon se déposepresque entièrement dans les rigoles horizontales, d’oùon l'extrait, pendant les curages, pour le répandre surle sol.
Dans certains cas, on recueille les limons au moyend’ouvrages spéciaux et on les répand ensuite sur laterre. Ces ouvrages portent le 110 m de bassins de li-monages. Ce sont de larges conduits en briques, enterre pilonnée, ou même en planches, dans lesquels onreçoit l'eau pour la laisser reposer et recueillir son dé-pôt. Ces bassins sont séparés les uns des autres par depetites planches formant déversoir, afin que le liquidepasse d’un bassin à l’autre sans soulever les dépôtsdéjà accumulés. Si les bassins eux-mêmes ont une tropgrande longueur, ou que l'eau y circule avec une cer-taine \itesse, on les partage en compartiments, par desplanches verticales formant barrages, au-dessus des-quelles l’eau s’écoule lentement.
Sur les bords d’un grand nombre de ruisseaux et derivières, en France , on a transformé en excellentes
prairies des grèves arides, au moyen d’irrigations etde limonages. Ces entreprises, du reste, ne peuventréussir qu’avec des eaux d’excellente qualité et trèsabondantes. De tous les exemples de travaux de cetteespèce que l’on pourrait citer, nous nous bornerons àmentionner ceux des grèves de la Moselle , exécutésmaintenant avec succès sur plus de 800 hectares deterrain. L’arrosage se fait par ados ou par plans in-clinés. Les travaux préparatoires, y compris les ca-naux de prises d’eau, etc., coûtent de 6 à 4,200 fr. parhectare.
Les irrigations au moyen d’eaux chargées artificiel-lement de matières fécondantes sont employées de-puis longtemps en Angleterre, et produisent les plusremarquables résultats. Beaucoup de fermiers n’em-ploient plus d’autre moyen de répandre leurs fumiersliquides sur les terres, que de les étendre de beaucoupd’eau et de les faire arriver sur les champs au moyende machines à vapeur et de tuyaux fixes, sur lesquelss’embranchent des tuyaux flexibles en cuir ou en gutta-percha.
Les eaux d’égouts des villes offrent d’immensesavantages pour l’arrosage des terres cultivées. On con-naît la belle application qui a été faite de cette mé-thode sur les domaines du duc de Portland, près deMansfield.
La commission des égouts de Londres a\ait chargél’un de ses ingénieurs, M. Donaldson, de faire à cetégard quelques expériences en grand. Elles ont con-duit aux résultats suivants : Avec des machines à\a-peur et un personnel suffisant pour répandre par se-maine 2,000 tonne^ de liquide , l’engraissement estrevenu, y compris la main-d’œuvre cl les frais d’np-pareils, à 77 francs 20 cent, par hectare, recevant125 tonnes de liquide. D'après les expériences deSmith, de Deanston, 80 tonnes d’eau d’égout équiva-lent à 279 kilog. de guano ou 50 tonnes de fumier deferme. En supposant que le transport ait lieu à iOO mè-tres, l'application de 50 tonnes de fumier de fermecoûtera environ 21 fr. 25 c., et celle de 80 tonnes doliquide d’égout, avec des pompes et des tuyaux, ne re-viendra qu'à 9 fr. 30 c.
La construction des égouts qui longent la Seine pourra donner lieu plus tard à de magnifiques travauxde cette espèce. Deux machines à vapeur établies àl’extrémité de ces égouts, en élevant leurs eaux, mé-langées au besoin en proportions convenables avec del’eau de la Seine , permettront d'irriguer et d’engraisser,presque sans frais, les prairies de Grenelle et deKeuilly.
On reviendra plus loin (chapitre V) sur le répan-dage des engrais liquides plus ou moins étendus d’eau.Nous voulons seulement parler ici d’une véritable irri-gation avec des eaux contenant de très faibles propor-tions de matières fertilisantes, exécutée avec un grandsuccès par M. Batailler, aux environs de Montargis .Le principe de cette opération nous parait susceptibled'un grand nombre d’applications extrêmement impor-tantes.
Quelle que soit Indisposition du sol, M. Batailler em-ploie pour mélanger à l'eau les matières fécales dontil se sert un mécanisme très simple que nous allons indiquer.
L’appareil dont il s’agit (fig. 107) se compose d’unecuve en maçonnerie dans laquelle tourne un agitateurà arbre vertical, mis en mouvement par un mécanismequelconque. Dans le dessin, la force motrice est le\cnt agissant sur une espèce de panemore. La cuve eumaçonnerie forme un véritable vase de Mariotte, fermépar des soupapes hydrauliques qui s'opposent à toutdégagement d'odeur. Lorsque le mélange est opéré,on arrête la machine : les parties insolubles de la ma-tière fécale se précipitent et sont extraites par ua