AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
diquer les éléments scientifiques de cette discussion.
Quand on veut exclnsi\ement limoncr un terrain, lerésultat obtenu est évidemment proportionnel à la quan-tité d’eau que l’on peut faire reposer sur le terrain.Mais ce cas particulier écarté, dans les arrosages pro-prement dits l’eau peut se partager par la pensée, enplusieurs parties principales, savoir :
(a) L’eau absorbée par imbibition dans le sol pourl’entretenir à l’état de fraîcheur nécessaire à la végé-tation.
(è) Les pertes par infiltration à travers les sous-solsperméables, quand la disposition des lieux le permet.
(c) Les pertes par évaporation, soit que l’eau se trouveen nappes plus ou moins épaisses, soit qu’elle mouilleseulement les végétaux et le sol qui les supporte.
(d) L’eau fixée parles végétaux.
(c) L’eau qui ne fait que passer sur le sol et re-tomber dans les rigoles d’égouttement, après avoir aban-donné aux plantes l’oxygène et les autres gaz quelle te-nait en dissolution.
Ecartons, pour un moment, lespertespar infiltration,qui sont souvent milles, et prennent, au contraire, dansquelques circonstances, une valeur devant laquelle s’ef-facent toutes les autres causes de consommation d’eau ;laissons aussi de coté l’eau fixée par les végétaux, quine forme jamais qu’une faible fraction de la dépensetotale, et bornons-nous à examiner les autres élémentsde consommation d’eau.
Si on se reporte à ce qui a été dit ci-dessus des pro-priétés physiques des terres (chap. IIi, on pourra serendre compte, jusqu'à un certain point, de la quan-tité d’eau nécessaire à i’imbibition, ou, au moins, desrecherches à faire, dans chaque cas particulier, pour ladéterminer. On a vu que l’on appelait terre fraîche cellequi contenait plus des 0,10, et moins des 0,23 de sonpoids d’eau. Cos proportions répondent à des volumesde liquides qui varient avec le poids du mètre cube deterre, et qu’il est toujours facile de calculer quand l’ex-périence a fourni cette donnée. Cela posé, il est clairque si l'arrosage commence quand la terre ne renfermeplus que 0,10 de son poids d’eau, et qu’il soit sus-pendu quand elle en contient 0,23, il sera facile d’ap-précier le volume d’eau nécessaire à l’imbibition d’unecouche d'une épaisseur donnée pour chaque arrosageet dans chaque cas particulier.
Les pertes par évaporation sont beaucoup plus dif-ficiles à évaluer; elles dépendent du climat, de circon-stances locales, de la constitution du sol, de la naturedes plantes, etc. On a fait connaître ci-dessus (dessè-chements) quelques-unsdes faits relatifs à ce phéno-mène; mais ils ne sont malheureusement pas rigoureu-sement applicables aux terres irriguées.
L’abondance des pluies, pendant la saison des arro-sages, exerce d'autant plus d’influence sur la quantitéd’eau qu’ils exigent, que ces arrosages, toutes choseségales d’ailleurs, sont, moins fréquents, comme on levoit facilement eu traduisant en chiffres les explicationsprécédentes.
Reste, enfin, à évaluer la quantité de liquide qui nedoit que passer sur le sol, celle qui sert à entretenir lavitesse d’écoulement et à abandonner aux plantes lesgaz et autres aliments dissous que les eaux peuvent ren-fermer. On regarde unecouche d’une épaisseur moyennede 0 n, ,003, animée d’une vitesse de 0 m ,00o par se-conde, comme la plus petite quantité qu’il soit pos-sible d’employer. Dans ces circonstances le débit estde 0 111 *,015 par seconde et par mètre courant. Il estclair que. l’épaisseur de la couche d’eau varie, pour unmême débit, avec la vitesse, c’est-à-dire avec l’inclinai-son des pentes des surfaces arrosées. Mais, en admet-tant que le débit soit constant sur chaque unité desurface, on voit que la consommation totale d'eau de-vra varier avec la configuration des surfaces mouillées,
c’est-à-dire avec le rapport de la longueur à la largeurdes planches.
Les observations précédentes permettent de se ren-dre compte des principales causes qui déterminent levolume d’eau nécessaire à une irrigation, et de se di-riger dans quelques-unes des expériences qui permet-tront de fixer plus tard, avec connaissance de cause,cette quantité. Arrivons maintenant à quelques faitspratiques et à des conclusions numériques.
On estime de différentes manières la quantité d’eaunécessaire aux irrigations : les uns l’expriment par unécoulement permanent, en litres, par seconde ; d’au-tres par l’épaisseur de la couche liquide qui seraitrépandue sur le sol si toute l’eau employée s’y trou-vait réunie au même instant; d'autres, enfin, par lenombre absolu de mètres cubes d’eau employés parhectare et par saison d’arrosage. Il est facile de passerde l'une à l’autre de ces unités différentes. Il suffit, eneffet, de multiplier le débit régulier, en litres, par se-conde et par hectare, par le nombre 15,552 pour ob-tenir le volume total, en mètres cubes, dépensé parhectare en six mois, et par 4‘“,5552 pour obtenir l’é-paisseur, eu mètres, delà couche d’eau correspondante ;et, réciproquement, de diviser le volume employé parhectare par 10,000 pour avoir l’épaisseur de la couched'eau, ou, enfin, ce meme volume par 1,5552 pouravoir le débit permanent, par seconde, correspondant,en litres. La quantité d’eau nécessaire à l'irrigationd’un hectare, pendant l’année, est égale au produit dunombre des arrosages par le volume d’eau donné àchaque arrosage. Ce volume et ce nombre d’arrosagessont donc les deux éléments essentiels de la questionqui nous occupe. La durée de la saison des arrosagesest très variable. Dans le Midi elle dure du 1 er avril au30 septembre. Elle sc réduirait sans doute à cinq moisdans le centre. Dans certaines c mtrées on arrose pres-que toute l’année.
M. de Gasparin admet, en termes généraux, que,dans le Midi, il faut donner un arrosage tous les quinzejours à la terre contenant 20 p. 100 de .-able; un tousles onze jours à celle en contcnuut 40 ; un tous lessix jours à celle en contenant 00 ; un tous les troisjours à celle en contenant 80, et que chaque arrosageexige une couche d’eau de 0 m ,08 à 0 m ,lU, ou 800 à1,000 mètres cubes par hectare, ce qui répondrait, enadoptant le second nombre, aux consommations d'eau
suivantes,
d’arrosage
par hectare,
pour une période de 190 jours
m. c.
Ht.
Terres contenant
12,000
16,1.00
ou 0,77 par
1” avec 20 p. 100 de sable.
! ,03
— 40 —
3d,000
1,92
— 60 —
60,000
3,83
— 80 —
Ces chiffres sont probablement des résultats d’expé-riences, mais ils sont certainement de beaucoup supé-rieurs aux besoins réels. On sait, en effet, que dans leMidi on gaspille généralement les eaux et que l’onn’emploie pas les colatures, qui sont toujours trèsabondantes. Avec des eaux de bonne qualité, un solfécond ou convenablement fumé, et des travaux d’irri-gation bien exécutés, c’est-à-dire permettant à l’eaude se répandre uniformément sur le aai, on peut ad-mettre qu’une couche d'eau de 0"',025 à 0 ,n ,040 d'é-paisseur, par arrosage, suffitdans tousles cas habituels.Comme on l'a déjà dit, l’eau employée aux irrigationspeut avoir deux rôles très différents : s’il s’agit d’eauxtroubles agissant par les limons qu’elles déposent,l’effet produit augmente continuellement avec la masseemployée; s’il s’agit, au contraire, d’eaux claires, ser-vant seulement à humecter le sol, et que l’on cherche,non pas ce que l'on peut, mais ce que l'on doit dépenser,on reconnaîtra que la limite précédente est parfaite*